Condamné à 16 mois de prison ferme pour violences conjugales, il saute par-dessus le box et prend la fuite
Lundi soir, au tribunal de Tarbes, la scène a stupéfait toute la salle. Un homme vient d’apprendre sa condamnation. Et plutôt que d’accepter le verdict, il choisit de fuir. Littéralement. Ce mardi, il court toujours.
Le verdict tombe, l’homme disparaît

Tout se passe le 23 mars, vers 19 heures. Un militaire de 33 ans comparaît en comparution immédiate devant le tribunal de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Il est jugé pour violences conjugales sur sa compagne, commises devant leurs deux enfants mineurs, et en situation de récidive légale.
Le délibéré tombe : 16 mois de prison ferme. L’homme est présent dans le box des prévenus, un espace semi-ouvert dans la salle d’audience, sous escorte policière. Il entend la sentence. Et à cet instant précis, quelque chose se déclenche.
Il saute par-dessus la cloison, les policiers dépassés
Sans un mot, le trentenaire bondit. Il saute littéralement par-dessus la cloison du box et prend ses jambes à son cou. Les policiers présents sont pris de court.
L’un d’eux se lance immédiatement à sa poursuite. Mais l’homme est déjà loin. Le policier ne parviendra pas à le rattraper.
Dans sa fuite, le fugitif ne s’arrête pas aux portes du tribunal. Il les enfonce. Le parquet de Tarbes décrit la scène sans ambiguïté : « Pour quitter les lieux, il n’hésitait pas à enfoncer les portes vitrées du sas d’entrée du tribunal, brisant totalement le mécanisme d’ouverture automatisé. »
Une évasion spectaculaire confirmée par le parquet
L’information a été confirmée par la procureure de Tarbes, Sylvie Martins-Guedes, auprès de BFM TV, qui relaie une information initialement révélée par La Dépêche.

Précision importante : durant sa fuite, le militaire n’a commis aucune violence envers les policiers présents. Il a simplement disparu dans la nature, laissant derrière lui des portes vitrées brisées et des forces de l’ordre sans voix.
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Une enquête en flagrance a été ouverte pour évasion et dégradation de bien d’utilité publique. Deux infractions supplémentaires qui viennent s’ajouter à un casier déjà lourd.
Un profil connu de la justice depuis l’adolescence
Cet homme, originaire d’Ille-et-Vilaine, n’en est pas à son premier contact avec la justice. Il est connu des autorités depuis sa minorité, notamment pour des faits en lien avec des addictions et des violences. Un parcours chaotique qui ne s’est pas arrangé avec l’âge.
Côté vie professionnelle, le militaire est en congé longue maladie depuis plusieurs semaines. Un détail qui soulève des questions sur son état psychologique au moment des faits.
Ce n’est pas non plus la première fois qu’il est condamné pour violences au sein du couple. Lors d’un premier épisode similaire, il avait écopé de 8 mois de prison avec sursis.
16 mois ferme : une peine alourdie par la récidive
La récidive change tout sur le plan juridique. Le sursis prononcé lors de la première condamnation est automatiquement révoqué dès lors qu’un nouveau délit similaire est commis.
Résultat : les 8 mois initialement suspendus s’ajoutent à la nouvelle peine de 8 mois ferme prononcée lundi pour les faits les plus récents. Total : 16 mois de prison ferme à purger.
Un mandat de dépôt a également été prononcé. Ce qui signifie qu’il aurait dû être incarcéré immédiatement après l’audience. Sauf que l’homme n’est plus là pour ça.
Toujours en fuite ce mardi, activement recherché
Ce mardi après-midi, le fugitif n’avait toujours pas été retrouvé. Les recherches sont activement en cours. L’affaire rappelle d’autres évasions spectaculaires qui avaient défrayé la chronique ces dernières années, comme l’attaque d’un fourgon pénitentiaire qui avait mobilisé toute la France.
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Ici, pas de commando, pas d’organisation criminelle. Juste un homme acculé, une fraction de seconde de décision, et une fuite qui laisse autant de questions que de stupéfaction.
Les violences conjugales restent au cœur d’une actualité judiciaire dense. Des affaires récentes ont mis en lumière à quel point certaines victimes peinent à être entendues, tandis que d’autres dossiers révèlent des comportements qui choquent l’opinion. Dans ce cas précis, c’est le condamné lui-même qui vient d’ajouter une nouvelle ligne à un parcours déjà marqué par la violence.
Pour sa compagne et leurs deux enfants, la fuite de cet homme représente une menace supplémentaire. Les autorités sont sur le pied de guerre. La traque continue.
Que risque-t-il désormais ?
S’évader d’un tribunal est loin d’être anodin sur le plan pénal. Le délit d’évasion est puni en France de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. À cela s’ajoute la dégradation des portes vitrées du tribunal, une infraction supplémentaire.
En d’autres termes : chaque heure passée en fuite alourdit un peu plus la facture judiciaire. Et les 16 mois ferme qu’il fuyait lundi soir pourraient bien se transformer en une peine bien plus sévère lors de son arrestation.
Des affaires de fugitifs en cavale ont montré par le passé que la fuite ne dure jamais éternellement. Reste à savoir combien de temps ce militaire parviendra à échapper aux forces de l’ordre.