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Professeure de musique retrouvée morte en Floride : sa famille dénonce 2 ans d’emprise sur un site obscur

Publié par Cassandre Jolivet le 20 Oct 2026 à 12:04
Femme au visage grave près d'une fenêtre, lumière douce

Une professeure de musique britannique de 32 ans prend l’avion pour la Floride. Quelques jours plus tard, son corps est retrouvé dans une tombe peu profonde. Selon The Times of London, sa famille affirme qu’elle aurait été manipulée pendant deux ans sur un site spécialisé, et réclame que ces plateformes disparaissent. Reste une question que le procès devra trancher : qui tenait vraiment les rênes de ce voyage ?

Un vol vers Ocala, un corps retrouvé quelques jours plus tard

Sonia Exelby, 32 ans, enseignait la musique au Royaume-Uni. En octobre 2025, elle quitte son domicile pour la Floride, direction Ocala, au nord-ouest d’Orlando. Quelques jours plus tard, elle n’est plus en vie.

Son corps est découvert le 17 octobre dans une zone boisée près d’une autoroute, à Marion Oaks, dans une tombe peu profonde. Dix jours plus tard, un homme est interpellé, d’abord pour des fraudes à la carte bancaire liées au compte de la jeune femme. Les accusations beaucoup plus lourdes tombent en novembre.

Cet homme, c’est Dwain Hall, 54 ans, ancien livreur de pizzas. Il est poursuivi pour meurtre au premier degré et enlèvement, et il est maintenu en détention sans caution. Il nie les faits et doit être jugé prochainement.

Pour les enquêteurs, le dossier n’a rien d’un fait divers ordinaire. Sonia Exelby souffrait de dépression et de dysmorphophobie, un trouble de la perception de son propre corps, d’après les éléments rapportés. Elle échangeait avec Dwain Hall en ligne depuis des mois, affirme la police.

Un scénario où un commanditaire est au cœur de l’affaire rappelle, dans un tout autre contexte, cette présumée tueuse à gages écrouée en France, une première dans le pays. Ici, pourtant, les deux versions ne se recoupent qu’en partie. Et celle de la famille change complètement la lecture des faits.

Ce que la police croit, et ce que la famille refuse d’entendre

Selon les autorités, Sonia Exelby aurait elle-même payé Dwain Hall pour qu’il mette fin à ses jours. Elle aurait laissé sur son ordinateur des éléments laissant penser qu’elle était suicidaire. Elle serait venue aux États-Unis avec l’intention d’être blessée par lui. Telle est la thèse des enquêteurs.

Sa famille la conteste vivement. Selon The Times of London, ses proches estiment qu’elle a été manipulée pendant deux ans sur un site fréquenté par des hommes aux États-Unis, qui viserait des femmes. Ils pensent aussi qu’elle voulait alerter sur l’existence de ces plateformes et protéger d’autres personnes.

Le frère de la victime, Barry Wilton, 39 ans, s’est exprimé auprès du quotidien britannique. « C’est une cause importante pour nous tous : il faut que ces sites soient supprimés », a-t-il déclaré, d’après la traduction. Il ajoute : « Nous voulons la peine maximale et toute la justice. »

La question posée est étrange pour la justice. Elle n’a rien à voir avec l’affaire de cette femme condamnée à 30 ans de prison pour avoir commandité le meurtre de son ex-mari. Ici, c’est la victime elle-même qui aurait pu être à l’origine du projet, et sa famille le refuse.

Entre ces deux récits, il y a quelques jours passés dans une location de vacances de Floride. Et c’est le déroulé précis de ce séjour, tel que le décrit la police, qui donne le vertige.

Lisière de bois floridien près d'une route au crépuscule

Le séjour à Reddick et cette vidéo de 4 minutes

La charge d’enlèvement retenue contre Dwain Hall est un mot lourd, que l’on retrouve dans l’histoire de cette institutrice kidnappée par l’homme à tout faire de son mari. Ici, le dossier est d’une autre nature, et la police en détaille la chronologie.

Le 10 octobre 2025, Dwain Hall aurait fait plusieurs achats dans un supermarché, puis récupéré la jeune femme à l’aéroport régional de Gainesville. Il l’aurait conduite jusqu’à un Airbnb à Reddick. Se décrivant comme un païen vénérant Anubis, le dieu égyptien de la mort, il serait un homme au profil singulier pour les enquêteurs.

Le lendemain après-midi, il aurait transféré 1 200 dollars depuis la carte bancaire de Sonia Exelby. Il aurait aussi enregistré sur son téléphone une vidéo de quatre minutes, que la police qualifie de glaçante.

On y voit Sonia Exelby, le corps marqué de nombreux hématomes. Elle dit à la caméra qu’elle est venue aux États-Unis pour mourir et qu’elle n’y a pas été forcée. « J’ai brisé tous ceux qui m’aiment », aurait-elle ajouté.

Cette séquence, Dwain Hall l’aurait effacée avant que les autorités puissent la récupérer, d’après la police. Elle touche pourtant au cœur du débat sur le consentement. Elle ne dit rien, en revanche, de ce que la jeune femme pouvait subir à ce moment-là, ni de la façon dont elle en est arrivée là.

Ce que le procès devra trancher, et ce que la famille veut obtenir

La sœur de Sonia, Gemma Isaj, a lancé une cagnotte en ligne pour que la famille puisse assister au procès. « Nous devons tous être là pour raconter l’histoire de Sonia », a-t-elle confié au Times. Pour elle, le combat dépasse le seul cas de sa sœur.

« Cela concerne la santé mentale, mais aussi des sites et un mouvement plus large », dit-elle, selon la traduction. « Nous avons vécu cela avec notre sœur, et nous ne savons pas jusqu’où cela va. » Ses mots résument ce que la famille veut faire émerger : l’existence de ces plateformes.

Côté justice, Dwain Hall plaide non coupable et bénéficie de la présomption d’innocence. Les débats devront démêler ce que Sonia Exelby cherchait et ce qu’on lui aurait fait. Les audiences américaines réservent souvent des surprises, comme dans l’affaire des 21 enfants du manoir d’Arcadia, où la procureure a dévoilé des détails inattendus.

Un verdict peut aussi rebattre les cartes, comme pour ce chirurgien esthétique reconnu coupable du meurtre de son avocat. Ici, la famille attend la peine maximale en cas de condamnation.

Si vous traversez une période difficile ou avez des pensées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 heures sur 24.

Une jeune femme, un site, un voyage sans retour : c’est ce que sa famille veut que la justice et le public regardent en face. Et quand la justice américaine s’attaque à la technologie, la phrase d’un procureur de Floride sur ChatGPT montre jusqu’où elle peut aller. Autre registre, autre mystère : ce que révèle vraiment la dernière commande passée à son hôtel par Whitney Houston éclaire une dernière nuit.

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