« Il faut être responsable de ses actes » : Sophie Marceau, fâchée avec Bruel depuis 2014, réagit
Elle ne lui a plus adressé la parole depuis 2014. Sophie Marceau et Patrick Bruel n’ont tourné qu’un seul film ensemble, et leur histoire s’est arrêtée là. Aujourd’hui, alors que l’affaire judiciaire visant le chanteur occupe tout l’espace, l’actrice a accepté de répondre, avec des mots rares. Et l’une de ses phrases, la dernière, résume tout son état d’esprit.

Une vieille blague qui ressurgit dix ans après le tournage
Tout part d’une séquence d’archive. Ces dernières semaines, des extraits d’interviews promotionnelles ont refait surface sur les réseaux, remontant à la sortie du film Tu veux ou tu veux pas, en 2014. Dans cette comédie signée Tonie Marshall, selon Paris Match, Patrick Bruel incarne un sex addict repenti devenu conseiller conjugal.
Son personnage recrute une assistante à la sexualité débridée. C’est Sophie Marceau qui l’interprète. Un duo de comédie, à l’époque, rien de plus.
Dans plusieurs interviews, notamment dans Vivement dimanche face à Michel Drucker, le chanteur avait plaisanté. Le plus difficile sur le tournage, avait-il lancé, c’était de « résister à Sophie Marceau » pendant des semaines.
Une boutade qui n’avait alors choqué personne. Mais dix ans plus tard, elle sonne autrement : Patrick Bruel est aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire, après de multiples plaintes pour viols et agressions sexuelles.
Face à l’ancien partenaire d’écran de l’actrice, c’est une trentaine de femmes qui parlent, d’après la source. Le contraste entre l’humour télévisé d’hier et le dossier d’aujourd’hui a donc fait réagir. Certains se sont même demandé ce que l’actrice en pensait, elle qui, d’autres époques, a connu ses propres secrets de tournage.
Sauf qu’à l’époque, elle n’avait rien dit. Pas un mot sur cette plaisanterie. Alors pourquoi parle-t-elle maintenant, et dans quel cadre ?
Une croisière, une question, et une réponse cash
Le cadre est inattendu. Mi-septembre, Sophie Marceau participait à une croisière anniversaire de l’association Arc-en-ciel. C’est là, selon Paris Match, qu’elle a été interrogée sur la blague de 2014 et sur la façon dont elle la vivait aujourd’hui.
Sa réponse est directe. « Si j’avais eu un truc à dire, je l’aurais dit. Je l’ai déjà fait quand on m’a emmerdée. » Autrement dit, la plaisanterie ne l’avait pas dérangée, et elle n’a pas l’intention de s’en offusquer rétroactivement.
Elle ajoute pourtant un avertissement, qui dépasse le seul cas de ce film. « Méfions-nous des choses sorties de leur contexte. » Une phrase qui dit beaucoup de la prudence de l’actrice face aux extraits qui circulent.
Pour appuyer son propos, elle donne un exemple vécu. Elle a elle-même vu une affiche retouchée du film, où le duo apparaît dans une position « très ambiguë », qui n’aurait « rien à voir » avec l’affiche originale.
Le message est limpide : on peut faire dire n’importe quoi à une image ou à une archive. Et elle n’entend pas se laisser enfermer dans ce jeu-là. Dans le même temps, d’autres voix du monde du spectacle ont pris position dans l’affaire, comme Vanessa Demouy après Zazie.
Reste la vraie question, celle qui a été posée ensuite : suit-elle l’affaire en cours ? Sa réponse, longue et nuancée, est celle que beaucoup attendaient.
Oui, elle la suit. Et c’est là que le ton change, laissant place à une confidence que l’on n’attendait pas forcément d’elle.
« Je le regrette » : ce que Sophie Marceau dit vraiment de Patrick Bruel
Elle commence par remettre les choses à leur place. « Je connais Patrick depuis très longtemps. Ensemble, nous n’avons fait que ce film et je me suis un peu fâchée avec lui à la fin, mais absolument pas pour des histoires comme ça. »
Le point est important : la brouille de 2014 n’aurait rien à voir avec les accusations actuelles. Elle prend soin de le préciser, pour qu’aucune confusion ne s’installe.
