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Nantes : une mère de 31 ans disparue, son conjoint s’envole vers l’Algérie avec leur bébé de 15 mois

Publié par Elsa Fanjul le 20 Avr 2026 à 18:08

Depuis fin mars, plus personne n’a de nouvelles d’une jeune femme de 31 ans résidant à Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes. Son conjoint, lui, a pris un avion le 2 avril à destination de l’Algérie — avec leur fille de 15 mois. Le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement. L’affaire, révélée par Ici Loire-Océan, glace par sa chronologie et ses zones d’ombre.

L’alerte donnée par les proches

C’est le 3 avril que des proches de la jeune femme ont contacté les autorités. Ils n’avaient plus aucun signe de vie de la mère ni de son bébé depuis plusieurs jours, une situation décrite comme totalement inhabituelle. Personne ne parvenait à la joindre par téléphone.

Les gendarmes se sont immédiatement rendus au domicile du couple, situé dans cette commune de Loire-Atlantique à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Nantes. Porte close, logement vide : ni la jeune femme, ni le bébé, ni le conjoint n’étaient présents. Aucun indice apparent ne permettait alors de comprendre ce qui s’était passé. Ce qui a suivi allait mobiliser des moyens considérables tout au long d’un week-end très particulier.

Le week-end de Pâques sous haute tension

Pendant le week-end de Pâques, la gendarmerie a déployé ce que le procureur Antoine Leroy qualifie de « très importants moyens matériels et humains ». Les recherches ont démarré autour de Saint-Étienne-de-Montluc, puis le périmètre s’est progressivement élargi au fil des heures sans résultat concret.

À ce stade, les enquêteurs ignoraient encore que le conjoint de la victime avait déjà quitté le territoire français. Ce détail crucial, établi par la suite, a fait basculer l’affaire. L’homme, âgé de 41 ans et père de la petite fille, avait embarqué le 2 avril à l’aéroport de Nantes à destination de l’Algérie — un jour avant que quiconque ne donne l’alerte. Ce type de fuite à l’étranger avec un enfant rappelle des affaires récentes qui avaient mis des mois à se dénouer.

Des indices qui pointent vers le pire

Le parquet de Nantes ne laisse guère de place au doute sur la tournure de l’enquête. Selon Antoine Leroy, les investigations de la gendarmerie « convergent vers l’hypothèse d’un meurtre de la jeune femme ». Le corps de la mère de 31 ans n’a toutefois pas encore été retrouvé, ce qui complique considérablement la suite de la procédure.

Maison du couple à Saint-Étienne-de-Montluc près de Nantes

Un juge d’instruction a été saisi dès le 7 avril, soit quatre jours après l’alerte, pour des faits de meurtre et d’enlèvement. La rapidité de cette saisine traduit le niveau de gravité des éléments recueillis par les enquêteurs dans les premiers jours. D’autres affaires récentes, comme celle de cet homme ayant signalé la disparition de sa femme avant de passer aux aveux, montrent que ce schéma — conjoint qui alerte ou disparaît — revient régulièrement dans les dossiers de violences conjugales poussées à l’extrême.

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Quelques appels depuis l’étranger, puis le silence

Après avoir atterri en Algérie avec la fillette de 15 mois, le suspect de 41 ans a « contacté quelques personnes par téléphone », a précisé le procureur sans donner de détails sur le contenu de ces échanges ni sur l’identité des interlocuteurs. Depuis, aucune information publique ne filtre sur sa localisation exacte ou sur l’état de santé du bébé.

La coopération judiciaire internationale sera un enjeu central dans les semaines à venir. La France et l’Algérie ne sont pas liées par un accord d’extradition classique, ce qui rend les procédures plus longues et plus incertaines. Des enlèvements parentaux vers l’étranger se résolvent parfois par la localisation fortuite de l’enfant, mais souvent après des mois, voire des années de recherches.

Violences conjugales : un bilan qui ne cesse de s’alourdir

Cette affaire s’inscrit dans un contexte alarmant. Depuis le début de l’année 2025, les féminicides en France continuent de marquer l’actualité judiciaire à un rythme soutenu. Les cas où le conjoint tue sa compagne puis prend la fuite — parfois avec les enfants du couple — ne sont plus des exceptions.

Gendarmes mobilisés pour les recherches en Loire-Atlantique

À Nice, à Montmorillon, dans le Tarn-et-Garonne : les dossiers se multiplient, avec à chaque fois un même schéma de violence intime qui bascule. L’affaire de Nantes ajoute une dimension supplémentaire avec la fuite à l’étranger et l’enlèvement du bébé, deux éléments qui rendent l’issue encore plus imprévisible.

Les proches de la jeune femme, eux, attendent des réponses. Et un bébé de 15 mois se trouve quelque part en Algérie avec l’homme que la justice française suspecte d’avoir tué sa mère.

Terminal de départ de l'aéroport de Nantes-Atlantique

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