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« On mangeait les restes » : la petite-fille de Gérard Mulliez ignorait tout de l’empire Auchan

Publié par Hannah le 16 Août 2026 à 9:24

Imaginez grandir en mangeant les restes du frigo, sans jamais soupçonner que votre grand-père pèse plus d’un milliard d’euros. C’est exactement ce qu’a vécu Margaux Mulliez, petite-fille de Gérard Mulliez, le fondateur légendaire du groupe Auchan.

« On mangeait les restes » : la petite-fille de Gérard Mulliez ignorait tout de l'empire Auchan

Dans le podcast À contre-jour, la jeune femme raconte ce grand écart vertigineux entre son quotidien d’enfant et la réalité économique de sa famille. Un témoignage qu’elle développe aussi dans son livre Gérard Mulliez : L’épopée du fondateur d’Auchan.

Un grand-père comme un autre, pas un patron tout-puissant

Pour la petite Margaux, Gérard Mulliez n’était qu’un grand-père aimant. Pas le dirigeant d’un empire de la grande distribution qui a transformé le paysage commercial français.

« Je savais depuis toujours que mon grand-père était celui qui avait fondé les magasins dans lesquels j’allais faire mes courses avec ma maman », explique-t-elle. Une évidence banale, presque anodine, loin de l’image du magnat richissime.

« Mes parents ne m’ont jamais caché qui était Gérard Mulliez, je le voyais avec mes yeux de petite-fille. » Un regard d’enfant qui ne mesure ni les chiffres, ni les enjeux, ni le poids d’un nom dans l’économie française.

La frugalité comme culture familiale

Loin des clichés dorés associés aux grandes fortunes, la maison Mulliez fonctionnait selon des règles étonnamment simples. Zéro strass, zéro paillettes, une chasse méthodique au gaspillage.

« On mange les restes, il y a des produits qui sont à la limite de la péremption dans le frigo », se souvient Margaux. Une phrase qui pourrait décrire n’importe quel foyer français moyen, pas celui d’une dynastie milliardaire.

Cette philosophie de la sobriété n’a rien d’un hasard. Elle façonne depuis des générations la culture d’entreprise du clan Mulliez, connu pour son discrétion légendaire loin des projecteurs médiatiques.

Bureau de bibliothèque avec journal et chiffres financiers

Le choc des chiffres, des années plus tard

Tout bascule au moment des études supérieures. En tombant sur des articles de presse et des données économiques, Margaux découvre une réalité qu’elle n’avait jamais imaginée.

Selon le classement du magazine Challenges, la fortune personnelle de Gérard Mulliez atteint 1,1 milliard d’euros. Un chiffre qui ne représente même pas le patrimoine global de l’Association Familiale Mulliez, évalué à plusieurs dizaines de milliards.

« C’est vraiment là que j’ai découvert les chiffres. Et c’est les chiffres qui m’ont choquée en fait », confie-t-elle sans détour. Une révélation aussi brutale qu’inattendue pour la jeune femme.

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« De voir un patrimoine de milliards d’euros, voir des photos de mon grand-père en costume, patron, capitaliste etc. Ouais, ça m’a choqué. » Le décalage entre l’image intime et l’image publique devient soudain impossible à ignorer.

Le grand écart entre soupe du soir et milliards

Comment concilier les restes du dîner et un empire à neuf chiffres ? C’est exactement le vertige que traverse Margaux à cette période charnière de sa vie.

« Je passe de ‘on mange les restes’ à ‘mon grand-père en fait est milliardaire ! Il a un empire énorme en dessous de lui’ », résume-t-elle avec une franchise désarmante. Un basculement qu’elle aborde aujourd’hui avec un recul lucide et apaisé.

Cette histoire fait écho à d’autres trajectoires marquées par des fortunes colossales et des choix de vie inattendus, comme celle de la veuve de Steve Jobs qui a choisi de dilapider ses 14 milliards plutôt que de les transmettre.

Le patrimoine des grandes fortunes françaises intrigue régulièrement l’opinion publique, un peu comme les déclarations de patrimoine des ministres qui révèlent parfois des surprises.

D’autres héritiers ont aussi dû composer avec des successions complexes, à l’image de l’héritage de Nathalie Baye qui a viré au casse-tête juridique pour Laura Smet.

Un empire toujours discret mais omniprésent

Le groupe fondé par Gérard Mulliez ne se résume pas à Auchan. Derrière l’enseigne se cache un conglomérat familial qui possède aussi Decathlon, Leroy Merlin ou encore Kiabi.

Un empire dont l’influence se ressent jusque dans l’actualité économique récente, comme lors de la grève inédite qui a paralysé les magasins Decathlon en juin dernier.

Le secteur de la grande distribution traverse d’ailleurs une période mouvementée, entre fermetures de magasins historiques et réorganisations. Printemps a récemment fermé un site emblématique, tandis qu’Alinéa a été placée en liquidation judiciaire.

Face à ces bouleversements, certaines enseignes tirent leur épingle du jeu. Grand Frais continue son expansion en récupérant des locaux laissés vacants par d’anciens géants du secteur.

Contraste entre frigo familial modeste et empire commercial

À travers ce témoignage, Margaux Mulliez offre un éclairage rare sur l’envers du décor des grandes fortunes françaises. Une leçon d’humilité qui tranche avec l’image souvent fantasmée des héritiers milliardaires.

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