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« Je crois ces femmes » : après Zazie, Vanessa Demouy prend position dans l’affaire Patrick Bruel

Publié par Cassandre le 01 Juin 2026 à 9:30

Alors que huit plaintes s’accumulent contre Patrick Bruel et que trois enquêtes judiciaires suivent leur cours, deux voix connues du grand public viennent de rompre le silence. En l’espace de quelques heures, Zazie puis Vanessa Demouy ont publiquement affirmé croire les femmes qui accusent le chanteur de viol. Deux prises de parole aux mots pesés, mais sans ambiguïté, qui marquent un tournant dans la manière dont le milieu artistique français réagit à cette affaire. Patrick Bruel, qui nie l’intégralité des faits reprochés, bénéficie de la présomption d’innocence.

Zazie sur Europe 1 : « Il n’y a pas de fumée sans feu »

C’est ce jeudi 28 mai 2026, au micro d’Europe 1 dans l’émission Culture Médias, que Zazie a choisi de s’exprimer pour la première fois. Invitée à l’occasion de la sortie de son nouveau titre Peu importe, la chanteuse de 62 ans a d’abord pris soin de cadrer son propos. Elle connaît Patrick Bruel depuis des années, a partagé l’univers musical du chanteur à de nombreuses reprises au fil de sa carrière.

zazie devoile son nouveau look

Sa première déclaration plante le décor : « Le grand séducteur, le dragueur, ce n’est pas un scoop. Mais évidemment, vu mon caractère, vous vous doutez bien que si j’avais vu le tiers du quart de ce que décrivent ces femmes, je vous en parlerais parce que ça ne passerait pas. » En clair, Zazie affirme ne jamais avoir été témoin directe de violences. Mais elle refuse de s’arrêter là.

Car c’est le nombre de témoignages qui a fait basculer sa conviction. Depuis la plainte déposée par Flavie Flament le 13 mai dernier, les accusations se sont multipliées. Huit plaintes officielles, quinze nouvelles accusatrices révélées en une semaine, des faits allégués à Saint-Malo, Paris et Bruxelles. Face à cette accumulation, Zazie a été catégorique.

« Quand il y a 2, puis 15, puis 30 femmes qui parlent, il n’y a pas de fumée sans feu. Ce sont des femmes qui ne se connaissent pas. Donc, il doit forcément y avoir quelque chose. » Puis elle a qualifié la gravité de ce qui est décrit : « D’après ce que l’on décrit, on se trouve dans la criminalité, mais il faut évidemment enquêter. » Des mots choisis avec soin, mais dont la portée est limpide. Restait une phrase, la plus directe de toutes.

« Elles sont trop nombreuses pour que ce soit un truc à mettre sous le tapis »

Zazie n’a pas cherché à nuancer davantage sa position personnelle. « J’attends de savoir toute la vérité, mais moi, je crois ces femmes. Elles sont trop nombreuses pour que ce soit un truc à mettre sous le tapis. » Une phrase qui résonne d’autant plus fort qu’elle émane d’une artiste ayant côtoyé le chanteur pendant des décennies, pas d’une inconnue ni d’une militante. C’est une collègue qui parle, et qui dit qu’elle croit.

Le Théâtre Édouard VII à Paris, lieu de l'affaire Bruel

Ces déclarations interviennent au lendemain d’un incident significatif. La veille, Patrick Bruel jouait au Théâtre Édouard VII à Paris dans le cadre d’une représentation théâtrale. Dès l’ouverture, trois militantes du collectif NousToutes ont perturbé le spectacle. Des manifestations similaires se sont déjà produites devant ses lieux de résidence. Le chanteur, qui maintient sa tournée malgré les accusations, fait désormais face à une contestation publique de plus en plus visible.

Zazie rejoint ainsi une liste croissante de personnalités qui ont pris position. Avant elle, Judith Godrèche, Marlène Schiappa ou encore Lio avaient dénoncé les faits avec des mots encore plus tranchants. Mais la prise de parole de Vanessa Demouy, survenue presque au même moment, apporte une dimension différente.