Puis vient l’aveu. « On était en froid depuis et je le regrette. » Une phrase simple, presque pudique, qui montre qu’elle n’a pas cherché à se placer en juge.
Mais elle enchaîne aussitôt avec la ligne la plus nette de son intervention : « Il faut que ces femmes soient entendues et que justice soit rendue à celles qui le demandent. » Pas de détour, pas de formule creuse.
Sur le chanteur, elle porte un regard plus complexe. Pour elle, il est difficile de ne pas « perdre la tête » quand on a commencé jeune et connu un succès comme le sien. Elle ne parle pas de justification, seulement d’un contexte.
Le point d’orgue arrive à la fin. « Mais ça n’autorise pas à commettre des abus. Il faut être responsable de ses actes, parce qu’un jour ou l’autre on doit les affronter. »
Entre compréhension humaine et fermeté, c’est ce grand écart qui donne sa force à la prise de parole. Elle ne soutient pas l’artiste, elle ne l’enfonce pas non plus : elle défend le principe. Une position bien différente de celle d’autres personnalités, comme Brigitte Lahaie, qui s’est exprimée en sens inverse.

Où en est vraiment la procédure visant Patrick Bruel
Pour comprendre le poids de ces mots, il faut revenir au dossier. Selon Paris Match, Patrick Bruel a été inculpé en juin dernier dans quatre affaires distinctes : viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel.
Il est depuis placé sous contrôle judiciaire. À 67 ans, l’artiste reste donc libre, mais soumis à des obligations fixées par la justice.
Surtout, il conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Cette précision compte : à ce stade, aucune culpabilité n’est établie, et la présomption d’innocence s’applique pleinement.
Autour de lui, la parole des plaignantes s’est multipliée. On parle d’une trentaine de femmes, selon la source, qui l’accusent de viols et d’agressions sexuelles. Les peines encourues dans ce type de dossier sont lourdes, mais seule la justice tranchera.
C’est dans ce climat que la phrase de Sophie Marceau prend toute sa résonance. Elle ne se prononce pas sur le fond des accusations : elle ne dispose pas du dossier, et le dit à sa manière.
Ce qu’elle réclame, c’est un cadre. Que les femmes soient entendues, et que celles qui souhaitent une réponse judiciaire l’obtiennent. Pas de verdict anticipé, mais pas de silence non plus.
Cette ligne, entre écoute et prudence, est sans doute la plus difficile à tenir dans un dossier aussi chargé. Elle explique pourquoi sa réaction a tant circulé.
Ce que cette prise de parole change pour la suite
D’abord, elle remet de l’ordre dans le récit. Les extraits de 2014 avaient été relayés comme un indice de comportement. Sophie Marceau, la principale intéressée par la plaisanterie, remet les choses en perspective : elle n’y a jamais vu d’incident.
Ensuite, elle ajoute une voix de plus, celle d’une actrice très écoutée, à un débat qui divise le monde du spectacle. Ce n’est pas la première fois que des personnalités s’expriment : on a vu Élodie Gossuin sortir du silence, parmi d’autres.
Reste la question de la mémoire collective. Pourquoi des années passent-elles avant que certains sujets ne soient abordés ? Cette interrogation traverse tout le dossier, et fait l’objet d’analyses sur l’omerta autour de l’artiste.
Côté judiciaire, rien ne bouge à cause de cette déclaration. La procédure suit son cours, avec un mis en cause qui conteste tout et des plaignantes qui attendent. À surveiller : la suite de l’instruction.
Quant à l’actrice, elle a prévenu d’avance qu’elle ne dirait que ce qu’elle pense. Elle n’a rien d’autre à ajouter pour l’instant.
Au fond, son message tient en une ligne : on peut regretter une brouille et exiger que la justice passe. Responsabilité avant tout. Et si c’est la parole de Sophie Marceau qui vous a intrigué, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire une seule fois en quarante ans vous réserve une confidence inattendue. Et pour la suite d’un autre parcours, découvrez comment elle a un jour renoncé à un grand rôle.