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Un collégien de 15 ans tabassé au commissariat : l’IGS enquête

Publié par Anissa Duport-Levanti le 12 Juil 2013 à 10:55
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Le jeune homme de 15 ans fumait une cigarette roulée, ou peut-être un joint, devant son collège lorsque des policiers l’interpellent. À leur arrivée, un de ses amis crie « police » et l’adolescent s’empresse de jeter la « cigarette » depuis l’endroit où il est assis. « Levez-vous ! » ordonne la femme flic. « Pourquoi ? » réplique-t-il. Un autre officier sort alors sa matraque télescopique et emmène le garçon sous le porche, loin des regards indiscrets. « Pour qui tu te prends ? » aurait alors exhorté le policier. « Pour personne ». C’est là que les forces de l’ordre dépassent les bornes. « Il m’a serré le cou en me plaquant contre la porte » raconte le jeune homme. Son père montre alors une photo où on peut voir des marques violacées sur son cou. Mais l’adolescent ne se laisse pas faire et se comporte avec insolence « Je n’ai pas peur de toi » rétorque-il. « On va t’embarquer de toute manière » assure l’officier, avant de le jeter à l’arrière de la voiture.

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Déjà dans la voiture de police, la situation dérape. L’agent qui l’avait attrapé par la gorge lui assène 3 claques coup sur coup, ce à quoi l’adolescent rétorque « petit pédé« . Il reçoit comme réponse « Enculé, tu vas voir au commissariat« . Arrivé au poste de police, le garçon de 15 ans se débat, mais on le jette de force dans une cellule. Il s’assoit sur le banc, et c’est là que son véritable calvaire commence. Les policiers qui l’ont arrêté entrent, et on lui ordonne de se lever. « J’ai obéi » assure-t-il. Mais le premier coup de poing part et atteint sa mâchoire. « J’ai essayé de me défendre et de lui en mettre un aussi ». Un deuxième coup lui est décoché, dans l’oeil cette fois. « Je suis retombé, assis sur le banc. » Un officier le saisit et l’immobilise, pendant que le policier le plus violent recommence à frapper. « Il m’a balancé deux coups de pieds dans le coude, alors que l’autre me bloquait avec la clef de bras. » Son bras est cassé. On lui remet les menottes malgré sa blessure et un dernier coup de pied dans les parties lui est asséné. Pendant tout ce temps, les autres policiers du poste n’ont pas levé le petit doigt.

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Ses parents sont finalement prévenus, car le garçon est mineur. C’est sa mère qui se déplace. « Elle a attendu trois heures sur un banc. Je ne savais même pas qu’elle était là. Finalement, ils lui ont dit de repartir et qu’elle serait prévenue quand la garde à vue serait terminée« . Lorsque sa mise en garde à vue lui est enfin signifiée, le jeune homme demande à voir avocat et médecin. Le premier raconte « J’ai découvert l’adolescent complètement hagard. Il avait la bouche tordue à cause d’un coup et il se tenait le bras. Il parlait sur un ton monocorde, on voyait qu’il était choqué« . Le lendemain, on l’emmène voir le médecin de la police. Ce dernier le contrôle positif au THC, mais passe à côté de la fracture et lui assure seulement que « ça passera ». Il conclut à 3 jours d’ITT (Incapacité Totale de Travail) comme le prouve un document auquel StreetPress a eu accès. Pourtant, à l’hôpital après sa sortie, on se prononce sur 45 jours d’ITT… Alors, médecin complice ?

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Selon son père, « en public il fait son fier. A 15 ans c’est normal ! », mais son comportement change du tout au tout en privé. « Il pleure la nuit et il me demande ‘papa, pourquoi moi ?’« . « Depuis ça, il ne va plus en cours » déplore son père, hors de lui depuis qu’il a appris ce qui est arrivé à son fils et surtout les circonstances dans lesquelles cela s’est déroulé. « On ne peut pas laisser passer ça » exhorte-t-il. Il a déposé plainte contre X pour « coups et blessures volontaires en réunion (…) par des personnes dépositaires de l’autorité publique, sur mineur de quinze ans. » L’IGS (La police des polices) a ouvert une enquête pour mettre la situation au clair et mener les coupables devant la justice.

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Un acte de brutalité policière qui décrédibilise l’ensemble de la profession, et participe à la « haine des flics » qui se généralise dans la société… Un tel manquement à sa fonction, qui est avant tout de protéger les citoyens, doit être sévèrement punie afin que ce genre de comportements indignes d’un état de droit ne se produisent plus, et que certains policiers (heureusement ultra-minoritaires) cessent de se croire au dessus des lois.

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SOURCE : STREETPRESS