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« Tous les progrès, c’est avec la violence » : deux jeunes femmes défendent ACAB et la violence anti-police

Publié par Elodie le 16 Oct 2026 à 14:46
« On n'a pas le choix » : deux jeunes femmes défendent la violence contre la police devant une caméra

Une manifestation, un téléphone qui filme, une question simple sur un slogan que beaucoup connaissent. Mais les réponses recueillies dans une vidéo postée sur Instagram ont déclenché une vague de réactions. Deux jeunes femmes y défendent sans détour un acronyme sulfureux et la violence qui l’accompagne. Leurs mots exacts, et la réaction du public, expliquent pourquoi la séquence circule autant.

Une question posée en pleine manifestation, une vidéo qui circule

Tout part d’une publication du collectif « Je soutiens ma police » sur son compte Instagram. La vidéo a été tournée lors d’une manifestation, et la personne qui filme interroge deux jeunes femmes sur le slogan ACAB.

Derrière ces quatre lettres se cache la formule anglaise All cops are bastards, soit « tous les flics sont des bâtards ». Un slogan fréquent dans certains cortèges, et qui provoque régulièrement des débats sur la place publique.

Le format est brut : pas de mise en scène apparente, une question directe, des réponses cash. C’est cette spontanéité qui nourrit le partage de la séquence. Le contexte compte aussi, car le collectif qui publie se présente comme un soutien aux forces de l’ordre. Le choix de diffuser ces propos n’a donc rien de neutre. Les scènes de tension observées près du métro Duroc montrent à quel point le sujet reste sensible.

Reste à savoir ce que ces deux jeunes femmes ont réellement dit, mot pour mot.

Ce que les deux jeunes femmes ont dit mot pour mot

La première n’hésite pas : « Je comprends totalement la phrase et c’est quelque chose avec lequel je suis totalement d’accord. » Elle poursuit en relativisant la portée de cette violence : « La violence que nous on peut faire, c’est vraiment rien. On a des petites mains, des petites jambes. »

Elle précise ensuite ce qu’elle met derrière le mot. Selon elle, cela peut être lancer des cailloux ou lancer des bouteilles de verre. Des exemples qu’elle cite elle-même, sans détour.

La seconde jeune femme élargit le propos à l’histoire : « Tous les progrès que l’on a eu dans notre société, c’est avec la violence aussi, même si elle n’est pas bien. On n’a pas le choix en vrai. »

Elle reconnaît donc que cette violence « n’est pas bien », tout en la jugeant inévitable. Ces déclarations n’engagent qu’elles, et la source ne précise ni leur identité ni leur appartenance à un mouvement. Sur un registre voisin, la polémique autour de cette déclaration de la mère de Nahel a montré combien les mots peuvent enflammer.

Mais c’est dans les commentaires que la séquence a pris une autre dimension.

Sous la vidéo, des commentaires qui ne font pas dans la nuance

Smartphone posé sur une barrière métallique devant une rue de manifestation floue

Avant même de parler des réactions, un rappel s’impose : les violences entre jeunes manifestants et forces de l’ordre alimentent depuis des mois un climat très tendu. La vidéo tombe dans ce contexte.

Les internautes n’ont pas mâché leurs mots. L’un d’eux s’interroge : « Mais comment on peut être aussi débile ? » Il imagine le jour où elles se feraient agresser, et lance qu’elles verraient alors « si la violence est un progrès social ».

Un autre commentaire vise directement l’une des jeunes femmes. Il l’invite à parler le jour où sa voiture ou son commerce seront dévastés par une bande de jeunes. L’argument est celui de la victime potentielle : ceux qui banalisent la violence pourraient un jour la subir.

Ces réactions, souvent très dures et parfois insultantes, relèvent de l’opinion de leurs auteurs. Elles montrent surtout un fossé : d’un côté, des jeunes qui assument l’idée d’un rapport de force ; de l’autre, des internautes pour qui la violence ne peut jamais être un levier légitime. Les blocus qui ont fermé des centaines de lycées rappellent que ce fossé dépasse le cadre d’une simple vidéo.

Aucun élément de la source ne permet de dire si ces deux jeunes femmes représentent un courant plus large.

Une séquence de quelques secondes, donc, qui résume une fracture entière : celle d’une génération qui revendique le rapport de force et d’un public qui n’y voit qu’un danger. Entre slogan et passage à l’acte, la frontière reste au cœur du débat, et c’est ce qui rend la vidéo si inflammable.

Et si vous vous demandez comment ces tensions se traduisent concrètement dans la rue, ce que redoutait le préfet de police de Paris avant la manifestation du 13 octobre donne un aperçu saisissant. Quant à ceux qui y ont laissé des plumes, l’histoire de cet adolescent de Bobigny pose une tout autre question.

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