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« Vivre ! » : Fabien Roussel officialise sa candidature 2027 et fait un serment inédit à la gauche

Publié par Elodie le 07 Sep 2026 à 7:58
fabien roussel

Dimanche soir, sur le plateau de TF1, Fabien Roussel a mis fin au suspense. Le secrétaire national du Parti communiste français a confirmé sa candidature à la présidentielle de 2027, quelques mois après un vote interne où 72% des militants communistes lui ont donné leur feu vert. Mais derrière l’annonce, une phrase a retenu l’attention : un engagement personnel qu’il n’avait jamais formulé aussi clairement face à ses rivaux de gauche.

Une gauche fracturée, un communiste qui refuse de choisir son camp

Déjà candidat en 2022, Fabien Roussel ne se contente pas de rejouer sa partition. Il revendique cette fois une ligne clairement autonome, à distance des autres formations de gauche. Son ambition affichée : reconstruire un discours capable de parler aux classes populaires, aux salariés, aux ouvriers et aux habitants des territoires industriels, un électorat que d’autres candidats peinent parfois à toucher.

Ce positionnement intervient dans un paysage politique où les sondages pour 2027 dessinent déjà des rapports de force mouvants entre les différentes sensibilités de gauche. Roussel refuse pourtant de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann dès le premier tour, une décision qui tranche avec les appels répétés à l’union.

Sa conviction : plusieurs candidatures à gauche ne empêchent pas un rassemblement ultérieur. Chaque sensibilité, selon lui, doit d’abord mobiliser son propre électorat avant d’envisager une éventuelle convergence. Un pari risqué dans un contexte où les rapports de force à gauche évoluent vite, mais assumé sans détour par le candidat communiste.

Salaires, nucléaire et nationalisation : le programme qui doit incarner « Vivre »

Le slogan choisi par Fabien Roussel pour son affiche de campagne donne le ton : « Vivre ! Ensemble mieux, heureux en paix ». Une formule volontairement sociale et populaire, censée résumer l’esprit de sa candidature.

Concrètement, le candidat veut replacer le travail au centre du débat et défendre une hausse significative des salaires. Il souhaite aussi relancer massivement l’industrie française, évoquant une « nouvelle ère industrielle et agricole » censée redonner du souffle aux bassins d’emploi les plus fragilisés.

Sur l’énergie, il défend une production forte plutôt qu’une logique de décroissance, et continue de soutenir le nucléaire, une position qui le distingue nettement d’une partie de la gauche écologiste. Il évoque également la nationalisation de TotalEnergies, dans la continuité de ses prises de position passées.

Côté finances publiques, Fabien Roussel entend accentuer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, et aller chercher davantage d’argent auprès des grandes fortunes et des grandes entreprises. L’objectif affiché : financer durablement les services publics, à un moment où les annonces sur le pouvoir d’achat alimentent déjà le débat national. Il veut aussi accorder une place centrale à l’école, la santé, les transports et le maintien des services publics dans tous les territoires, y compris les plus ruraux.

Affiche de campagne vierge sur chevalet en salle de réunion

Le serment qui change tout : « ne pas polémiquer » avec la gauche

C’est peut-être l’élément le plus marquant de cette annonce. Sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel a formulé un engagement personnel rarement énoncé aussi frontalement par un candidat communiste : « Je fais un serment : ne pas polémiquer avec d’autres candidats de gauche dans cette campagne. La gauche est trop faible : mon objectif est de la rendre majoritaire. Pour enfin diriger notre pays. »

Une promesse qui tranche avec les tensions récurrentes entre formations de gauche, illustrées récemment par des confidences embarrassantes de Raphaël Glucksmann ou par les manœuvres autour d’une éventuelle primaire socialiste face à Glucksmann.

Fabien Roussel entend aussi reconquérir une partie de l’électorat populaire passé au Rassemblement national, en insistant sur la sécurité et l’ordre républicain, deux sujets sur lesquels il cherche depuis plusieurs années à se démarquer d’une partie de la gauche. Une stratégie qui vise directement les électeurs aujourd’hui séduits par Jordan Bardella dans les sondages, sans pour autant renier l’identité communiste historique de son parti.

Reste à savoir si ce serment de non-agression résistera à la pression d’une campagne présidentielle. Fabien Roussel a posé les termes du débat : à la gauche, désormais, de décider si elle le suit sur ce terrain apaisé, ou si les vieilles rivalités reprennent le dessus avant même le premier tour.

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