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Il a 14 ans et fonce à 111 km/h sur une trottinette : plus de 4 fois la vitesse autorisée

Publié par Mathieu le 13 Avr 2026 à 14:53
Il a 14 ans et fonce à 111 km/h sur une trottinette : plus de 4 fois la vitesse autorisée

111 km/h. Sur une trottinette électrique. Pilotée par un gamin de 14 ans. La scène paraît irréelle, mais les forces de l’ordre l’ont bel et bien constatée. Soit plus de quatre fois la limite légale fixée à 25 km/h pour ces engins. Un record qu’on aurait préféré ne jamais voir, et qui pose des questions bien au-delà du simple excès de vitesse.

Un radar, un chiffre, et l’incrédulité des agents

C’est la page Facebook de CamRoute France qui a révélé ce contrôle stupéfiant. Les forces de l’ordre ont enregistré une vitesse de 111 km/h pour une trottinette électrique conduite par un adolescent de 14 ans. À titre de comparaison, c’est la vitesse d’un scooter 125 cm³ lancé à fond sur une départementale. Sauf qu’ici, le conducteur n’a ni casque intégral, ni carrosserie, ni permis.

Pour rappel, la réglementation française est très claire : les EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) sont bridés à 25 km/h maximum. Au-delà, l’engin perd son statut de trottinette et bascule dans la catégorie des véhicules motorisés non homologués. Autrement dit, il n’a tout simplement plus le droit de circuler nulle part — ni sur le trottoir, ni sur la route, ni sur les pistes cyclables.

Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Récemment, un ado a été surpris sur l’autoroute A50 près de Marseille avec un vélo trafiqué. Les engins modifiés par des mineurs deviennent un vrai casse-tête pour les autorités. Mais ce qui s’est passé ici est d’un autre niveau.

Du débridage artisanal à la machine de guerre

Radar de police affichant 111 km/h

Atteindre 111 km/h sur une trottinette, ça ne se fait pas en appuyant un peu plus fort sur la gâchette d’accélérateur. L’engin intercepté avait visiblement subi des modifications techniques lourdes : débridage du contrôleur électronique, remplacement probable du moteur ou de la batterie, suppression des limiteurs de vitesse. Bref, une transformation complète qui n’a plus rien à voir avec la trottinette vendue en magasin.

Ces pratiques de débridage se répandent à grande vitesse, notamment chez les adolescents. Des tutoriels pullulent en ligne, et certaines pièces détachées se trouvent pour quelques dizaines d’euros. Le problème, c’est qu’un engin conçu pour rouler à 25 km/h n’a ni le châssis, ni les freins, ni les pneus adaptés à 111 km/h. Les suspensions ne sont pas dimensionnées pour absorber les chocs à cette allure. Le moindre nid-de-poule devient potentiellement mortel.

À cette vitesse, la distance de freinage d’une trottinette — même équipée de freins à disque — dépasse largement les 50 mètres. C’est plus que celle d’une voiture. Sauf qu’une voiture a des airbags, une ceinture de sécurité et une carrosserie. La trottinette, elle, n’offre strictement aucune protection. La question du permis pour les engins électriques n’a jamais paru aussi pertinente.

Ce que risquent vraiment les parents

Trottinette électrique débridée avec modifications visibles

Voilà le point que beaucoup ignorent. À 14 ans, un mineur n’est pas pénalement responsable de la même manière qu’un adulte. Mais quelqu’un doit répondre de cette infraction. Et ce quelqu’un, ce sont les représentants légaux — les parents.

Première conséquence immédiate : la trottinette a été saisie sur-le-champ. Elle ne sera pas restituée. Un engin débridé circulant à 111 km/h est considéré comme un véhicule non homologué et non assurable. En cas d’accident, aucune assurance au monde n’aurait couvert les dégâts — ni pour l’adolescent, ni pour une éventuelle victime.

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Côté sanctions financières, l’addition peut être salée. La circulation avec un EDPM débridé expose à une amende pouvant atteindre 1 500 euros. Mais quand la vitesse dépasse aussi largement la limite, d’autres infractions s’accumulent : mise en danger de la vie d’autrui, défaut d’assurance, usage d’un véhicule non homologué. Les poursuites judiciaires ne sont pas exclues.

Et il y a une conséquence moins connue mais bien réelle : un tel antécédent peut compliquer l’obtention future du permis de conduire. Un détail qui paraît lointain à 14 ans, mais qui pourrait revenir frapper à la porte le jour où l’ado voudra passer le code. Être vigilant sur la réglementation routière commence bien avant d’avoir un volant entre les mains.

Un phénomène qui dépasse le simple fait divers

Policier verbalisant à côté d'une trottinette saisie

Ce contrôle spectaculaire illustre une tendance de fond qui inquiète les autorités. Les trottinettes électriques, conçues à l’origine pour les courts trajets urbains, sont devenues des objets de surenchère chez certains utilisateurs. Plus vite, plus loin, plus fort — la logique du toujours plus s’applique désormais à des engins pensés pour la « mobilité douce ».

Le marché des trottinettes électriques explose, et avec lui, celui des kits de débridage. Certains modèles haut de gamme atteignent déjà 80 ou 90 km/h en version non bridée à la sortie d’usine. Les modifier pour dépasser les 100 km/h ne demande parfois qu’une manipulation logicielle de quelques minutes.

Le problème est systémique. Les contrôles sont rares, car les forces de l’ordre n’ont pas toujours les outils pour mesurer la vitesse maximale d’un EDPM à l’arrêt. Et quand un engin débridé est impliqué dans un accident, les conséquences sont désastreuses pour tout le monde. Le conducteur n’est pas protégé. La victime n’est pas indemnisée. L’assurance ne couvre rien.

Face à ces dérives, certains élus poussent pour un renforcement du cadre légal. Des propositions circulent pour imposer un système d’identification électronique sur les EDPM, voire un contrôle technique périodique. En attendant, la prévention reste le seul rempart — et elle repose largement sur les épaules des parents.

Car à 111 km/h sur deux petites roues de 10 pouces, sans aucune protection, ce n’est plus de la mobilité urbaine. C’est une roulette russe sur bitume. Et cette fois, par miracle, personne n’a été blessé. La prochaine fois pourrait raconter une tout autre histoire.

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