Affaire Luc Besson : un ADN sur un sous-vêtement relance l’enquête en 2025

En 2018, l’actrice Sand Van Roy portait plainte pour viol contre le réalisateur Luc Besson. Après un non-lieu confirmé en appel, l’affaire semblait classée. Mais un rebondissement inattendu vient tout chambouler : des analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement de la plaignante pourraient constituer une charge nouvelle. Le parquet général de Paris demande désormais la réouverture des investigations. Audience prévue le 2 juin.
Luc Besson et Sand Van Roy : 7 ans d’une affaire jamais vraiment éteinte
Tout remonte au 18 mai 2018. Au lendemain d’un rendez-vous avec Luc Besson au Bristol, palace parisien, Sand Van Roy dépose plainte pour viol. Deux mois plus tard, elle dénonce d’autres viols et agressions sexuelles, commis selon elle pendant deux années de « relation d’emprise professionnelle » avec le réalisateur du Grand Bleu.
Le cinéaste, alors âgé de 59 ans, conteste formellement tous les faits. La justice lui donne raison à quatre reprises. En décembre 2021, un non-lieu est prononcé. En mai 2022, la chambre de l’instruction confirme cette décision en appel. Pour beaucoup, le dossier est clos. Sauf que la plaignante n’a jamais lâché l’affaire.
Pendant que certaines affaires médiatiques s’éteignent dans l’indifférence, celle-ci a continué de brûler en coulisses. Et ce qui a tout fait basculer tient dans un détail microscopique : de l’ADN retrouvé là où personne n’avait correctement cherché.
Un laboratoire néerlandais détecte l’ADN de Besson sur le sous-vêtement
Le 12 mai 2025, l’AFP révèle que le parquet général de la Cour d’appel de Paris a requis la réouverture des investigations. Le même jour, Mediapart dévoile le contenu précis des réquisitions. Et c’est costaud.
Le parquet évoque un « élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles ». En clair : des analyses ADN menées par un laboratoire néerlandais sur un sous-vêtement porté par Sand Van Roy le soir des faits dénoncés. Ses avocats affirment que « l’ADN du mis en cause a été formellement retrouvé sur la partie postérieure » du vêtement.
Surtout, ils pointent un manquement grave. Ce sous-vêtement n’aurait « jamais été expertisé de manière adéquate » au cours de l’enquête initiale. Un « fait matériel capital ignoré », selon la défense de la plaignante. L’ironie est cinglante : cette pièce à conviction existait depuis le début. Le même jour, à quelques centaines de kilomètres, le monde du spectacle vivait sur un tout autre rythme puisque le 79e Festival de Cannes ouvrait ses portes.

Audience le 2 juin : ce qui peut tout faire basculer pour le réalisateur
Les affaires judiciaires réputées closes réservent parfois des retournements spectaculaires. Celle de Luc Besson n’échappe pas à la règle. La chambre de l’instruction se réunira le 2 juin prochain pour décider si les analyses ADN justifient la reprise de l’information judiciaire.
Si la réouverture est ordonnée, un nouveau juge d’instruction pourrait être désigné. De nouveaux actes seraient possibles : auditions, confrontations, expertises complémentaires. Autrement dit, tout un pan de l’enquête pourrait repartir de zéro, sept ans après les faits allégués.
Du côté de la défense, le silence est calculé. Me Thierry Marembert, avocat de Luc Besson, refuse de commenter avant la décision de la chambre. Il rappelle simplement que « la justice s’est prononcée à quatre reprises et a toujours conclu à l’innocence » de son client. Le réalisateur de 67 ans n’a fait aucune déclaration publique.
Un sous-vêtement jamais correctement analysé, un laboratoire étranger qui détecte ce que l’enquête française avait manqué, et une audience qui pourrait tout relancer : dans cette affaire, la science médico-légale vient rappeler que les preuves matérielles ont parfois le dernier mot. Reste une question : pourquoi cette expertise n’a-t-elle pas été réalisée dès 2018 ?