Elle commence à vapoter à 15 ans : à 22 ans, les médecins lui annoncent qu’il lui reste 18 mois à vivre

Kayley Boda a 22 ans. Elle vit à Manchester, en Angleterre. Et elle sait qu’il lui reste moins de deux ans à vivre. La raison ? Un cancer du poumon — une maladie que les médecins voient d’habitude chez des patients de 80 ans. Elle, elle a commencé à vapoter à 15 ans. Sept ans plus tard, sa vie bascule. Son témoignage, relayé par le journaliste Joe Harker, est en train de secouer le Royaume-Uni. Et il devrait secouer tout le monde.
Du mucus brun, puis du sang — et huit médecins qui n’y croient pas

Tout commence en janvier 2024. Kayley consomme alors environ une puff jetable de 600 bouffées par semaine. Un matin, elle tousse et crache une substance brune, épaisse, avec des « morceaux granuleux ». Elle ne s’inquiète pas tout de suite. Après tout, elle vapote beaucoup. Elle met ça sur le compte de la vape et passe à autre chose.
Mais les symptômes persistent. Kayley consulte son médecin. Puis un autre. Puis un autre encore. En tout, huit consultations médicales se soldent par le même diagnostic : une simple infection pulmonaire. On lui prescrit des antibiotiques. On lui dit de ne pas s’en faire. On la renvoie chez elle. Comme cette jeune femme de 24 ans refusée par son médecin parce qu’elle était « trop jeune » pour un cancer, Kayley se heurte à un mur.
Quand le mucus brun laisse place à du sang en mars 2025, les médecins ne peuvent plus détourner le regard. Une radio pulmonaire révèle une ombre suspecte sur son poumon droit. Mais même là, on la rassure : « Avec votre âge, on est sûrs à 99 % que ce n’est pas un cancer. Ne vous inquiétez pas. » Ce genre d’erreur de diagnostic peut coûter des années de vie. Pour Kayley, c’est exactement ce qui s’est passé.
« Quand ils m’ont annoncé le résultat, c’était surréaliste »
Les résultats tombent en août 2025. Cancer du poumon, stade 1. Kayley a 21 ans. « Quand on m’a dit que c’était un cancer du poumon, ça m’a semblé complètement surréaliste », raconte-t-elle. « Avant le diagnostic, j’étais très naïve. Je pensais que ce genre de chose ne pourrait jamais m’arriver. »

Les médecins interviennent chirurgicalement pour retirer le lobe inférieur de son poumon droit. Mais pendant l’opération, la réalité empire : on découvre des cellules cancéreuses dans six ganglions lymphatiques. Le cancer passe du stade 1 au stade 3. Kayley doit réapprendre à marcher après l’intervention. Elle ne peut plus respirer normalement. S’ensuit un traitement de chimiothérapie.
D’autres jeunes ont vécu des alertes similaires avec la vape. Un adolescent qui crachait du sang après avoir vapoté avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Et un jeune homme hospitalisé pour avoir vapoté « toutes les 10 secondes » avait décrit des symptômes terrifiants. Mais le cas de Kayley va encore plus loin. Parce que pour elle, le répit n’a duré que quelques semaines.
Guérie en février… rechute en avril

