« Je pensais à une allergie au gel douche » : à 32 ans, cette éruption sur son pénis était un cancer en hausse de 20 %
Quand Patrick, 32 ans, remarque une éruption sur son pénis sous la douche, il pense immédiatement à une réaction à son nouveau gel douche. Pas de douleur, juste un aspect « qui ne collait pas ». Neuf mois plus tard, le verdict tombe : cancer pénien. Un cancer rare, méconnu de 90 % des hommes adultes — et dont le nombre de cas a bondi de 20 % en une décennie. Derrière cette histoire, un virus que 80 % des personnes sexuellement actives ont déjà contracté sans le savoir.

Une éruption banale, une crème, et des mois perdus
Patrick Meehan vit à Blackpool, en Angleterre, avec sa compagne Ruth et son beau-fils. En janvier 2021, il aperçoit des marques rouges sur le gland. « Ce n’était pas douloureux, mais ça n’avait pas l’air normal », raconte-t-il. Son médecin traitant lui prescrit une crème à base de corticoïdes. L’éruption disparaît en quelques jours.
Mais sous le prépuce, une petite bosse de la taille d’un pois persiste. Elle s’ulcère progressivement, prenant l’apparence d’une brûlure. Patrick, qui dirige un foyer pour adolescents placés, mène une vie « trépidante ». Il continue d’appliquer la crème sans s’inquiéter davantage. Ce n’est qu’en octobre 2021, neuf mois après les premiers signes, qu’il consulte enfin une clinique spécialisée en infections génitales.
Le médecin qui l’examine évoque alors un simple kyste. Une biopsie est réalisée. Six semaines s’écoulent encore avant que Patrick ne soit rappelé à l’hôpital. Le spécialiste prononce le mot qu’il n’avait jamais envisagé : cancer. Un symptôme qu’il avait ignoré pendant près d’un an venait de changer sa vie.
Un cancer dont personne ne parle — et pourtant en forte hausse
« Juste entendre le mot « cancer » m’a totalement assommé. Je ne pensais même pas que c’était possible », confie Patrick. Sa réaction illustre un problème massif : selon The Urology Foundation, seuls 10 % des hommes adultes ont déjà entendu parler du cancer du pénis. C’est le cancer masculin le plus méconnu.
À lire aussi
Pourtant, les chiffres sont en hausse. Le professeur Asif Muneer, chirurgien urologue au University College London Hospitals, confirme une augmentation de 20 % des diagnostics au cours de la dernière décennie au Royaume-Uni. Environ 770 nouveaux cas sont détectés chaque année outre-Manche, et 180 hommes en meurent annuellement. La maladie touche surtout les hommes de plus de 50 ans, mais des cas comme celui de Patrick montrent qu’aucune tranche d’âge n’est épargnée.
L’impact psychologique est dévastateur. Une enquête menée par l’association Orchid Fighting Male Cancer révèle que 22 % des patients atteints d’un cancer pénien ont envisagé de mettre fin à leurs jours. Un chiffre qui en dit long sur la détresse liée à cette maladie encore taboue, d’autant que d’autres témoignages glaçants ont émergé ces dernières années.
Le HPV, ce virus silencieux que presque tout le monde attrape
Pourquoi cette hausse ? La raison principale suspectée tient en trois lettres : HPV. Le papillomavirus humain est un virus extrêmement courant, transmis par contact peau à peau, souvent lors de rapports sexuels — vaginaux, anaux ou oraux.