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Obsèques de Loana : ce geste des anciens lofteurs dans la cathédrale de Nice que personne n’attendait

Publié par Elsa Fanjul le 12 Avr 2026 à 7:13
Sortie du cercueil rose de Loana de la cathédrale Sainte-Réparate de Nice, avec son portrait porté par une proche lors des obsèques

Ce vendredi 10 avril 2026, la cathédrale Sainte-Réparate de Nice a accueilli plus de 400 personnes venues dire adieu à Loana. Parmi la foule, des visages que la France entière avait découverts en 2001 sur M6. Les anciens candidats de Loft Story n’ont pas seulement fait le déplacement : ils avaient préparé quelque chose de bien précis pour celle qui fut leur compagne d’aventure.

Un portrait de 2001 à l’entrée de la cathédrale

Dès les premières marches de la cathédrale Sainte-Réparate, le ton était donné. Les organisateurs avaient choisi d’afficher un portrait de Loana datant de l’époque de Loft Story, à l’entrée même de l’édifice. Pas une photo récente, pas un cliché officiel. Une image d’il y a vingt-cinq ans, quand la France entière s’était prise de passion pour cette jeune femme de vingt ans au sourire solaire.

Le cercueil rose de Loana porté par les pompes funèbres à la sortie de la cathédrale Sainte-Réparate de Nice, avec le portrait de la star tenu par sa mère Violette

Ce choix n’avait rien d’anodin. En plaçant cette photo de la Loana d’avant — celle que des millions de Français avaient adorée — les proches envoyaient un message clair : c’est cette femme-là qu’ils voulaient célébrer. Pas les galères, pas les gros titres, pas les années sombres.

La cérémonie était placée sous un thème rose et blanc, deux couleurs qui revenaient partout : dans les compositions florales, les vêtements de certains proches, l’atmosphère générale. Plus de 400 personnes avaient répondu présent, un chiffre qui témoigne de l’empreinte laissée par Loana bien au-delà du cercle télévisuel. Mais c’est un geste bien particulier, venu d’un petit groupe, qui a marqué les esprits.

Ce que les anciens lofteurs ont déposé dans la cathédrale

Steevy Boulay, Julie et Christophe Mercy étaient là, côté lofteurs. Des visages que les téléspectateurs de 2001 reconnaissent instantanément, vingt-cinq ans après cette émission qui avait bouleversé le paysage audiovisuel français. Ils n’étaient pas venus les mains vides.

Les anciens candidats avaient fait réaliser une imposante couronne de fleurs, composée de roses, de lys et de fleurs dans les tons blanc et rose. La composition a été installée bien en vue dans la cathédrale, accompagnée d’un petit message que les photographes du Parisien ont pu immortaliser.

Mindy, fille de Loana, cachée sous un parapluie noir lors des obsèques à Nice, aux côtés de proches en deuil

Sur le ruban, on pouvait lire : « Tes amis de l’aventure Loft Story ». Pas « tes anciens collègues ». Pas « les candidats de la saison 1 ». Le mot « amis » pesait lourd dans cette cathédrale. Il résumait à lui seul un quart de siècle de liens complexes, parfois distendus, mais jamais totalement rompus.

Au-delà des lofteurs, d’autres figures liées à cette aventure télévisuelle avaient fait le déplacement. Alexia Laroche-Joubert, qui avait produit l’émission, était présente. Celle dont Loana n’était d’ailleurs pas la candidate préférée à l’origine, avait tenu à être là jusqu’au bout. Benjamin Castaldi, l’animateur historique du programme, avait lui aussi rejoint Nice — un homme qui avait réagi avec une émotion brute à l’annonce du décès quelques jours plus tôt.

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Les mots de Steevy Boulay, entre chagrin et lucidité

En marge de la cérémonie, BFMTV a pu recueillir les confidences de Steevy Boulay. L’ancien lofteur, visiblement en détresse, n’a pas cherché à masquer l’ampleur de sa douleur. « J’ai beaucoup de chagrin. J’ai une peine qui est incommensurable. Elle est partie trop vite », a-t-il déclaré face caméra.