En février 2026, Kayley reçoit la nouvelle qu’elle attend depuis des mois : elle est déclarée en rémission. Le cancer a disparu. « C’était un sentiment incroyable », confie-t-elle. Pendant quelques semaines, elle recommence à vivre. À respirer — autant que son poumon amputé le lui permet.
Puis les douleurs thoraciques reviennent. Intenses. Profondes. Pas le genre qu’on peut ignorer. Deux mois après la rémission, le verdict tombe comme un coup de massue : le cancer est de retour. Il s’est installé dans la plèvre, la membrane qui enveloppe les poumons. Les médecins lui annoncent qu’il lui reste moins de deux ans à vivre.
Un cas « extrêmement rare », selon les oncologues. Une forme de cancer qu’on observe normalement chez des patients de 80 ans, pas chez une jeune femme de 22 ans. Des chercheurs ont récemment identifié un lien entre l’âge et la formation des tumeurs, mais le cas de Kayley défie toutes les statistiques habituelles.
Les puffs jetables, le tournant
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Kayley est catégorique : c’est la vape qui est responsable. Pas les médecins — même si leur aveuglement a retardé le diagnostic de plusieurs mois. La vape. Plus précisément, le passage des cigarettes électroniques rechargeables aux puffs jetables.
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« Quelques mois après être passée aux puffs jetables, j’ai commencé à cracher du mucus brun et granuleux », explique-t-elle. Il n’y a aucun antécédent de cancer du poumon dans sa famille. Les médecins reconnaissent ne pas savoir exactement ce qui a déclenché la maladie, mais confirment que le vapotage « n’a pas aidé ».
Une étude récente a d’ailleurs montré que vapoter serait nettement plus dangereux que fumer des cigarettes classiques. Et un nouvel effet néfaste de la cigarette électronique vient d’être mis en évidence par des chercheurs. Le problème est simple : on ne connaît pas encore tous les effets à long terme de ces produits. Et les premiers cobayes, ce sont les ados qui ont commencé à vapoter il y a sept ou huit ans. La génération de Kayley.
En France, les puffs sont désormais interdites depuis fin 2024, justement pour protéger les plus jeunes. Mais au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays, elles restent facilement accessibles. Certains créateurs de contenu ont même trouvé des moyens de dissimuler des e-cigarettes dans des objets du quotidien, aggravant le phénomène chez les adolescents.
« Arrêtez la vape, parce qu’elle finira par vous rattraper »
Depuis son diagnostic, Kayley n’a pas touché une puff. Elle a aussi convaincu son compagnon d’arrêter. Sa mère aussi. Elle supplie ses amis de faire pareil. Son message est limpide : « Restez loin des vapes. Elles finiront par vous rattraper. »
Ce n’est pas la première fois qu’un témoignage de ce type émerge. Une autre jeune femme atteinte d’un cancer du poumon après six ans de vape avait lancé le même appel. Une ancienne accro au vapotage avait raconté le calvaire vécu pour décrocher. Et une adolescente avait fini aux urgences après quelques mois de vapotage intensif.
Ce qui rend l’histoire de Kayley différente, c’est la vitesse. Sept ans entre la première bouffée et un pronostic vital engagé. Huit médecins qui passent à côté. Un cancer qui revient deux mois après la rémission. À 22 ans.
Un dernier espoir en Allemagne
La famille de Kayley refuse de baisser les bras. Un essai clinique en Allemagne pourrait prolonger sa vie. Le traitement n’est pas disponible au Royaume-Uni. Il coûte cher. Très cher. Un appel aux dons a été lancé via GoFundMe pour financer le voyage et le protocole médical.
En attendant, Kayley continue de témoigner. Pas pour se plaindre. Pas pour accuser. Pour que d’autres comprennent, pendant qu’il est encore temps. Parce qu’à 15 ans, une puff, ça ressemble à rien. Un petit objet coloré qu’on se passe entre potes à la sortie du lycée. Quelques bouffées sucrées à la fraise ou à la mangue. Pas de cendrier, pas de fumée jaune, pas d’odeur sur les vêtements. Ça ne « ressemble » pas au danger.
Mais le danger est là. Des campagnes de sensibilisation tentent de le montrer. Les comparaisons visuelles entre vape et cigarette sont édifiantes. Et si, comme le recommandent certains médecins, vous avez le moindre doute sur un symptôme persistant, posez toujours cette question à votre médecin pour éviter les erreurs de diagnostic.
Kayley Boda a 22 ans. Elle devrait être en train de construire sa vie. Au lieu de ça, elle compte les mois qu’il lui reste. Et elle répète, inlassablement : « Arrêtez la vape. »