Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« Intelligent, débrouillard et serviable » : un garçon de 12 ans meurt aspiré par la buse d’un jacuzzi en Italie

Publié par Cassandre le 05 Mai 2026 à 15:26
« Intelligent, débrouillard et serviable » : un garçon de 12 ans meurt aspiré par la buse d'un jacuzzi en Italie

Il était en vacances avec sa famille dans un hôtel haut de gamme sur la côte adriatique italienne. Matteo Brandimarti, 12 ans, est mort après avoir été piégé par le système d’aspiration d’un jacuzzi. Sa jambe, coincée dans une buse, l’a maintenu sous l’eau pendant de longues minutes. Aujourd’hui, ses proches réclament des poursuites pénales contre les responsables de l’établissement.

Une matinée qui bascule en quelques secondes

Buse d'aspiration d'un jacuzzi sous l'eau

Le 5 avril dernier, aux alentours de 10h30, Matteo profite du jacuzzi de l’hôtel Duca di Montefeltro, un établissement 4 étoiles situé dans la commune de Pennabilli, dans la province de Rimini. La fonction hydromassage est activée. Selon le quotidien britannique The Sun, sa jambe se retrouve alors aspirée par une buse du système de filtration.

Hôtel 4 étoiles en Italie province de Rimini

L’enfant reste coincé sous environ 80 centimètres d’eau. Cinq minutes s’écoulent avant que quelqu’un parvienne à le dégager. Cinq minutes sous l’eau pour un enfant de 12 ans. Le temps que les secours interviennent, le mal est déjà fait.

Matteo est évacué par hélicoptère vers un hôpital voisin et immédiatement placé sous assistance respiratoire. Mais quatre jours plus tard, le 9 avril, les médecins le déclarent en état de mort cérébrale. Ce type d’accident dans un espace aquatique n’est malheureusement pas un cas isolé.

Un gamin « plein de vie, aimé de tous »

Dans sa commune d’origine, la nouvelle a provoqué une onde de choc. La principale de son collège a tenu à rendre hommage à un élève qu’elle décrit comme « un garçon plein de vie, intéressé par tout et aimé de ses camarades ». Pas le genre de phrase toute faite qu’on sort par politesse. Ceux qui connaissaient Matteo insistent tous sur le même point : ce gosse rayonnait.

Bougies et fleurs en hommage à un élève disparu

Le prêtre de la paroisse locale va encore plus loin. Il évoque « un enfant intelligent, débrouillard, serviable, curieux et toujours présent », avant d’ajouter que « la mort de Matteo est une immense perte pour la communauté ». La presse italienne relaie ces témoignages avec émotion, décrivant un deuil qui dépasse largement le cercle familial.

D’autres familles de célébrités ou d’anonymes ont vécu des drames similaires impliquant la perte d’un enfant, et chaque cas rappelle à quel point ces tragédies laissent des cicatrices indélébiles. Mais au-delà du chagrin, la famille de Matteo a choisi d’agir.

Un geste d’une dignité rare au milieu du chaos

Malgré l’horreur de la situation, les parents de Matteo ont pris une décision qui force le respect. Selon leur avocat, Umberto Gramenzi, les organes de l’enfant ont été donnés. Et pas à un seul receveur : six autres enfants ont pu bénéficier de ce don. Six vies sauvées ou transformées grâce à un acte posé dans le moment le plus sombre qu’un parent puisse traverser.

L’avocat de la famille souligne que ses clients « font preuve d’une grande dignité ». Une dignité qui contraste violemment avec ce que l’enquête commence à révéler sur les conditions de sécurité de l’hôtel. Car si la famille pleure, elle veut aussi des réponses.

Négligence grave : ce que pointe l’avocat de la famille

Pour Maître Gramenzi, il ne s’agit pas d’un simple accident malheureux. L’avocat pointe du doigt un possible dysfonctionnement du système d’aspiration du jacuzzi. Et ses mots sont sans ambiguïté : « Il s’agit d’un délit de négligence grave, dû à l’imprudence, au manque de compétence et au non-respect de la réglementation relative à l’exploitation de la piscine. »

Autrement dit, selon la défense de la famille, quelqu’un — ou plusieurs personnes — n’a pas fait son travail. Le système d’aspiration d’un jacuzzi est censé être équipé de protections empêchant précisément ce type de piégeage. Des normes existent. La question centrale est simple : ont-elles été respectées dans cet hôtel 4 étoiles ?

Des drames liés à des défaillances techniques d’équipements font régulièrement surface dans l’actualité. Comme cette employée morte coincée dans un manège à Tokyo, ces affaires posent toujours la même question : qui contrôle, et à quelle fréquence ?

Trois personnes dans le viseur de la justice

L’enquête ne fait que commencer, mais elle avance. Selon le magazine People, une inspection du site a été programmée au 13 mai. Les enquêteurs doivent examiner l’installation dans ses moindres détails : état de la buse, puissance d’aspiration, conformité aux normes italiennes et européennes, maintenance effectuée — ou non.

La responsabilité de trois personnes est actuellement étudiée. Sans que leurs identités aient été révélées pour l’instant, on peut supposer qu’il s’agit du gestionnaire de l’hôtel, du responsable de la maintenance technique et possiblement d’un prestataire extérieur chargé de l’entretien des équipements aquatiques.

La famille de Matteo Brandimarti ne demande qu’une chose : « que les responsables soient pénalement poursuivis et punis pénalement ». Un doublement de termes qui trahit la colère froide de parents qui ont perdu leur fils dans un lieu censé être synonyme de détente et de vacances.

Un accident qui interroge sur la sécurité des espaces aquatiques

Ce drame relance un débat qui resurgit à chaque tragédie similaire. Les espaces aquatiques des hôtels — jacuzzis, piscines, spas — sont-ils suffisamment contrôlés ? En Europe, les réglementations varient d’un pays à l’autre. En France, les normes imposent des grilles anti-aspiration et des systèmes d’arrêt automatique. Mais qu’en est-il de leur application réelle sur le terrain ?

Car le mécanisme du drame est malheureusement bien connu des spécialistes. Un effet ventouse se crée lorsque le corps bloque la buse d’aspiration. La dépression générée peut atteindre plusieurs centaines de kilos de force. Un adulte aurait déjà du mal à s’en dégager. Pour un enfant de 12 ans, c’est presque impossible sans intervention extérieure rapide.

Chaque été, des accidents impliquant des enfants en vacances rappellent l’importance de la vigilance, même dans des établissements qui semblent irréprochables. Un hôtel 4 étoiles, une province italienne réputée, une famille en villégiature. Rien ne laissait présager que cette matinée d’avril serait la dernière pour Matteo.

Son histoire, aussi insoutenable soit-elle, pourrait au moins servir à renforcer les contrôles et à sauver d’autres enfants. C’est en tout cas ce qu’espère désormais sa famille, entre deuil et combat judiciaire.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *