Il a 82 ans, recycle des cannettes depuis 11 ans et vient de dépasser un million d’euros pour des chiens abandonnés
Il a 82 ans et une camionnette aménagée pour transporter des montagnes de canettes vides. Chaque semaine, Selwyn Nutley parcourt les rues d’Emerald, en Australie, pour ramasser tout ce qui peut être recyclé. Ce que personne n’imaginait, c’est que ce geste répété pendant plus d’une décennie allait sauver des centaines d’animaux voués à l’euthanasie.

Une adoption de chien qui a tout déclenché
Tout commence en 2014. Selwyn Nutley adopte un chien recueilli dans un refuge et décide, par reconnaissance, de devenir bénévole sur place. Ce genre de engagement du quotidien qui paraît anodin au départ va prendre une ampleur totalement inattendue.
Le refuge en question s’appelle CQ Pet Rescue. Sa mission est simple mais vitale : sauver des chiens et des chats menacés d’euthanasie faute de place ou de moyens. Nutley cherche alors un moyen concret d’aider financièrement l’association, sans se contenter de dons ponctuels.
Il trouve la solution en Australie via un dispositif appelé Containers for Change, un programme qui permet de récupérer de l’argent contre des bouteilles et canettes rapportées en point de collecte. L’idée paraît modeste. Elle va devenir, année après année, un véritable système de collecte solidaire à grande échelle, un peu comme certaines initiatives financières familiales qui prennent une dimension inattendue avec le temps.
6 000 canettes par semaine et 45 heures de travail bénévole
Le rythme que s’impose ce retraité de 82 ans a de quoi donner le tournis. Chaque semaine, il collecte environ 6 000 emballages auprès de commerces, de clubs sportifs et d’habitants d’Emerald qui lui réservent leurs déchets recyclables.
Pour tenir la cadence, il a même fait modifier son véhicule. Une plateforme élévatrice a été installée à l’arrière, lui permettant de charger de gros contenants sans se fatiguer. Une astuce mécanique digne d’un artisan, comme on en trouve dans les bonnes idées pratiques qui simplifient le quotidien.
Selon les informations relayées, Nutley consacre plus de 45 heures par semaine à cette activité : collecter, trier, puis rapporter les emballages aux points de recyclage. Un emploi du temps digne d’un travail à temps plein, entièrement bénévole, mené par un homme qui pourrait légitimement profiter tranquillement de sa retraite.
Il ne s’arrête pas au recyclage. Pendant des années, il a aussi transporté des animaux pour le refuge, participé à des marchés solidaires et donné un coup de main sur toutes les actions de collecte de fonds organisées par l’association.
Plus d’un million de canettes recyclées, une bouée de sauvetage pendant la pandémie
La trésorière de CQ Pet Rescue a tenu à souligner à quel point cette contribution a été précieuse, en particulier durant la crise sanitaire. En pleine pandémie, l’association a vu fondre une grande partie de ses financements habituels, alors que les besoins des animaux, eux, n’ont jamais cessé.
Rien qu’en 2020, Selwyn Nutley a recyclé plus de 185 000 emballages, générant à lui seul près de 20 000 dollars australiens pour le refuge. Une somme qui a permis de continuer à nourrir, soigner et sauver des animaux en pleine période d’incertitude économique.
Aujourd’hui, le compteur a explosé : plus d’un million de canettes et de bouteilles recyclées, et une collecte totale qui dépasse les 100 000 dollars australiens, soit environ 106 000 euros. Un chiffre impressionnant pour un homme seul, sans structure ni budget de communication, uniquement armé de patience et de constance, un peu à l’image de ces histoires humaines où la détermination individuelle change tout.
Et le plus frappant, c’est que rien ne semble vouloir l’arrêter. À 82 ans, Selwyn Nutley continue de sillonner les rues d’Emerald, sac de canettes après sac de canettes, convaincu qu’un geste répété peut littéralement sauver des vies animales.
Un million de canettes, cent mille dollars, et un octogénaire qui refuse de ralentir : voilà ce que peut accomplir la ténacité d’un seul homme. Et si le vrai luxe de la retraite, ce n’était pas de s’arrêter, mais de choisir enfin la cause pour laquelle on se lève chaque matin ?