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Deux Alfa Romeo oubliées depuis 1990 dans une ferme : leur propriétaire n’a jamais pu les démonter

Publié par Elsa Lepic le 07 Nov 2026 à 8:30
Deux coupés poussiéreux dans une grange éclairée par un rayon de soleil

Une porte coulissante qui grince, un hangar saturé de poussière, et soudain deux silhouettes italiennes qui émergent de la pénombre. Dans le Suffolk, à l’est de l’Angleterre, deux Alfa Romeo Alfetta GTV n’ont pas bougé depuis 1990. Mais le plus surprenant n’est pas leur état : c’est la raison pour laquelle leur propriétaire ne les a jamais démontées.

Un fermier, un hangar fermé depuis 1990 et une caméra qui entre enfin

La scène a été filmée par Jonny Smith, journaliste et youtubeur britannique à la tête de la chaîne The Late Brake Show. Il est venu raconter l’histoire de Robert, fermier de son état, ancien pilote amateur par passion. Dans l’un de ses bâtiments agricoles, celui-ci garde au sec un duo de sportives que plus personne n’attendait.

Le principe du « barn find » fait toujours son petit effet. On ouvre une grange, on découvre une voiture oubliée, et l’imagination s’emballe. Ici, la lumière du jour frappe des carrosseries qui n’avaient plus rien vu depuis plus de trente-cinq ans.

Ce genre de découverte rappelle d’autres trésors endormis. On pense à ce couple qui gardait une voiture sans savoir qu’elle valait une fortune après 47 ans dans un sous-sol. Sauf qu’ici, l’histoire ne tient pas dans une cote, mais dans un homme.

Robert n’est pas un collectionneur au sens classique. Il a mené longtemps une double vie rythmée par les saisons : agriculteur la semaine, pilote amateur le week-end sur les circuits britanniques. Ses premières armes en compétition, il les a faites au volant d’Alfa Romeo.

Il est ensuite passé sur des Honda CRX, tout en restant attaché à l’univers des paddocks. Voilà pour le décor. Reste à comprendre comment deux coupés de sport ont fini par s’endormir sur le béton d’une ferme.

150 £, un fourgon et une épouse propriétaire sur le papier

Quand on court en amateur, on apprend vite une règle : la mécanique coûte cher, alors on stocke. Pièces détachées, moteurs, voitures « donneuses »… Robert a fait comme beaucoup de pilotes privés pour garder ses autos de course en état.

C’est dans cette logique que les deux Alfetta GTV seraient arrivées à la ferme. L’une aurait été achetée à un ferrailleur pour 150 £, soit environ 175 €, puis livrée à l’arrière d’un fourgon. Une somme dérisoire pour un coupé signé Giugiaro.

L’autre aurait été ramenée par la route depuis Leicester. Détail amusant : l’épouse de Robert en serait la propriétaire officielle. Les deux autos ont donc une histoire de papiers aussi singulière que leur parcours.

Ce fermier n’est pas un nostalgique du passé. Aujourd’hui, il passe une bonne partie de son temps à réparer des véhicules électriques accidentés et roule lui-même en Renault électrique. Le contraste est total avec ses deux italiennes à moteur bialbero, héritage d’une époque où l’on cherchait avant tout des sensations mécaniques.

Et ce goût du bricolage éclaire la suite. Pour une autre histoire de machine rescapée d’un abri oublié, on peut jeter un œil à cette Porsche 911 retrouvée sous un sapin après 31 ans. Mais revenons à Robert, car il a fini par avouer le fond de sa pensée.

Selon Motor16, il reconnaît avoir acheté ces Alfa comme « banque d’organes », c’est-à-dire pour les démonter et récupérer leurs pièces. Puis il aurait jugé qu’elles étaient trop belles pour être dépouillées. Voilà pourquoi elles sont encore entières.

Rouille de surface, pneus à plat : dans quel état sont vraiment ces coupés ?

Caisses de pièces détachées près d'une aile rouillée de voiture ancienne

Il y a des histoires comme celle-ci en Suisse aussi : une Porsche 356 oubliée 45 ans dans une grange a fini aux enchères. Pour nos deux Alfa, le verdict visuel est plus rassurant qu’on ne l’imagine. Elles reposent sur le béton, pneus à plat, sous une épaisse couche de poussière.

Quand Jonny Smith filme, la lumière révèle surtout de la rouille de surface. Les deux voitures semblent complètes, encore entières dans leurs grandes lignes. Aucune n’a été sacrifiée pour nourrir l’autre.

Attention toutefois à ne pas s’emballer. Autoblog rappelle qu’après une si longue immobilisation, il est impossible de savoir quels travaux seraient nécessaires avant un retour sur route sans démontage mécanique approfondi. Un moteur qui dort trente-cinq ans ne se réveille pas d’un tour de clé.

Reste la question du modèle lui-même. L’Alfetta GTV, présentée en 1974 sous le nom d’Alfetta GT, est née sous le crayon de Giorgetto Giugiaro. Sa ligne est tendue et son grand hayon arrière la rend reconnaissable entre mille.

Sous la carrosserie, l’architecture était raffinée pour l’époque : moteur longitudinal à l’avant et transmission de type transaxle, avec boîte de vitesses et différentiel regroupés à l’arrière. L’idée : mieux répartir les masses. Les premières versions recevaient le fameux quatre-cylindres bialbero, avant l’arrivée des variantes 1.6 et 2.0, puis de la GTV6 et de son V6 Busso.

La cylindrée exacte des deux coupés du Suffolk n’est pas confirmée, faute d’informations précises. Ce flou ajoute au mystère. Et il reste à savoir ce que ces voitures représentent vraiment.

Ce que ces deux Alfa racontent, et ce qui reste à écrire

Au-delà de leur état, l’intérêt de ces autos tient à ce qu’elles disent de la culture automobile britannique. Autoblog souligne que beaucoup de voitures de course, ou proches de la compétition, finissent stockées pendant des décennies chez d’anciens pilotes, mécaniciens ou collectionneurs. Loin des radars du marché.

Leur valeur ne se résume donc pas à une cote. Elle tient aussi aux archives, aux caisses de pièces posées à côté et aux souvenirs du propriétaire, qui permettent de reconstituer une trajectoire complète. Un peu comme dans ce hangar où un homme cache 120 Citroën presque neuves depuis 1938.

Et maintenant ? Le récit ne dit pas si un véritable projet de restauration sera lancé, ni quelle sera la destinée des coupés. Aucune décision, aucun calendrier, aucun prix de vente n’est annoncé.

On ne sait pas non plus si elles reprendront la route un jour. D’autres propriétaires ont fini par sauter le pas : c’est le cas de Lewis Hamilton, dont la Ferrari F40 dormait depuis 30 ans dans un garage. Pour Robert, la balle reste dans son camp.

Reste cette image forte : deux italiennes figées depuis 1990, qui viennent de retrouver le soleil pour la première fois depuis plus de trente ans. Une fois sorties, qui décidera de leur sort ? Peut-être celui qui n’a jamais eu le cœur de les démonter.

Parfois, ne rien faire est la plus belle façon de sauver une voiture. Et si vous pensiez qu’oublier une auto rendait toujours riche, le sort de cette McLaren F1 vendue 1,1 million d’euros risque de vous donner des sueurs froides. Et pour changer complètement d’ambiance, ce propriétaire d’Aston Martin Valkyrie parti faire ses courses a choisi un drôle de chariot.

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