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« J’ai passé ma colère sur ses tableaux » : l’ex-garde du corps de Kyrsten Sinema à nouveau arrêté

Publié par Cassandre le 03 Oct 2026 à 10:27
« J'ai passé ma colère sur ses tableaux » : l'ex-garde du corps de Kyrsten Sinema à nouveau arrêté

Ancienne sénatrice indépendante de l’Arizona, Kyrsten Sinema a quitté Washington, mais l’actualité la rattrape de la pire façon. Son ex-garde du corps, devenu son amant, est accusé d’avoir ravagé sa maison. Un mois plus tard, il vient d’être arrêté une seconde fois. Ce qu’il aurait dit d’elle, et ce que les procureurs redoutent désormais, éclaire une affaire bien plus sombre qu’une simple querelle de couple.

22 tableaux dans la piscine : la nuit où la maison de Cave Creek a basculé

Tout commence le 30 août, dans la propriété de Cave Creek, en Arizona. Matthew Ammel, 39 ans, aurait causé des dégâts considérables dans la maison de Kyrsten Sinema. Ce vétéran de l’armée américaine, passé par l’Irak et l’Afghanistan, avait rejoint son équipe de sécurité en 2022.

Selon les documents judiciaires, il aurait menacé de détruire une œuvre d’art toutes les 10 minutes si elle ne cédait pas à ses exigences. Elle aurait refusé. Il aurait alors jeté 22 peintures dans la piscine, pour environ 123 000 dollars de dommages.

La note ne s’arrête pas là. Des bouteilles d’alcool coûteuses auraient été brisées et un miroir détruit, portant le total à plus de 200 000 dollars. Matthew Ammel a été arrêté le 17 septembre et inculpé de dégradation criminelle, un délit grave aux États-Unis. Il bénéficie bien sûr de la présomption d’innocence.

Lui ne conteste pas vraiment le geste. Il a reconnu avoir bu et a confié à l’Arizona Republic : « J’étais en colère contre le système. Je me suis défoulé sur ses œuvres. » La défiance envers les élus nourrit bien des rancœurs, qui prennent parfois une forme plus verbale, comme les accusations de Matthieu Delormeau contre des politiques « de premier plan ».

Mais pourquoi s’en prendre à elle, précisément ? Sa réponse est plus étonnante que sa colère.

Une vidéo de soldats, une médaille manquante et un ultimatum

Selon son récit, tout partirait d’un refus. Il voulait que Kyrsten Sinema publie une vidéo de soldats portant secours à un blessé en Irak. Il attendait aussi qu’elle utilise ses relations au Pentagone pour comprendre pourquoi son unité n’avait pas reçu la Presidential Unit Citation, une distinction collective de l’armée.

Il a ajouté, sans citer aucun nom, que l’ex-sénatrice « travaille pour certaines entreprises qui profitent financièrement du génocide à Gaza ». Il souffre, dit-il, des séquelles de blessures au cerveau. « Je ne suis pas un mauvais gars. Je ne suis pas fou. Je suis juste très intelligent, et j’ai vu l’envers du décor. »

Cette colère contre « le système » rappelle d’autres dérives récentes, comme celle du Texan de 20 ans qui a tenté d’attaquer la maison du patron de ChatGPT. Les situations n’ont rien à voir sur le fond, mais le ressort, lui, est comparable : un grief devenu obsession.

Après son arrestation de septembre, Matthew Ammel est remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec une interdiction de contact avec Kyrsten Sinema. Deux jours plus tard, il aurait tenté de faire contacter l’ex-politicienne par un ami. Elle l’a signalé à la police le 22 septembre, tout en refusant d’aider les procureurs du comté de Maricopa.

Puis, mardi, le bracelet GPS a parlé. Selon les documents consultés par KPHO, Ammel aurait aussi menacé de « take down » (« abattre », « faire tomber ») l’ex-sénatrice. Et ce n’est pas tout ce que le dossier contient.

Tableaux abîmés flottant dans une piscine de luxe

Un fusil, des « arrangements funéraires » et un couteau à graver

Les menaces de mort, la justice les prend au sérieux partout, comme quand Jordan Bardella a porté plainte contre le rappeur Soli. En Arizona, les procureurs ont déroulé un faisceau d’éléments inquiétants dans leur requête.

Matthew Ammel aurait tenté d’acheter une arme et menacé de tuer un juge de Caroline du Nord, dans le cadre d’un litige de garde avec son ex-épouse. Selon l’accusation, il aurait aussi « contacté des amis militaires pour qu’ils lui construisent un fusil, acheté du matériel tactique et discuté d’arrangements funéraires ». Aucun contexte supplémentaire n’a été fourni sur ce dernier point.

Lors de son arrestation, il se trouvait sur un parking de Phoenix, près d’une armurerie. Il venait de déposer pour gravure un couteau décrit comme une « grande lame de style militaire ». Ce couteau devait être offert à son neveu pour la remise de diplôme de son entraînement chez les Marines.

Un juge avait fixé sa caution à 25 000 dollars. Les procureurs réclament 100 000 dollars en liquide, car « l’État craint qu’il n’intensifie ses représailles s’il est libéré », écrit le substitut du procureur Bryn Barasha.

Une accusation n’est pas une condamnation, et la défense de l’intéressé tient en une phrase : il se dit inoffensif. Reste à savoir ce que la justice en retiendra.

Ce que la justice doit encore trancher, et pourquoi l’affaire dépasse un simple fait divers

Jeudi, Matthew Ammel a refusé de se rendre au tribunal pour son audience de mise en accusation. Elle a été repoussée au 15 octobre. Le juge devra aussi se prononcer sur le montant de la caution réclamée.

L’affaire a une autre dimension, judiciaire et intime. Son ex-épouse, Heather Ammel, mariée 14 ans avec lui, poursuit Kyrsten Sinema en vertu de la loi dite « homewrecker » de Caroline du Nord, qui permet d’attaquer la personne accusée d’avoir détruit un mariage. C’est cette plainte qui a rendu publique leur relation.

Selon la plaignante, la liaison aurait commencé un peu plus d’un an après l’embauche d’Ammel, lors de voyages à travers le monde. Kyrsten Sinema lui aurait offert des cadeaux et financé un traitement psychédélique. Elle l’aurait invité à un mariage et à un concert de Taylor Swift. L’ex-sénatrice, 50 ans, a reconnu des rapports répétés à partir de la fin mai 2024.

Ces liens d’intimité alimentent une question troublante : comment un protecteur devient-il une menace ? Les comportements violents dans l’entourage proche surprennent toujours, comme l’ont montré les menaces filmées d’un maire envers son rival.

Quant aux dégâts, ils rappellent combien un foyer peut basculer vite, comme la famille de Florent Pagny, visée par un cambriolage. Dans le cas présent, la justice américaine a désormais un calendrier : le 15 octobre sera le prochain rendez-vous.

Un bracelet GPS, un couteau à graver et une menace de « take down » : tout tient dans ce parking de Phoenix. Pour qui aime les dossiers où la réalité dépasse les rumeurs, ce que les procès-verbaux disent vraiment de la mort de Diana est tout aussi troublant. Et si vous vous demandez ce qu’un codétenu aurait réellement lu, la note qu’Epstein aurait écrite avant sa mort vous attend.

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