Gerblé, Bjorg, skyr, pain de mie : ces 45 biscuits « sains » sont tous ultra-transformés, selon 60 Millions

Vous avez peut-être déjà glissé un paquet de biscuits « diététiques » dans votre caddie en vous disant que vous faisiez un geste pour votre santé. Sauf que 60 Millions de consommateurs vient de passer 16 catégories d’aliments au crible, et le constat est rude. Une marque réputée légère, un pain de mie à éviter, un laitage star : voici ce que révèle l’enquête.
Ces rayons où « aucun choix sain n’était possible »
Les chiffres font peur. Les aliments ultra-transformés (AUT) seraient à l’origine de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2, et ils favoriseraient surpoids et obésité. Plusieurs études scientifiques évoquent même un lien avec l’apparition de cancers, notamment digestifs.
Pourtant, ils sont partout dans les rayons. C’est ce qui a poussé le magazine de défense des consommateurs à tirer la sonnette d’alarme, selon RMC, en consacrant l’intégralité de son hors-série de novembre-décembre 2026 à ce qu’il qualifie de « nouveau poison ».
Ce numéro détaille les risques pour la santé. Il dresse aussi la liste des principaux marqueurs d’ultra-transformation (MUT), ces ingrédients à repérer sur l’étiquette pour reconnaître un AUT. Un vrai mode d’emploi pour déchiffrer les emballages.
Mais l’enquête va plus loin. La rédaction a ciblé 16 catégories d’aliments que les Français achètent régulièrement en grande distribution. Dans chacune, plusieurs marques et plusieurs gammes ont été analysées : pour les skyrs, par exemple, les nature comme les aromatisés.
Le magazine s’attendait à trouver des produits « parfois ultratransformés, parfois non ». Sa conclusion est tout autre : « Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir que, dans certaines catégories, aucun choix sain n’était possible ! » Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’on démasque de faux aliments sains dans nos placards.
Reste à savoir quel produit du quotidien illustre le mieux ce piège. Et la réponse se trouve peut-être dans votre cuisine en ce moment.
Pain de mie et « hachés » : quand le produit ressemble à du vrai sans en être
L’exemple le plus frappant, selon l’enquête, c’est le pain de mie. En théorie, un pain tient en quelques ingrédients : farine, eau, sel, levure ou levain. Chez un artisan, c’est exactement ce que vous trouverez.
Côté industriel, c’est une autre histoire. Longue conservation, texture moelleuse : pour obtenir ces deux qualités, le recours aux marqueurs d’ultra-transformation serait inévitable. Sur les huit références étudiées, toutes en comportent au moins un. Une question que l’on retrouve quand des chercheurs jugent certains aliments plus proches des cigarettes que des fruits.
Un MUT revient dans les huit recettes : l’arôme naturel, qui « permet de standardiser le goût ». Le gluten de blé, utilisé comme adjuvant, arrive en deuxième position : sept références sur huit en contiennent. La palme du « moins pire » revient au pain de mie extra-moelleux de Lidl (Maître Jean Pierre), l’un des moins chers, qui n’affiche que ce seul marqueur.
À l’opposé, deux produits sont cloués au pilori : les pains de mie de la marque hard-discount de U (Prix Mini) et de Carrefour (Simpl). Ils contiennent des mono- et diglycérides d’acides gras (E471), des émulsifiants « qu’il est préférable d’éviter ».
Autre piège : les « hachés au bœuf ». Au rayon boucherie, on trouve de plus en plus de produits qui ressemblent à un steak pur bœuf sans en être un. Cherchez la mention « 100 % viande bovine » : sans elle, le haché pourrait n’en contenir qu’entre 75 et 80 %.
Le reste est comblé, entre autres, par des additifs. Un combo gagnant pour les industriels, car cela leur coûte moins cher, mais pas pour les enfants, souvent les premiers consommateurs. Le magazine cite notamment le « Happy Family » de Charal. Reste une marque qui, elle, se vend avec une image de sérieux nutritionnel, et elle a de quoi surprendre.

Gerblé et Bjorg : 45 références, zéro échappatoire
On sait déjà qu’un aliment ultra-transformé serait lié à des milliers de décès cardiovasculaires par an. C’est pourquoi la révélation suivante pèse lourd. Dans une partie de son enquête, 60 Millions ne vise pas une catégorie, mais directement deux marques : Bjorg et Gerblé.
Toutes deux ont joué la carte diététique sur leurs gammes de biscuits. Et sur le plan purement nutritionnel, leurs produits sont généralement meilleurs que ceux de LU, Saint-Michel ou Kinder. Le problème est ailleurs.
Le magazine a analysé 45 références des deux marques. Verdict : toutes sont ultra-transformées, à des degrés divers. Autrement dit, même en choisissant l’option réputée la plus raisonnable, vous n’échappez pas aux marqueurs.
Les écarts existent pourtant. Le Biscuit Nutri+ P’tit Nature de Bjorg n’affiche qu’un seul MUT, tout comme le Gerblé nature. Ce sont les « moins pires » du lot.
À l’autre bout, certains produits cumulent les ingrédients à éviter. Le record appartient au Moelleux chocolat noix de Gerblé, qui en compte pas moins de sept. Un biscuit qui passe pour un choix malin au rayon diététique, et dont l’étiquette raconte une tout autre histoire.
Faut-il alors tout jeter ? Pas forcément, car l’enquête ne se termine pas sur un constat noir.
Skyr nature, bon élève : ce qui sauve (un peu) le caddie
Finissons avec du positif, comme le fait le magazine. Quelques catégories comptent des produits sans aucun MUT, et le cas des skyrs est intéressant. Comme pour le pain de mie, la recette théorique est courte : du lait maigre et des ferments lactiques.
Cette fois, la règle est respectée pour les skyrs nature : tous ceux analysés sont sans aucun marqueur. Mais dès qu’ils sont aromatisés, ils « se muent en produits ultratransformés et en bombes glycémiques ». Le sucre ajouté est d’ailleurs au cœur d’un débat : un seuil de sucre pourrait décider quels produits coûteront plus cher.
Les plus mauvais élèves sont les skyrs à la framboise Carrefour Sensation et ceux à la noix de coco de Pâturages (Intermarché), qui comptent chacun plus de 4 MUT. Une exception notable : le skyr framboise de Siggi’s (Lactalis), seul aromatisé de l’étude à n’avoir aucun marqueur.
Le réflexe à retenir est simple : lire la liste des ingrédients, pas l’emballage. Moins il y en a, mieux c’est, et un bon score ailleurs n’est pas une exception rare, comme ce coulis de tomate à 1,50 € qui décroche une note que Yuka attribue presque jamais.
Les marques citées n’ont pas, dans la source consultée, réagi à ces conclusions. Le hors-série est disponible en kiosque ou en ligne.
Bref, « sain » sur l’emballage ne veut pas dire « simple » dans l’assiette : même le rayon diététique cache des listes d’ingrédients à rallonge. Et si votre corps pouvait vous dire ce que ces habitudes lui font, ce médecin dont le test affichait 74 ans à 49 ans vous dirait peut-être pourquoi tout change à l’étiquette. Quant à ce que cache le sommeil, cette habitude jugée pire que la malbouffe mérite aussi votre attention.