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Starbucks a été fondé par des profs de lettres qui détestaient le café à emporter

Publié par Cassandre le 27 Avr 2026 à 10:01

Tu commandes ton latte macchiato, tu donnes ton prénom à la caissière, tu repartes avec un gobelet griffonné. Ce rituel que des millions de personnes vivent chaque jour, les fondateurs de Starbucks l’auraient trouvé vulgaire. Et franchement, ils auraient détesté ce que leur marque est devenue.

Starbucks a été fondé par des profs de lettres qui détestaient le café à emporter

Trois profs de lettres, un torréfacteur et zéro gobelet en carton

Editorial press photograph illustrating: Starbucks a été fondé par des profs de lettres qui détestai

En 1971, Seattle. Trois amis décident d’ouvrir une boutique. Jerry Baldwin, Zev Siegl et Gordon Bowker ne sont pas des entrepreneurs dans l’âme : l’un enseigne l’anglais, l’autre est prof d’histoire, le troisième est… écrivain.

Leur obsession ? Le café de qualité. Pas celui qu’on boit debout dans un gobelet en carton. Celui qu’on achète en grains, qu’on torréfie soi-même, qu’on prépare avec soin à la maison.

Leur modèle, c’est Alfred Peet, un Néerlandais installé à Berkeley qui importait des grains d’exception et les torréfiait à l’ancienne. Les trois amis étaient tellement fans qu’ils lui ont demandé de les former. Peet a accepté, fourni les premiers grains, et voilà : Starbucks Coffee, Tea and Spices ouvre ses portes au Pike Place Market.

Le concept est radical dans sa simplicité : on vend des grains entiers, du thé en vrac, des épices. Pas une seule tasse préparée. Pas un seul siège. Juste une épicerie de passionnés qui veulent que les gens apprennent à faire du bon café chez eux.

Celui qui a tout changé… et qu’ils ont failli virer

En 1982, un commercial new-yorkais du nom de Howard Schultz débarque chez Starbucks comme directeur marketing. Il visite l’enseigne, goûte le café, et tombe amoureux de la marque.

Un an plus tard, il part en voyage en Italie. Et là, c’est la révélation. Il découvre les bar espresso milanais : des endroits où les gens se retrouvent, discutent debout au comptoir, boivent un expressos en trente secondes. L’atmosphère, la communauté, le rituel social. Il rentre à Seattle et va voir les fondateurs avec une idée : vendre des boissons préparées en boutique.

Réponse des trois associés : non. Hors de question. Ils ne veulent pas être un bar, ils veulent être un épicier de luxe. Schultz insiste. Ils refusent encore. Le torréfacteur de génie et les trois profs de lettres ne voient pas du tout la même chose dans une tasse de café.

Schultz finit par quitter Starbucks pour monter sa propre chaîne de cafés italianisants, qu’il appelle Il Giornale. Et ça marche. Très bien même.

Alors, en 1987, quand les fondateurs de Starbucks décident de vendre leur entreprise pour racheter leur mentor Peet’s Coffee, c’est Schultz qui les rachète. Avec Il Giornale, il acquiert Starbucks pour 3,8 millions de dollars et rebaptise toutes ses boutiques sous ce nom. Les trois fondateurs originaux n’ont plus rien à voir avec l’enseigne.

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Le détail que personne ne connaît sur le nom

Editorial press photograph illustrating: Starbucks a été fondé par des profs de lettres qui détestai

Tu t’es déjà demandé d’où venait le nom « Starbucks » ? Aucun lien avec les étoiles, la nuit, le cosmos ou quoi que ce soit de romantique lié au café.

Le nom vient du roman Moby Dick d’Herman Melville. Starbuck, c’est le premier matelot du capitaine Achab à bord du baleinier Pequod. Un personnage pragmatique, sérieux, fiable. Les fondateurs adoraient le livre et voulaient un nom qui évoque la mer, les ports de commerce, les vieux bateaux de pêche de la région de Seattle.

D’ailleurs, la sirène à deux queues du logo ? Elle vient d’une gravure nordique du XVe siècle, choisie pour la même raison maritime. La femme poisson originale était beaucoup plus… explicite. Elle a été pudiquement recadrée au fil des années pour ne montrer que son buste et ses queues de chaque côté.

Côté histoires de marques que personne ne connaît vraiment, Starbucks tient bien sa place. Et il n’est pas le seul : le destin de certaines marques mondiales est encore plus tordu.

Le truc qui va te faire voir ton café autrement

Editorial press photograph illustrating: Starbucks a été fondé par des profs de lettres qui détestai

Aujourd’hui, Starbucks tourne avec 36 000 boutiques dans 80 pays. C’est l’une des chaînes les plus rentables au monde, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 35 milliards de dollars.

Les trois fondateurs originaux avaient une vision : vendre du café d’exception à des gens qui allaient apprendre à le préparer sérieusement. Howard Schultz avait une autre vision : créer un « troisième lieu », entre la maison et le bureau, où les gens viendraient dépenser 6 euros pour un frappuccino avec leur prénom dessus.

Les fondateurs ont vendu pour 3,8 millions. La boîte vaut aujourd’hui autour de 100 milliards de dollars. Jerry Baldwin, lui, est reparti à Peet’s Coffee, la boutique de leur mentor originel. Il dirige toujours une petite chaîne artisanale de torréfaction qui ne sert toujours pas de boissons à emporter. Cohérent jusqu’au bout.

Pendant ce temps, d’autres fondateurs ont aussi bâti des empires à partir de rien — avec, parfois, encore moins de capital de départ. Et si tu veux d’autres anecdotes de ce genre sur des marques qu’on croit connaître, jette un œil à l’histoire de la semelle rouge Louboutin — c’est du même calibre.

La prochaine fois que tu donnes ton prénom au comptoir, tu pourras dire que la marque a été fondée par trois profs qui auraient détesté exactement ça. Et que le mec qui a tout changé a dû partir pour le faire. La vie est bien faite.

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