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150 km/h en ville, 7 flashs en un jour : ce présentateur TV star risque quatre ans de prison

Publié par Elsa Lepic le 12 Mai 2026 à 8:30

Un présentateur star de l’automobile, trois hypercars à plusieurs millions d’euros, sept excès de vitesse en quelques heures… et un procès qui tourne au fiasco. L’affaire qui secoue le monde de l’auto en Suisse ressemble à un scénario de film d’action. Sauf que cette fois, la justice ne joue pas.

McLaren P1, Ferrari LaFerrari, SF90 Stradale : le trio infernal

L’histoire commence dans le canton de Lucerne, en Suisse. Un pays où la vitesse sur route n’est pas un sujet de plaisanterie. D’après l’acte d’accusation relayé par la presse suisse, Hamid Mossadegh — présentateur de l’émission automobile « Grip » sur RTL2 en Allemagne et youtubeur suivi par des centaines de milliers de passionnés — aurait enchaîné les infractions au volant de trois bolides d’exception.

McLaren P1 et Ferrari LaFerrari sur route suisse

Pas n’importe lesquels. Une McLaren P1, une Ferrari LaFerrari et une Ferrari SF90 Stradale. Trois modèles dont la valeur cumulée dépasse allègrement les cinq millions d’euros. Toutes appartenaient à une société de location locale. Le genre de garage où chaque clé de contact vaut le prix d’un appartement.

Selon les autorités, le quadragénaire allemand aurait été flashé à sept reprises en une seule journée. Sept. Pas sur une semaine, pas sur un mois. En quelques heures. Et les chiffres donnent le vertige.

140 km/h dans une zone à 60 : les infractions qui font froid dans le dos

Au volant de la McLaren P1, Hamid Mossadegh aurait roulé jusqu’à 55 km/h au-dessus de la limite autorisée. Un excès qui, en Suisse, est déjà qualifié de « délit de chauffard » et entraîne automatiquement des poursuites pénales. Mais ce n’était visiblement qu’un échauffement.

Radar de vitesse flashant sur route suisse de nuit

Les choses se corsent sérieusement avec la Ferrari LaFerrari. Le présentateur aurait été contrôlé à 140 km/h dans une zone limitée à 60. Plus du double de la vitesse autorisée. Puis, toujours en agglomération, il aurait atteint les 150 km/h. Pour rappel, en France comme en Suisse, rouler à cette allure en ville met en danger des piétons, des cyclistes, des enfants qui traversent. Le moindre obstacle devient un drame potentiel à cette vitesse.

Quant à la Ferrari SF90 Stradale, elle aurait été impliquée dans plusieurs autres grands excès de vitesse, dont un passage à plus de 200 km/h sur autoroute. En Suisse, la limite y est de 120 km/h. Soit un dépassement de 80 km/h, là encore largement au-delà du seuil qualifié de « mise en danger de la vie d’autrui ». On est très loin du cas de Claire Chazal et ses déboires avec le code de la route.

La justice suisse estime que le présentateur a volontairement enfreint des règles élémentaires de sécurité routière, en prenant le risque de provoquer un accident grave. Un qualificatif juridique lourd, qui change totalement l’échelle des sanctions possibles. Mais un détail troublant va encore aggraver son cas.

GoPro, enregistreur et script « LaFerrari » : les preuves qui accablent

Lors de leur enquête, les autorités suisses ont saisi du matériel dans les véhicules utilisés par Hamid Mossadegh. Deux caméras GoPro. Un enregistreur. Et surtout, un script intitulé « LaFerrari ». Autrement dit, tout laisse penser que ces excès de vitesse n’étaient pas des coups de sang spontanés, mais des séquences préparées et filmées.

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Pour un créateur de contenu automobile, filmer des hypercars en action est le cœur du métier. Des vidéos de supercars sur circuit ou sur route ouverte, c’est ce qui fait exploser les compteurs YouTube. Sauf que quand le « tournage » se déroule sur des routes publiques suisses, sans autorisation, à des vitesses mettant des vies en danger, la passion se transforme en infraction pénale caractérisée. Cela rappelle ce conducteur filmé à 300 km/h sur l’autoroute, sauf qu’ici, c’est une figure publique qui enchaîne les records.

Ce script retrouvé dans la voiture est un élément clé pour l’accusation. Il pourrait démontrer la préméditation, transformant ce qui aurait pu être plaidé comme une série d’imprudences en un acte délibéré. En droit suisse, la nuance change radicalement la peine encourue.

Absent au procès : la stratégie risquée du présentateur

Le procès devait se tenir fin avril 2026 devant le tribunal pénal de Lucerne. Problème : Hamid Mossadegh ne s’est tout simplement pas présenté à l’audience. Pas un mot, pas un avocat, pas d’excuse. Une absence qui a laissé la cour perplexe et qui risque de peser très lourd dans la balance.

Siège vide de l'accusé au tribunal de Lucerne

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la procédure déraille. En 2025, une tentative de procédure simplifiée — un accord négocié entre le parquet et la défense — avait déjà échoué. À l’époque, la peine envisagée était moins sévère. Mais le refus de coopérer du présentateur a fait grimper les enchères. Désormais, la justice suisse brandit une peine maximale de quatre ans de prison ferme.

Quatre ans. Pour des excès de vitesse. En France, une telle peine semblerait disproportionnée à beaucoup. Mais la Suisse applique une politique de tolérance zéro envers ce qu’elle appelle les « chauffards ». Depuis 2013, la loi Via Sicura permet la confiscation définitive du véhicule, des peines planchers et des sanctions pénales lourdes pour tout dépassement de 50 km/h en agglomération, 60 km/h hors agglomération ou 80 km/h sur autoroute. Hamid Mossadegh coche toutes les cases.

Un monde auto YouTube sous pression

L’affaire dépasse le cas individuel de Mossadegh. Elle pose une question que les créateurs automobiles évitent soigneusement : jusqu’où peut-on aller pour du contenu ? Les vidéos d’hypercars poussées à fond sur route ouverte cumulent des millions de vues. L’algorithme récompense le spectaculaire, et les marques de luxe ferment souvent les yeux tant que la visibilité suit.

Sauf que la réalité rattrape le business model. En Suisse, en Allemagne, et même en France, les autorités surveillent de plus en plus les réseaux sociaux à la recherche de preuves d’infractions routières. Poster une vidéo à 250 km/h, c’est littéralement fournir la preuve à charge aux enquêteurs. L’univers de la légende automobile fascine toujours autant, mais les règles du jeu ont changé.

Hamid Mossadegh, lui, attend quelque part en Allemagne que la justice suisse décide de son sort. S’il ne se présente pas au prochain rendez-vous judiciaire, un mandat d’arrêt international pourrait être émis. Le présentateur qui faisait rêver des millions de fans avec ses vidéos de supercars pourrait bien finir par découvrir un tout autre type d’institution : une prison helvétique. Et là-bas, aucune Ferrari ne peut vous en sortir.

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