Abeilles sur la terrasse : 6 gestes pro pour les éloigner sans les tuer cet été
Elles débarquent dès le premier rayon de soleil, tournent autour du café, frôlent les verres de sirop. Les abeilles adorent votre terrasse autant que vous. Le problème, c’est que personne n’a envie de finir la main gonflée un dimanche midi. Mais les éliminer serait une catastrophe : elles pollinisent environ 75 % des cultures de fruits, légumes et graines dans le monde. Susan Hare, professionnelle certifiée de la gestion parasitaire qui observe chez elle des abeilles domestiques et 14 espèces sauvages, propose six gestes concrets pour les tenir à distance sans sacrifier la biodiversité du jardin.
Éloignez les pots fleuris des zones de vie

Le premier réflexe est le plus logique, et pourtant on n’y pense pas forcément. « Elles sont attirées par une source de fleurs facilement accessible et par un endroit où construire leurs nids », explique Susan Hare au média AOL. Sa recommandation : déplacer au maximum les pots, jardinières et massifs très fleuris loin des portes, fenêtres, terrasses et piscines.
Concrètement, les arbustes et vivaces ultra-mellifères comme le buddleia, l’échinacée, la ciboulette ou le chèvrefeuille grimpant gagnent à être plantés quelques mètres plus loin, vers le milieu ou le fond du terrain. Vous gardez un jardin magnifique, mais les butineuses n’ont plus de raison de squatter votre table.
Créez un couloir de fleurs bleues au fond du jardin
Les abeilles ne voient pas le monde comme nous. Leur vision privilégie le bleu, le violet et certains motifs ultraviolets, qui ressortent comme des balises lumineuses dans le paysage. L’astuce des jardiniers spécialistes des plantes mellifères, c’est de jouer là-dessus pour guider les abeilles vers le fond du terrain.
Installez des bandes de phacélie, de bourrache, de lavande ou d’asters bleus le long de vos haies. Ces fleurs à semer créent un véritable couloir de circulation mellifère loin de la maison. La bourrache, en particulier, se sème en mars ou avril en poquets de 3 ou 4 graines, recouvertes d’environ 1 cm de terre fine et espacées de 30 cm. En une dizaine de jours, les jeunes plants lèvent et attirent fortement abeilles et bourdons.
Bonus non négligeable : la bourrache se ressème souvent seule d’une année sur l’autre. Vous plantez une fois, vous êtes tranquille pour longtemps. Et si vous cherchez d’autres plantes pour dynamiser la vie sauvage de votre jardin, la nigelle de Damas est un festin pour les pollinisateurs.
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Inspectez et bouchez tous les trous autour de la maison

Voilà un geste qu’on néglige souvent, et qui change pourtant la donne. Susan Hare recommande d’inspecter l’extérieur de la maison tous les mois et de boucher immédiatement tout trou plus gros qu’une gomme de crayon. Autour des fenêtres, des portes, des sorties de tuyaux, sous les avant-toits : chaque cavité est une invitation pour une colonie.
« Je ne cherche pas seulement des abeilles et des guêpes, mais aussi des dégâts sur le bois, des moustiquaires abîmées, des robinets qui fuient et d’autres choses qui doivent être réparées », précise l’experte. Ce travail régulier limite les cavités attractives, y compris pour les abeilles charpentières, ces grosses abeilles solitaires capables de forer le bois des pergolas et des terrasses. D’ailleurs, si vous vous interrogez sur les règles liées à la biodiversité au jardin, mieux vaut anticiper.
Misez sur les répulsifs naturels : menthe poivrée et vinaigre blanc
Pas besoin de produits chimiques pour dissuader les butineuses de s’approcher des zones de vie. Un spray maison à base d’eau et de quelques gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée, appliqué sur les montants de porte, les garde-corps et les rebords de fenêtres, est mal toléré par beaucoup d’insectes.
Pour renforcer l’effet, préparez un mélange moitié eau, moitié vinaigre blanc. Vaporisez-le sur les surfaces dures autour de la terrasse et renouvelez l’opération après chaque pluie. C’est simple, économique et ça n’empoisonne personne. Si vous cherchez d’autres solutions naturelles contre les insectes, le pélargonium est aussi un allié redoutable contre les moustiques.
Supprimez les attractifs invisibles autour de la terrasse

On y pense rarement, mais les abeilles ne viennent pas que pour les fleurs. Les boissons sucrées laissées à découvert, les fruits tombés au sol près de la maison, un composteur collé au mur : tout ça les attire comme un aimant. Susan Hare conseille de ranger systématiquement les verres et assiettes sucrées après utilisation.
Quant aux points d’eau, les abeilles en ont besoin pour survivre. Mais plutôt que de les laisser boire dans la gamelle du chien ou la soucoupe des plantes sur la terrasse, placez un petit récipient peu profond, garni de galets, à proximité de vos massifs de fleurs bleues au fond du jardin. Les abeilles auront leur bar à eau, et vous garderez votre tranquillité. En parlant de biodiversité, découvrez aussi ce que la présence d’un hérisson révèle sur l’état de votre pelouse.
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Quand appeler un pro : le cas de l’essaim installé
Si malgré tout un essaim s’installe dans un mur, sous une toiture ou dans un volet roulant, là, on passe la main. Susan Hare est catégorique : en cas de colonie établie, il faut appeler un professionnel de la gestion parasitaire ou un apiculteur local. Eux seuls peuvent déplacer les abeilles en sécurité et traiter les cavités pour éviter un retour.
L’experte évoque notamment les abeilles charpentières, qu’elle surnomme « les B52 du monde des abeilles ». Ces insectes impressionnants peuvent nécessiter des réparations de bois après leur enlèvement, pour supprimer les galeries qui serviraient de refuge à d’autres individus. Si vous avez aussi des soucis avec les frelons asiatiques, un simple sac en papier kraft peut faire des miracles.
Un jardin vivant, une terrasse sereine : c’est possible
En combinant ces six gestes, on obtient un équilibre malin. Les fleurs bleues mellifères, la bourrache en bordure de verger, les corridors de phacélie ou de lavande assurent une ressource continue pour les pollinisateurs du printemps à l’automne. Pendant ce temps, la maison reste protégée grâce aux ouvertures colmatées et aux répulsifs naturels.
Résultat : le bourdonnement se concentre sur les massifs du fond du jardin, et vous profitez de votre terrasse sans stress. Et si vous voulez aller encore plus loin dans la préservation de la biodiversité, sachez que laisser pousser la pelouse en mai fait aussi une vraie différence. Parce qu’un jardin où tout cohabite, c’est quand même plus agréable qu’un jardin silencieux.