Hagenbach : un enfant de 9 ans retrouvé nu dans une camionnette — ce que les gendarmes ont découvert glace le sang
Dans une commune paisible du Haut-Rhin, à quelques kilomètres de Mulhouse, un petit garçon de 9 ans vivait enfermé dans un utilitaire garé dans une cour. Nu, dénutri, incapable de marcher, il a été découvert lundi par les gendarmes sur un tas de déchets. Son père de 43 ans a reconnu les faits. La compagne de ce dernier est également mise en examen. L’affaire révèle des mois de calvaire silencieux, à deux pas de la mairie d’un village de 800 âmes.
Des « bruits d’enfant » qui alertent une voisine
Tout commence par un signalement. Une habitante de Hagenbach, commune située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Mulhouse, entend des bruits suspects provenant d’une camionnette stationnée dans une cour. Des sons qui ressemblent à ceux d’un enfant. Elle décide de prévenir les gendarmes.

En ouvrant le véhicule, les militaires tombent sur une scène difficile à décrire. Un garçon de 9 ans gît en position fœtale, nu, recouvert d’une simple couverture. Il repose sur un monticule de déchets, à proximité d’excréments. Son teint est pâle, son corps manifestement dénutri. Le procureur de la République Nicolas Heitz a précisé que l’enfant ne parvenait plus à marcher en raison de sa position assise prolongée dans l’habitacle.
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Immédiatement pris en charge par les pompiers, le petit garçon a été transporté à l’hôpital de Mulhouse. Une voisine, qui a requis l’anonymat, a raconté avoir vu la scène de ses propres yeux : « On a vu les pompiers le sortir, il était dans la couverture de survie. Je vois le visage du gamin depuis lundi, je dors à peine. » Elle s’était encore garée à côté de la camionnette quelques heures avant l’intervention. Ce témoignage rappelle d’autres cas de maltraitance d’enfants séquestrés qui ont défrayé la chronique ces dernières années.
Un père qui prétend avoir voulu « protéger » son fils
Entendu par les enquêteurs, le père, un électricien de 43 ans, a reconnu avoir séquestré et privé de soins son fils. Sa version des faits laisse perplexe : il affirme avoir enfermé l’enfant dans la camionnette à partir de novembre 2024, alors que le garçon avait 7 ans, « pour le protéger ». Selon lui, sa compagne, âgée de 37 ans, ne voulait plus de l’enfant dans l’appartement et souhaitait le faire interner en hôpital psychiatrique.
Le procureur a toutefois précisé qu’« aucun élément médical » n’avait étayé d’éventuels problèmes psychiatriques chez le garçon. La justification avancée par le père — enfermer son fils plutôt que de le laisser interner — ne repose donc sur aucun fondement clinique. L’homme vivait avec sa compagne et deux autres enfants, leurs filles respectives âgées de 12 et 10 ans, dans un appartement à l’étage d’un ancien corps de ferme découpé en plusieurs logements.
La sœur de la victime, une fillette de 12 ans, a expliqué vivre avec son père depuis quatre ou cinq ans, sa mère ayant des « difficultés d’ordre psychologique ». Un contexte familial éclaté, dans lequel cet enfant semble avoir été la variable sacrifiée. Cette situation n’est pas sans rappeler des affaires où des parents inventaient des prétextes médicaux pour justifier des traitements inhumains envers leurs enfants.
Les conditions de détention glaçantes
Le petit garçon a lui-même été victime de conditions de détention inhumaines.