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À 92 km/h, debout sur une trottinette au milieu des voitures : l’engin de 1 500 € saisi

Publié par Cassandre Jolivet le 03 Nov 2026 à 21:08
Passant inquiet au bord d'une route très fréquentée

Une route ouverte aux voitures, un homme debout sur sa trottinette électrique, et un compteur qui affiche 92 km/h. La scène a eu lieu à Oraison, dans les Alpes-de-Haute-Provence, et les gendarmes ne s’en sont pas remis. Leur message Facebook, semé d’emojis effrayés, raconte une interpellation express et une sanction qui touche directement au portefeuille.

92 km/h, debout, au milieu des voitures : la scène qui a fait bondir les gendarmes

Tout commence par un message publié sur Facebook par la Gendarmerie des Alpes-de-Haute-Provence. Le ton est volontairement théâtral, avec des emojis effrayés et une question qui ressemble à une devinette : qu’est-ce qui roule à plus de 90 km/h sur une route ouverte, au milieu des automobiles ?

La réponse tombe aussitôt : une trottinette débridée, bien sûr. Selon La Dépêche du Midi, un homme a été intercepté à Oraison alors qu’il circulait à 92 km/h, debout sur son engin électrique.

Le détail qui rend la scène presque irréelle : la route était limitée aux véhicules motorisés. Pas de piste cyclable, pas de trottoir, pas de zone apaisée. Un homme sur une trottinette, en plein cœur du flux des voitures.

Pour mesurer l’écart, un chiffre suffit. Comme le rappelle Le Progrès, une trottinette n’a pas le droit de dépasser 25 km/h. À 92, on est à près de quatre fois la limite légale.

Ce n’est pas la première fois qu’un cas pareil fait parler : il y a déjà eu un autre engin lancé à 111 km/h. Mais ici, une question demeure : comment une machine pensée pour 25 km/h peut-elle atteindre un tel score ?

Débridée : le mot qui explique comment une trottinette atteint 92 km/h

Dans son article, La Dépêche du Midi précise que la trottinette contrôlée a « vraisemblablement » été débridée. Le mot est prudent, car la gendarmerie n’a pas détaillé la modification. Mais l’écart avec les 25 km/h autorisés est tel que l’hypothèse s’impose d’elle-même.

Débrider, c’est lever la limite de vitesse prévue à l’origine sur l’engin. Cette limite n’a rien d’un caprice de constructeur : elle fait partie des règles qui encadrent les engins de déplacement personnel motorisés, les fameux EDPM. La retirer est illégal, rappelle la source.

Les gendarmes insistent sur la logique de ces règles. La vitesse est limitée sur ces engins « afin de favoriser la sauvegarde de la vie humaine », écrivent-ils sur Facebook. Autrement dit, le plafond n’est pas là pour embêter les usagers, mais pour limiter la casse.

Reste la question de ce qui se passe quand tout tourne mal. Un conducteur de trottinette n’a pas de carrosserie autour de lui, et ceux qui roulent à côté ne sont pas à l’abri non plus. Sur ce terrain, les 132 millions d’euros par an payés par les automobilistes à cause des trottinettes sans assurance donnent une idée de l’ampleur du sujet.

Alors, quelle a été la sanction ? Elle est tombée vite, et elle pèse lourd : la trottinette, estimée à 1 500 €, a été saisie par le parquet du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains.

« Merci de ne pas faire comme cet individu » : le message qui vise bien plus que lui

Ailleurs en France, des élus montent aussi au créneau : à Bordeaux, le maire a déclaré la guerre aux vélos électriques qui roulent à 50 km/h. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la gendarmerie fait le même type de mise en garde, mais avec un exemple très concret sous les yeux de ses abonnés.

Le texte va jusqu’à citer la sanction. Les gendarmes écrivent : « Merci de ne pas faire comme cet individu qui a vu sa trottinette à 1 500 € saisie par le parquet du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains. »

Le message est limpide : la saisie n’est pas un détail administratif, c’est l’argument. Une trottinette à 1 500 €, c’est un investissement, pas un gadget. La perdre du jour au lendemain, c’est un rappel qui parle plus qu’un sermon.

Les gendarmes demandent aussi de partager leur publication pour éviter des drames. Pas de grande leçon de morale, donc, mais un appel à la prévention, appuyé sur un cas réel et sur la sauvegarde de la vie humaine comme seul mot d’ordre.

Reste un angle mort : l’homme lui-même. La Dépêche du Midi ne donne ni son identité, ni sa version des faits, ni la suite éventuelle de la procédure.

Ce que cette saisie raconte du débat sur les trottinettes débridées

Sous l’article de La Dépêche du Midi, les réactions de lecteurs ne se sont pas fait attendre. L’un d’eux espère que l’engin sera bientôt détruit. Un autre se montre bien moins optimiste.

Selon ce commentaire, les trois quarts des trottinettes seraient débridées, et un utilisateur sanctionné en rachèterait une neuve huit jours plus tard. Il s’agit de l’avis d’un internaute, pas d’un chiffre officiel, mais il traduit un scepticisme bien réel face à la saisie.

Ce scepticisme alimente un débat plus large sur l’encadrement de ces engins. Chez l’un de nos voisins, une mesure choc autour de l’immatriculation et de l’assurance des trottinettes vient d’être dégainée, et la France pourrait s’en inspirer.

Le réflexe de pousser une machine au-delà de ses limites ne date d’ailleurs pas d’hier. Une Peugeot 103 débridée flashée à 117 km/h sur une route limitée à 90 en est une autre illustration.

Les gendarmes, eux, ont fait leur part : rappeler la règle, montrer la sanction, demander de relayer. Le reste dépendra des conducteurs qui tomberont sur ce message.

92 km/h, une route de voitures, une trottinette de 1 500 € confisquée : voilà ce que coûte une pointe de vitesse. Et si vous croyez que seules les trottinettes tentent les amateurs de sensations, ce vélo qui double les motards sur l’autoroute près de Marseille va vous surprendre. Quant à savoir comment une nuit peut déraper, une trottinette, du cannabis et une garde à vue à Vannes racontent une tout autre histoire.

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