À Bobigny, 4 hommes jugés pour avoir imposé 40 passes par jour à une ado de 16 ans

En France, la prostitution des mineurs a bondi de 350 % entre 2017 et 2025. Derrière ce chiffre vertigineux, des histoires concrètes, des visages. Vendredi, quatre jeunes hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir exploité sexuellement une adolescente de 16 ans atteinte de TDAH. Ce qui s’est dit à la barre pendant six heures glace le sang.
Une ado de 16 ans atteinte de TDAH exploitée en Seine-Saint-Denis
L’affaire remonte à plusieurs mois. Quatre individus âgés de 20 à 22 ans, originaires d’Aulnay-sous-Bois et de Dugny, auraient recruté puis exploité une jeune fille souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. D’après l’accusation relayée par Le Parisien, la victime était déplacée à travers la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise, contrainte d’enchaîner les rendez-vous tarifés sans protection.
Jusqu’à 30 à 40 passes par jour. Un rythme que la mère de l’adolescente a qualifié d’« inhumain » à la barre. Le réseau fonctionnait via des annonces sur des plateformes pour adultes et des réservations hôtelières en cascade. Les mis en cause, eux, restaient sur place pendant les actes, surveillant les clients et encaissant directement les paiements. Une organisation rodée, méthodique, pensée pour passer sous les radars.
Mais comment quatre jeunes adultes sans casier judiciaire connu ont-ils pu bâtir un tel système sans être repérés plus tôt ?
Six heures d’audience et un mot de passe qui en dit long
Devant le président Youssef Badr, les quatre prévenus ont nié en bloc. Le premier, présenté comme l’organisateur principal, affirme ne même pas connaître l’adolescente — bien qu’il habite la même commune. Problème : ses relevés bancaires révèlent de multiples paiements de 25 euros sur une plateforme d’annonces pour adultes, ainsi que des réservations d’hôtels en série.
Détail accablant relevé par le tribunal : le mot de passe d’une annonce était « benefmax ». Sa défense ? « J’aime voyager. » Le deuxième prévenu, ancien petit ami de la victime au collège, est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire. Il invoque un conflit personnel avec la famille. Les deux derniers, dont l’un se présente comme éducateur de jeunes enfants, nient toute implication.
L’avocate de la partie civile a dénoncé une stratégie vieille comme le monde : « Leur argument, c’est de discréditer la victime. C’est ce que l’on dit quand on n’a pas d’autre argument. » La jeune fille, elle, n’a pas pu se présenter à l’audience.

Jusqu’à 6 ans de prison requis : le parquet frappe fort
L’exploitation de mineurs en France n’a jamais autant mobilisé la justice. La substitut du procureur a requis 6 ans d’emprisonnement et 5 000 euros d’amende contre le présumé chef du réseau. Pour les trois autres, les peines demandées s’échelonnent entre 3 et 5 ans ferme. Le délibéré était attendu dans la soirée.
La mère de la victime a livré des mots qui ont saisi la salle : « Ils l’ont brisée. Ils m’ont brisée, ainsi que toute ma famille. » Elle a qualifié les prévenus de « pédophiles », rappelant que sa fille n’avait que 16 ans au moment des faits.
Ce dossier illustre un phénomène national alarmant. Les réseaux de proxénétisme ciblant les mineurs se structurent désormais autour d’outils numériques — annonces en ligne, paiements dématérialisés, hôtels réservés à la chaîne. Les profils des exploiteurs, souvent sans antécédents, compliquent considérablement le travail des enquêteurs.
Trente à quarante passes par jour pour une ado de 16 ans. Si ces mots ne suffisent pas à nommer l’horreur, rien ne le fera. Reste une question : combien d’autres victimes, en ce moment même, subissent le même calvaire sans que personne ne regarde ?
- 19/05/2026 à 07:55Il faudrait que la justice frappe fort et mette ces "charmants" jeunes hommes en prison avec des élinquants sexuels, ce qui leur ferait les .... pieds aussi. Mais comme d'hab on va leur trouver des circonstances atténuantes genre contexte familial. En plus 30 à 40 passes par jour à minimum 25€/passe (1000€/j, 30000€/mois) on est loin des 5000 € d'amende.
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