Margot Robbie révèle pourquoi elle a insisté pour que la scène du Loup de Wall Street soit filmée nue

Quand Martin Scorsese vous propose gentiment un peignoir pour une scène de nu, la plupart des acteurs accepteraient sans broncher. Pas Margot Robbie. L’actrice australienne, alors quasi inconnue du grand public, a fait exactement l’inverse sur le tournage du Loup de Wall Street. Et ses raisons sont bien plus malines qu’on ne le croit.
Scorsese lui offre une porte de sortie, elle la claque

On est en 2013. Le Loup de Wall Street est en plein tournage. Margot Robbie, qui interprète Naomi — la deuxième femme de Jordan Belfort incarné par Leonardo DiCaprio — doit jouer une scène de séduction où son personnage apparaît entièrement nue. Martin Scorsese, réalisateur légendaire, lui glisse qu’elle peut enfiler un peignoir si elle n’est pas à l’aise.
La réponse de Robbie est sans appel. Dans le podcast Talking Pictures, elle explique : « Ce n’est pas ce que le personnage ferait dans cette scène. Tout l’enjeu, c’est qu’elle sort complètement nue. C’est la carte qu’elle joue. » Pas de fausse pudeur, pas d’hésitation. Pour elle, couvrir Naomi à ce moment-là aurait trahi le personnage.
Cette décision peut surprendre quand on sait que Robbie n’était alors qu’une jeune actrice australienne. Avant ce film, son plus grand rôle avait été un second rôle dans Il était temps (About Time) de Richard Curtis. Et côté notoriété, seuls les fans du soap opera australien Neighbours la connaissaient vraiment. Autant dire qu’elle avait tout à perdre en s’opposant à un monument comme Scorsese.
Elle a aussi réécrit une scène entière avec Scorsese et DiCaprio

Le refus du peignoir n’est pas un cas isolé. L’actrice a eu une influence directe sur d’autres moments clés du film, notamment la scène de rupture entre Jordan et Naomi. Dans la série A Life In Pictures des BAFTA, elle raconte que le script original était beaucoup plus simple.
« Ce qui était prévu dans le scénario, c’est que j’entrais dans son bureau et que je disais : je veux divorcer. C’est tout », explique-t-elle. La veille du tournage de cette séquence, Robbie, Scorsese et DiCaprio se sont enfermés dans une pièce jusqu’à trois heures du matin pour réécrire la scène. Ils se sont notamment appuyés sur la biographie de Jordan Belfort pour y ajouter une dernière scène intime entre les deux personnages avant la séparation.
« On a commencé à improviser, à rebondir sur les idées des uns et des autres. On était quelques mois dans le tournage à ce stade. Le ton était donné : c’était un peu le chaos organisé. Plus tu étais dingue, plus Marty adorait. Et plus tu avais de temps à l’écran », se souvient l’actrice. Cette anecdote montre à quel point Scorsese laissait une vraie liberté créative à son casting, même aux plus jeunes.
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La gifle qui a tout changé

Mais l’audace de Margot Robbie ne s’est pas manifestée seulement une fois embauchée. Elle a commencé dès l’audition finale. Dans son passage sur le podcast Talking Pictures, elle raconte un moment qui aurait pu tout faire basculer — dans un sens comme dans l’autre.
Face à DiCaprio, en pleine scène d’essai, une pensée lui traverse l’esprit : « Je pourrais embrasser Leonardo DiCaprio là, maintenant, et ce serait génial. J’ai trop hâte de raconter ça à mes amies. » Mais au lieu de l’embrasser, elle fait tout autre chose. « Et puis je me suis dit… non. Et je l’ai giflé en pleine face. »
Trois secondes de silence de mort. « Ça m’a paru durer une éternité », confie-t-elle. Puis l’éclat de rire. DiCaprio et Scorsese étaient morts de rire. « Ils m’ont dit : c’était génial. Et moi je pensais : je vais me faire arrêter, c’est clairement de la violence », plaisante-t-elle. Cette gifle spontanée lui a probablement valu le rôle. Elle montrait exactement ce que Scorsese cherchait : quelqu’un capable de surprendre, de prendre des risques, de ne pas se laisser impressionner par la salle.
D’inconnue à star mondiale grâce à un seul rôle

Il faut remettre les choses en perspective. En 2013, le casting du Loup de Wall Street est déjà impressionnant. Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Matthew McConaughey, Joanna Lumley, Jon Bernthal, le regretté Rob Reiner… Tous des noms que le public identifie immédiatement. Margot Robbie, elle, est une parfaite inconnue pour la quasi-totalité des spectateurs américains et européens.
Et pourtant, c’est son interprétation de Naomi qui va marquer les esprits. Son frère ne lui a d’ailleurs pas parlé pendant des mois après avoir vu certaines scènes du film — preuve que le résultat était aussi intense que ce qu’elle avait voulu. Le rôle l’a propulsée dans une autre dimension. En quelques années, elle est devenue l’une des actrices les plus bankables de Hollywood, avec des rôles dans Suicide Squad, Moi, Tonya, Once Upon a Time in Hollywood et bien sûr Barbie.
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Aujourd’hui, elle produit même ses propres projets. On la retrouve derrière l’adaptation des Sims au cinéma, preuve qu’elle ne se contente plus de jouer : elle façonne l’industrie. Mais tout a commencé par un choix simple et courageux. Refuser un peignoir. Gifler DiCaprio. Et montrer à Scorsese qu’elle n’avait peur de rien.
Pourquoi cette anecdote résonne encore 13 ans après
Le Loup de Wall Street continue de fasciner de nouveaux spectateurs chaque année. Le film, sorti en 2013, reste l’un des plus discutés de la filmographie de Scorsese. Et les révélations de Robbie rappellent quelque chose d’important : les meilleures scènes ne sont pas toujours celles qui étaient prévues dans le script.
Dans une époque où les discussions sur le consentement et le confort des acteurs sur les plateaux sont (à juste titre) au centre de l’attention, le témoignage de Robbie apporte une nuance intéressante. Scorsese lui a offert le choix. Elle a choisi. Et c’est précisément cette liberté qui a donné naissance à certaines des scènes les plus mémorables du film. Nicole Kidman, de son côté, avait une approche bien différente pour gérer les scènes intimes à Hollywood.
Ce qui frappe aussi, c’est le culot d’une actrice de 23 ans face à deux titans du cinéma. DiCaprio était déjà une méga star. Scorsese, une légende vivante. Robbie aurait pu rester dans son coin, jouer ce qu’on lui demandait et repartir. Au lieu de ça, elle a remodelé son personnage, réécrit des scènes et giflé sa co-star. Le tout avec un aplomb qui force le respect.
La leçon est assez limpide. Parfois, c’est en refusant la solution de facilité qu’on se démarque. Le peignoir aurait été confortable. Mais Naomi n’aurait jamais été aussi iconique.