Il asperge le chien de ses voisins de produits inflammables parce qu’il aboie trop
Seul à la barre, l’homme a évoqué des aboiements incessants et des nuisances qui l’ont mis hors de lui.
Un conflit qui vire au drame. Les nuisances sonores sont le cauchemar des propriétaires et locataires. Discussions trop animées, bruits de pas excessifs ou aboiements, il en faut peu pour que les tensions se créent entre voisins. Des tensions si fortes qu’elles mènent parfois les protagonistes devant la justice, les obligeant à refaire le film et à exposer les raisons du geste de trop.
Il asperge le chien des voisins de produits inflammables
À Vire-Normandie, un homme a commis l’irréparable. Selon ses dires, son geste serait la conséquence de semaines de supplice. Face au juge, l’homme rapporte des aboiements constants qu’il signale aux maîtres des trois chiens, ses voisins du dessous.
Excédé, il se procure un produit inflammable dont il asperge la chienne de ses voisins depuis son balcon. Tina, la croisée dogue argentin, finit grièvement blessée. Elle sera euthanasiée pour abréger ses souffrances.
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L’affaire est portée au tribunal où l’auteur de l’agression est sommé de s’expliquer. Il se plaint des aboiements incessants des trois chiens de l’appartement du dessous. C’est d’ailleurs ces aboiements qui l’ont poussé à s’en prendre à Tina, selon ses dires. Or les propriétaires affirment qu’il a « provoqué les chiens avant de les exciter ». Lui, nie avoir été présent ce jour-là. « C’était devenu insoutenable, ce jour-là je suis parti tellement j’en avais marre », déclare-t-il à la barre.
Une altération du discernement
Ses affirmations sont en contradiction avec celles de sa fille qui, peu avant son passage à l’acte, a alerté les forces de l’ordre. Elle aurait alors évoqué l’intention de son père de « brûler » et « d’ébouillanter » les animaux. À leur arrivée, les gendarmes ne constatent aucun aboiement.
Une seconde alerte est lancée lorsque l’homme se procure des produits inflammables. Il passe à l’acte dans les heures qui suivent. Le renvoi de l’affaire a permis une expertise psychiatrique, dont les conclusions sont les suivantes : une altération du discernement, des troubles du discernement et des « hallucinations auditives », ainsi que des croyances erronées. Ces éléments sont entrés en compte au moment de la détermination de la peine.
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L’association de protection animale Stéphane Lamart s’est constituée partie civile dans l’affaire. Leur avocat dénonce : « Cela aurait pu être un banal conflit de voisinage. Un chien, ça peut aboyer, ça peut agacer à certains moments. Mais dans une société civilisée, on peut peut-être aller voir son voisin pour lui dire que ça pose un problème et essayer de trouver des solutions. »