Steevy connaissait la souffrance de Loana mieux que quiconque. Celui qui lui avait proposé son aide à plusieurs reprises au fil des années a tenté de résumer en quelques mots un parcours qui défie toute simplification. « Elle a eu une vie faite de hauts extraordinaires et de bas déchirants. Je crois que c’est comme ça qu’on peut résumer la vie de Loana. »

Cette phrase, d’une justesse glaçante, condense tout ce que les Français ont vu de loin depuis deux décennies. Les hauts : la victoire dans le Loft, la « Loana mania », les couvertures de magazines, la célébrité fulgurante. Les bas : les addictions, les aveux terribles sur la drogue, les hospitalisations, les relations toxiques, la ruine financière.

« Désormais elle vit dans nos cœurs », a conclu Steevy. Des mots simples, presque convenus, mais prononcés par un homme qui avait vu de près ce que les autres n’apercevaient que dans les colonnes des magazines people. La question que personne n’a osé poser à voix haute flottait pourtant dans l’air de la cathédrale.

Un absent qui fait parler autant que les présents

Si la présence de Steevy, Julie et Christophe a été saluée, un nom circulait dans toutes les conversations : celui de Jean-Édouard. L’ancien lofteur, qui avait formé avec Loana l’un des premiers « couples » de la télé-réalité française, n’était pas à Nice ce vendredi. Une absence remarquée, que l’intéressé a justifiée publiquement.

Les relations entre les anciens candidats n’ont jamais été un long fleuve tranquille. Certains avaient même violemment pris à partie Alexia Laroche-Joubert en direct sur les réseaux, quelques mois plus tôt. Le Loft a créé des liens indéfectibles entre certains candidats, mais aussi des fractures que le temps n’a jamais vraiment réparées.

En revanche, la fille de Loana, Mindy, était bien présente à la cérémonie. Aperçue sous un parapluie noir, la jeune femme avec laquelle Loana entretenait une relation profondément compliquée a tenu à être présente malgré tout. Eryl Prayer, cet ami fidèle que Loana appelait à 3 heures du matin, était lui aussi en larmes dans l’assemblée.

Loft Story, 2001 : pourquoi la France entière s’était attachée à Loana

Pour comprendre l’ampleur de cette cérémonie — 400 personnes, une cathédrale, une couverture médiatique massive — il faut rembobiner jusqu’en avril 2001. M6 lance Loft Story, un concept totalement inédit en France. Pour la première fois, des caméras filment en continu le quotidien de jeunes inconnus enfermés dans une maison.

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Parmi eux, une blonde de vingt ans au physique généreux et à la personnalité solaire. Loana crève l’écran. Sa victoire déclenche un phénomène médiatique sans précédent : la « Loana mania ». Des milliers de fans, des Unes de magazines, des contrats publicitaires. La France découvre la télé-réalité et tombe amoureuse de sa première star.

Mais les circonstances glaçantes de sa mort, vingt-cinq ans plus tard, racontent une tout autre histoire. Celle d’une femme que la célébrité a exposée sans jamais la protéger. La maladie psychiatrique dont elle souffrait, les addictions, l’isolement progressif — tout cela s’est construit dans l’ombre de cette gloire initiale.

Vincent McDoom avait parlé de « non-assistance à personne en danger » après l’annonce du décès. Benjamin Castaldi avait reconnu que tous avaient, « à un moment, détourné les yeux ». La couronne de fleurs déposée par les lofteurs dans la cathédrale de Nice portait peut-être aussi ce poids-là : celui d’un hommage tardif, sincère, mais hanté par la question du « et si ».

Ce que cette cérémonie dit de la télé-réalité française

Vingt-cinq ans après la première saison de Loft Story, un retour de l’émission serait même en préparation. La coïncidence temporelle avec la disparition de Loana donne au projet une teinte particulière. Une série télévisée baptisée Culte, consacrée à l’aventure Loft Story, avait déjà été diffusée sur M6, prenant aujourd’hui une résonance bouleversante.

La mort de Loana à 48 ans, retrouvée sans vie dans son appartement, a relancé un débat qui n’a jamais vraiment été tranché en France : que doit-on aux gens qu’on propulse sous les projecteurs à vingt ans ? Sa mère Violette avait brisé le silence quelques jours plus tôt pour livrer sa version des faits.

Dans la cathédrale Sainte-Réparate, vendredi, ces questions sont restées implicites. Les 400 personnes présentes étaient là pour un au revoir, pas pour un procès. La couronne des lofteurs, avec son ruban « Tes amis de l’aventure Loft Story », restera comme l’image forte de cette journée. Un bouquet de roses et de lys pour une femme qui avait fait rêver la France — et dont la France, peut-être, n’avait pas assez pris soin.

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