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#OnBloqueLExtremeDroite : d’où vient cette campagne brésilienne qui gagne la France et veut réduire la visibilité de médias et de personnalités ?

Publié par Elodie le 29 Oct 2026 à 12:14
Bloquer plutôt que répondre : la campagne venue du Brésil qui vise Bardella, Le Pen et même BFMTV

Sur X, TikTok et Instagram, un mot d’ordre circule depuis le 27 octobre : ne plus répondre, ne plus partager, bloquer. Le hashtag s’est répandu en quelques jours, porté par des vidéos et des listes de comptes. Une méthode importée du Brésil, des cibles plus larges qu’annoncé, et une question que personne ne peut trancher : est-ce que ça marche vraiment ?

1,7 million de vues en un message : comment « On bloque l’extrême droite » a débarqué en France

La campagne s’appelle « On bloque l’extrême droite », et elle a pris de l’ampleur depuis le 27 octobre sur les réseaux sociaux français. Son principe tient en une consigne : cesser toute interaction avec certains comptes, puis les bloquer. Pas de débat, pas de réponse, pas de partage.

En France, elle a été popularisée par le streamer Arkunir. Un message publié par lui le 27 octobre aurait dépassé 1,7 million de vues. Depuis, plusieurs listes de comptes à bloquer circulent, et des sites spécialisés facilitent la démarche.

Certains organisateurs vont plus loin. Ils proposent des outils pour retrouver rapidement les profils concernés et effectuer les blocages un par un. Le hashtag #OnBloquelExtremeDroite s’accompagne déjà de centaines de vidéos et de messages d’appel à participer.

Ce n’est pas la première fois qu’une mobilisation numérique agite le débat public français. Après les émeutes d’octobre, on avait par exemple vu le Conseil d’État juger illégale une interdiction de TikTok. Ici, la logique est inverse : personne ne réclame d’interdire quoi que ce soit, chacun agit simplement sur son propre compte.

Mais pourquoi bloquer plutôt que répondre, même pour dénoncer ? La réponse tient à la façon dont les plateformes décident de ce qu’elles mettent en avant.

Le commentaire qui travaille pour l’adversaire : la logique cachée derrière la méthode

L’idée de départ est simple. Les algorithmes des réseaux sociaux mesurent l’engagement : likes, partages, réponses. Or même un commentaire très critique compte comme une interaction et peut contribuer à faire circuler une publication.

Les promoteurs de la campagne en tirent une conclusion : l’indignation publique serait un carburant. Mieux vaudrait donc priver ces contenus d’interactions, quitte à rester silencieux. Pour ses défenseurs, il s’agit de combattre l’influence de certains discours sans leur offrir davantage de visibilité par des polémiques.

Le procédé vient du Brésil, où il a été défendu par le député André Janones, soutien du président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva. Pendant la campagne présidentielle, les partisans de Lula se seraient organisés notamment sur WhatsApp, avec des consignes pour limiter la visibilité des publications du camp de Flávio Bolsonaro. Des communautés rassemblant plusieurs millions de sympathisants auraient relayé le mouvement.

La question de ce qu’une plateforme laisse voir, ou non, est d’ailleurs un sujet brûlant ailleurs aussi. Elle touche même les voyageurs, comme le montre cette demande américaine d’historique de réseaux sociaux pour entrer aux États-Unis.

Reste à savoir qui, concrètement, se retrouve dans le viseur des listes françaises. Et la réponse dépasse ce que le nom de la campagne laisse entendre.

Parmi les personnalités citées figurent Jordan Bardella, Marine Le Pen, Marion Maréchal, Éric Zemmour et Sarah Knafo. D’autres listes mentionnent aussi Bruno Retailleau et Gabriel Attal, ainsi que des médias, notamment CNews et BFMTV. Les cibles dépassent donc parfois les seules personnalités d’extrême droite.

Écran de smartphone flou avec une icône de blocage, ambiance réseaux sociaux

Victoire de Lula ou simple coïncidence ? Ce que personne ne peut prouver

Les mobilisations en ligne ne se limitent pas aux élections, comme l’avait montré l’appel à de nouveaux actes des gilets jaunes. Mais ici, une question domine : cette stratégie a-t-elle un effet mesurable ?

Le 25 octobre 2026, Lula a remporté l’élection présidentielle avec 51,8 % des voix face à Flávio Bolsonaro. Les promoteurs de la méthode y voient une victoire de leur stratégie numérique. Le raccourci est tentant, mais il se heurte à un fait.

Aucun élément indépendant ne permet d’établir que les blocages ont été déterminants dans le scrutin. Un résultat électoral a mille causes, et la campagne numérique n’en est qu’une parmi d’autres, impossible à isoler.

En France, le constat est le même. L’efficacité réelle de la campagne reste impossible à mesurer précisément à ce stade. Aucun chiffre indépendant ne confirme une baisse générale de l’audience des personnalités visées.

Voilà donc la réponse à la question posée : la méthode est simple, très partagée, mais son impact n’est pas démontré. Chacun peut bloquer qui il veut, sans savoir si cela change quoi que ce soit pour les comptes visés.

Autre limite : un blocage reste une démarche individuelle. Il agit sur ce que voit celui qui bloque, et la campagne mise sur l’effet cumulé de milliers de gestes identiques. Mais cet effet reste, pour l’instant, une hypothèse.

2027 en ligne de mire : le nouveau front des réseaux sociaux

À quelques mois de l’élection présidentielle française de 2027, cette initiative ouvre un nouveau front dans la bataille politique, qui se joue désormais sur les réseaux sociaux. Les discussions en ligne montrent déjà une forte polarisation.

Sous les messages de la campagne, les réactions sont très tranchées. Certains y voient un moyen légitime de ne plus nourrir des discours qu’ils rejettent, et espèrent un effet similaire à celui du Brésil. D’autres raillent des militants qui se prendraient pour des héros en bloquant des comptes, ou dénoncent une forme de censure.

Le débat s’est vite déplacé vers l’idéologie, avec des échanges souvent très virulents entre partisans de gauche et de droite. Il est révélateur d’un climat où chaque camp se renvoie la responsabilité de la polarisation. À gauche, des figures comme Clémence Guetté, qui parle d’« extrême droitisation » de la société, nourrissent ce vocabulaire.

La campagne reste aussi un sujet de friction à cause de ses cibles élargies. Inclure des médias comme CNews ou BFMTV, ou des responsables comme Retailleau et Attal, change la nature du geste, qui ne vise plus seulement l’extrême droite.

On attend désormais de voir si le mouvement durera ou retombera. Les élus locaux sont eux aussi souvent au cœur des polémiques en ligne, comme dans le cas de Bally Bagayoko filmé lors d’un blocage de lycée, signe que chaque image devient vite un enjeu politique.

Bloquer pour ne pas amplifier : la méthode est simple, virale et sans preuve d’efficacité. Reste à voir si elle pèsera vraiment sur 2027, ou si elle ne fera que de plus en plus de bruit en ligne.

Et si vous pensiez que les rumeurs en ligne n’avaient aucun effet, la théorie qui circule sur Céline Dion à Paris va vous faire réfléchir. Quant à ceux qui préfèrent la nostalgie aux polémiques, ce catalogue de jouets que tout le monde attendait comme Noël cache une histoire que beaucoup ont oubliée.

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