Vanessa Demouy : « Notre devoir, c’est de tendre la main »

C’est dans un tout autre contexte que Vanessa Demouy a été amenée à s’exprimer. L’actrice, révélée dans les années 1990 avec la sitcom Classe mannequin sur M6, était interrogée par Télé-Loisirs à l’occasion d’une nouvelle intrigue dans le feuilleton Ici tout commence sur TF1, marquée par l’arrivée de la cheffe étoilée Anne-Sophie Pic dans la série.

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Un détail compte : Vanessa Demouy a vécu la même époque que Flavie Flament, celle des années 1980-1990, période durant laquelle les faits allégués les plus anciens auraient eu lieu. Flavie Flament accuse le chanteur de viol sur mineure avec constitution de partie civile. Ce passé commun donne un poids particulier aux mots de l’actrice.

« Je suis pour la libération de la parole des femmes. Je suis pour qu’elles sortent de l’invisibilité et de la honte », a-t-elle déclaré d’emblée. Puis, dans une formulation qui se veut universelle : « Quand une femme, ou un homme, dit : ‘J’ai été victime’, notre devoir à tous, c’est de lui tendre la main, de l’écouter et de partir du principe qu’il ou elle dit la vérité. » Ce n’est pas une accusation. C’est un principe : croire d’abord, laisser la justice trancher ensuite.

« Je sais de quoi je parle » : la phrase qui en dit long

Vanessa Demouy n’a pas esquivé la question de la difficulté à prendre position publiquement. « On est dans une ère où il faut prendre parti. Parce que si on se tait, on nous le reproche et on se fait défoncer, comme à Cannes quand on demande leurs positions politiques à des comédiens, et si on le dit, on se fait défoncer aussi. » Une référence directe aux polémiques récurrentes du Festival de Cannes, où la frontière entre engagement et récupération fait régulièrement débat.

Mais sur ce dossier précis, pas question pour elle de se dérober. « Sur des sujets aussi graves que les violences faites aux femmes, on doit prendre parti. Il faut les écouter et être avec elles. Je pense à l’immense courage qu’il faut à ces femmes, qui n’ont rien à gagner mais tout à perdre et que des coups à prendre. » Une phrase qui fait écho aux témoignages publiés ces dernières semaines, où plusieurs accusatrices décrivent les menaces et pressions subies après avoir parlé.

Mains de femmes unies en signe de solidarité dans l'affaire Bruel

Puis est venue la conclusion, et sans doute la phrase la plus marquante de l’entretien : « J’ai évidemment un énorme respect pour toutes ces femmes. Et, oui, je les crois. ‘Je te crois’ est une phrase magique. Et je sais de quoi je parle ! » Ces six mots — « je sais de quoi je parle » — résonnent comme une confidence à peine voilée, que l’actrice n’a pas développée davantage. Elle a simplement ajouté : « Je suis très contente que les années 1980 et 1990 soient loin. Il faut continuer à se battre pour que ça ne revienne jamais. »

Huit plaintes, trois enquêtes : où en est l’affaire

Au-delà des prises de position, l’affaire judiciaire continue de prendre de l’ampleur. Patrick Bruel fait actuellement l’objet de trois enquêtes judiciaires distinctes pour des faits allégués sur trois territoires différents : Saint-Malo, Paris et Bruxelles. Huit plaintes ont été déposées à ce jour. Le chanteur, via ses avocats, affirme que les récits sont faux et conteste formellement l’ensemble des accusations.

Sur le plan professionnel, les conséquences s’accumulent. Patrick Bruel a quitté les Enfoirés après 34 ans de présence. Une pétition exigeant l’annulation de sa tournée a recueilli des milliers de signatures, soutenue par des artistes comme Anna Mouglalis et Pomme. Dans le même temps, certains organisateurs de festivals hésitent encore à annuler, invoquant des contraintes financières.

Les prises de parole de Zazie et Vanessa Demouy s’ajoutent à celles de plusieurs personnalités qui, depuis la mi-mai, ont rompu le silence sur cette affaire. Les déclarations de Bruel aux enquêteurs, les révélations sur un second téléphone et le signalement d’une journaliste canadienne dès 2017 continuent d’alimenter un dossier dont l’issue judiciaire reste incertaine. Mais dans le tribunal de l’opinion, une chose est claire : le silence du milieu artistique, longtemps reproché dans d’autres affaires, n’est plus de mise.

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