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Périscolaire à Paris : une mère raconte le vi*l de sa fille de 3 ans

Publié par Elsa Fanjul le 08 Avr 2026 à 12:30

Sur le plateau de RTL, une mère de famille a livré un récit glaçant. Ses deux enfants, âgés de 3 et 4 ans, auraient subi des violences physiques et sexuelles sur le temps périscolaire, dans une école publique parisienne. Des faits qui se seraient déroulés entre octobre 2025 et janvier 2026, dans un silence institutionnel que la mère dénonce avec force.

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Des signaux d’alerte ignorés pendant des mois

Appelée « Sophie » pour préserver son anonymat, cette mère de famille a témoigné le 7 avril sur RTL, au micro de Marc-Olivier Fogiel. Tout commence à l’automne 2025. Ses deux enfants, scolarisés dans un établissement public parisien, changent brutalement de comportement. Crises nocturnes, colères inexpliquées, régressions : le petit garçon et la petite fille ne sont plus les mêmes.

« Ça a commencé en octobre, et c’est allé de mal en pis », raconte Sophie. Elle décrit des nuits chaotiques, des pipis au lit à répétition, des pyjamas changés trois fois entre le bain et le coucher. Son fils revient un jour de l’école avec la bouche gonflée, le visage méconnaissable. La mère se rend à l’établissement pour demander des explications.

En face, on minimise. « À cet âge-là, les petits garçons ça se bagarre », lui répondent les responsables de l’école. Sophie retourne pourtant une demi-douzaine de fois voir la directrice. Son fils finit par décrire une atmosphère de terreur : des enfants plus grands qui le poussent dans les escaliers, qui l’isolent dans la cour.

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« Elle ne pouvait plus marcher tellement elle avait mal »

Pour sa fille de 3 ans, les signes sont encore plus alarmants. « Plusieurs fois, en allant la chercher à l’école, elle ne pouvait plus marcher tellement elle avait mal aux parties intimes », confie Sophie. La nuit, l’enfant se réveille en hurlant, parfois dix fois. Des terreurs permanentes qui épuisent toute la famille.

Face à cette situation, la mère commence à douter d’elle-même. Elle se questionne sur son entourage, culpabilise, cherche une explication rationnelle. En janvier 2026, un pédiatre examine la petite fille et confirme un développement cognitif normal. Mais il pointe un problème « qui ne touche pas au sommeil ». Un signal de plus, sans réponse claire.

Cash Investigation : le déclic qui fait tout basculer

Le 29 janvier 2026, le reportage de Cash Investigation consacré à l’école Saint-Dominique agit comme un électrochoc. Les images diffusées montrent des violences verbales, des hurlements, des baisers forcés sur la bouche d’enfants par des adultes encadrants. Pour Sophie, c’est une déflagration.

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Couloir vide d'une école parisienne avec cartables d'enfants

« C’est comme si tout le puzzle se remettait en place d’un coup », témoigne-t-elle. Un détail la hante : depuis janvier, ses enfants lui demandaient chaque matin et chaque soir s’il y avait cantine ce jour-là. Une question anodine en apparence, qui prend soudain un sens terrifiant.

Le soir même de la diffusion, Sophie s’assoit avec ses deux enfants sur le canapé. Elle leur demande ce qu’il se passe à la cantine. « Ma petite fille m’a tout raconté, dont un viol », lâche la mère au micro de RTL. Une phrase prononcée d’une voix blanche qui résume des mois de souffrance invisible.

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Une omerta institutionnelle dénoncée

Ce qui révolte Sophie autant que les faits eux-mêmes, c’est la chaîne de silences qui les a rendus possibles. En fouillant, elle découvre que des signalements et des plaintes contre des animateurs existaient bien avant que ses propres enfants ne fréquentent l’école. Dès mai 2025, une plainte pour violence sexuelle avait été déposée contre des membres du personnel périscolaire.

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Ces alertes n’ont été suivies d’aucun effet concret. Les animateurs mis en cause sont restés en poste. Aucune mesure de protection n’a été mise en place pour les enfants. Sophie décrit une « violence systémique et institutionnelle » qui dépasse largement le cas de ses deux enfants.

Le lendemain de la diffusion du reportage, la mère de famille se retrouve face à des représentants de l’Éducation nationale et de la mairie de Paris. « Tout le monde se renvoie la balle », constate-t-elle amèrement. Pire : selon son témoignage, « l’association des parents d’élèves a été sommée par la mairie d’arrondissement de ne pas révéler ces faits ». Une accusation d’étouffement qui, si elle est avérée, pose la question de la complicité par le silence des institutions.

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78 animateurs suspendus à Paris depuis janvier

Le témoignage de Sophie s’inscrit dans un contexte explosif. Depuis le début de l’année 2026, la ville de Paris a suspendu pas moins de 78 animateurs intervenant sur le temps périscolaire. Parmi eux, 31 l’ont été pour suspicion de violences sexuelles. Des chiffres vertigineux qui révèlent l’ampleur d’un problème longtemps resté sous le radar.

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Le nouveau maire Emmanuel Grégoire a présenté la semaine dernière un plan d’action censé lutter contre ces violences. Recrutement, formation, contrôle des antécédents : les mesures annoncées se veulent ambitieuses. Reste à savoir si elles arriveront assez tôt pour les enfants déjà victimes, et si les responsabilités seront un jour établies clairement. Des questions que posent aussi d’autres affaires impliquant la protection des mineurs en France.

Les enfants de Sophie scolarisés ailleurs

Depuis ces révélations, Sophie a retiré ses deux enfants de l’établissement parisien. Ils sont désormais scolarisés dans une autre école, hors de la capitale. Un exil contraint pour tenter de reconstruire un semblant de normalité, alors que les traumatismes sont profonds.

La mère de famille appelle désormais à ce que chaque maillon de la chaîne — mairie, Éducation nationale, direction d’école — assume sa part de responsabilité. « Tous ces gens-là étaient au courant », martèle-t-elle. Un constat qui fait écho à d’autres scandales où la parole des victimes a mis des années à être entendue.

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L’école Saint-Dominique, malgré son nom, est bien un établissement public et laïc de la ville de Paris. Ce détail a son importance : il rappelle que les violences faites aux enfants ne sont pas l’apanage d’un type d’institution. Elles prospèrent partout où le silence remplace la vigilance.

Salon familial avec télévision éteinte et couvertures d'enfants

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