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Mère de 3 enfants, 32 ans, arrivée de Marseille deux jours avant : une présumée tueuse à gages écrouée, une première en France

Publié par Cassandre Jolivet le 17 Oct 2026 à 7:47
Femme stupéfaite dans une rue parisienne la nuit

Un bar à chicha d’Ivry-sur-Seine, une nuit de dimanche à lundi, deux morts et un blessé. Une affaire de grand banditisme, malheureusement presque banale dans ses contours. Sauf qu’un détail a fait lever les sourcils des enquêteurs : l’identité de la principale suspecte. Une femme de 32 ans, mère de famille, dont le profil est inédit selon plusieurs sources policières.

Une nuit de tirs à Ivry-sur-Seine et un patron déjà visé en 2024

Tout commence dans la nuit de dimanche à lundi, dans un bar à chicha d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Une fusillade éclate. Le bilan est lourd : deux morts et un blessé.

Parmi les victimes, selon la source, le patron de l’établissement. Un homme d’une cinquantaine d’années, considéré comme proche du milieu du grand banditisme. Son nom ne figure pas dans les éléments dont nous disposons.

Et ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait dans la ligne de mire. En avril 2024, il avait déjà échappé à une tentative de meurtre, menée par un homme circulant à scooter. Deux attaques en un peu plus de deux ans : le message semblait clair pour les enquêteurs.

Après les faits, la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris a ouvert une enquête en flagrance. Les chefs retenus : meurtre et tentative de meurtre en bande organisée, ainsi que des faits liés à l’usage d’un moyen dangereux pour les personnes. L’enquête est confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

Ce type d’affaire se règle d’ordinaire à coups de noms connus des fichiers. Cette fois, il a fallu chercher ailleurs. Et c’est là que l’enquête a pris un tournant que personne n’attendait.

Une arrestation en pleine rue, à Paris, trois jours plus tard

Le mardi, quelques jours à peine après la fusillade, les policiers interpellent une femme en pleine rue à Paris. Elle n’est pas seule. À ses côtés, une autre femme, qui l’hébergeait.

Cette seconde femme a été placée sous contrôle judiciaire. La première, elle, ne repartira pas libre. Selon une source proche du dossier, elle était arrivée de Marseille seulement deux jours plus tôt. Un séjour express, donc, dans la capitale.

Côté casier, rien de spectaculaire : elle était jusqu’ici connue des services de police pour des faits de trafic de cigarettes. On est loin du profil du tueur professionnel que l’imaginaire collectif met derrière le mot « tueur à gages ». Voilà pourquoi la découverte a surpris. Et pour comprendre l’ampleur de ce que cela raconte, il faut la replacer dans d’autres histoires de commandites criminelles qui ont marqué l’actualité.

Deux autres hommes ont été interpellés dans le dossier. L’un est soupçonné d’avoir également tiré lors de la fusillade. L’autre aurait tenu le rôle du chauffeur. Un trio, donc, dont la femme de 32 ans serait la figure centrale.

Elle est notamment soupçonnée d’avoir abattu le patron du bar. Et selon la source, elle reconnaît avoir fait feu. Reste une question que les enquêteurs n’ont pas encore tranchée : qui lui a demandé de le faire ?

Salon à chicha vide fermé par un ruban de police

Mise en examen, détention provisoire : ce que risque la suspecte

Comme pour les dossiers de commanditaires jugés ces dernières années, tout se joue désormais dans le bureau du juge. Dans la soirée du vendredi 16 octobre, la suspecte a été mise en examen puis placée en détention provisoire. Elle a été écrouée aux côtés de deux autres hommes.

Les chefs d’accusation sont lourds : « meurtre et tentative de meurtre en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». La mise en examen n’est pas une condamnation : les trois personnes restent présumées innocentes à ce stade, même si l’une d’elles reconnaît avoir tiré, selon la source.

Et le point qui a fait réagir dans les milieux policiers : selon plusieurs sources, c’est la première fois en France qu’une femme soupçonnée d’être tueuse à gages est interpellée dans ce type d’affaire. L’information a été rapportée par franceinfo, de source proche du dossier.

Mère de trois enfants, arrivée de Marseille, sans passé de violence connu dans les éléments rapportés : le profil déroute. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer qui l’a recrutée, et dans quelles circonstances. C’est la question qui donnera tout son sens à l’affaire. Car derrière la gâchette, il y a forcément quelqu’un qui a payé, ou qui a promis.

La question du recrutement amène à une tendance plus large, que la police judiciaire elle-même a documentée.

Des femmes de plus en plus recrutées : ce que révèle la police judiciaire

Selon un document du service d’analyse de la police judiciaire, le Sirasco, auquel franceinfo a eu accès, cette affaire illustre une tendance : l’implication croissante de jeunes femmes dans des affaires d’homicides et de tentatives d’homicide.

Le même document confirme leur recrutement de plus en plus fréquent par des groupes criminels organisés. Les femmes sont aussi plus souvent mises en cause pour leur participation à des assassinats, notamment lorsqu’elles jouent un rôle de repérage ou lorsqu’elles désignent une victime au tueur.

Autrement dit, le cas d’Ivry-sur-Seine ne serait pas un accident statistique, mais le symptôme d’une évolution observée par les analystes. D’autres récits, comme celui de cette grand-mère condamnée, montrent d’autres visages de la commandite criminelle, même si le rôle n’y est pas le même.

Reste à suivre l’enquête. Les prochaines semaines diront si les enquêteurs remontent jusqu’au commanditaire. Elles diront aussi si le profil de la suspecte correspond à un recrutement ponctuel ou à une filière plus structurée. Pour l’instant, aucun élément ne le précise.

Une chose est sûre : la brigade criminelle n’a pas fini de creuser. Et ce type de dossier à plusieurs mains prend souvent des mois à se dénouer.

Une femme de 32 ans, un bar à chicha, deux morts : l’affaire d’Ivry-sur-Seine bouscule l’image que l’on se faisait du tueur à gages.

Et si vous vous demandez jusqu’où peut aller la commande d’un meurtre, cet homme qui a tenté de faire tuer son ex-femme depuis sa cellule vous donnera un vertige de plus.

Et ce réseau qui se cachait dans votre box internet depuis 17 ans prouve que le crime organisé sait aussi se faire discret.

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