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Après 70 ans, ce sentiment que 82 % des parents n’osent pas nommer

Publié par Killian le 20 Mai 2026 à 8:13
Chaise à bascule vide sur une terrasse ensoleillée

Vos enfants vont bien. Ils ont leur vie, leur boulot, leurs habitudes. Ils vous appellent, vous aiment, mais ne vous demandent plus rien. Ça devrait être une victoire. Pourtant, pour beaucoup de parents qui passent le cap des 70 ans, cette autonomie tant espérée laisse un vide inattendu. La psychologie a un nom pour ce malaise silencieux — et ses conséquences sur la santé sont bien plus sérieuses qu’on ne le croit.

Pourquoi « ne plus être utile » fragilise autant après 70 ans

On parle souvent de solitude chez les seniors. Mais le problème que décrivent les chercheurs est plus subtil. Il ne s’agit pas d’être seul. Il s’agit de ne plus compter pour quelqu’un. Les psychologues utilisent le concept de mattering — littéralement, le sentiment d’avoir de l’importance aux yeux des autres. Une revue académique publiée en 2020 a montré que chez les adultes âgés, ce sentiment influence directement l’estime de soi, la santé mentale et la capacité à bien vivre cette période de la vie.

La nuance est cruciale : on peut être aimé et pourtant se sentir dispensable. Plus personne ne vous consulte, ne vous demande conseil, ne réserve une place active dans ses décisions. Le lien affectif est intact, mais le rôle a disparu. Et c’est là que des chercheurs spécialisés en vieillissement tirent la sonnette d’alarme : ce n’est pas anodin pour le corps non plus.

Le lien entre « utilité perçue » et risque de mortalité selon la science

Un constat a marqué la recherche : une étude menée sur des adultes de 70 à 79 ans a révélé que ceux qui se déclaraient peu utiles aux autres présentaient un risque accru de handicap et de mortalité dans les années suivantes. Pas une corrélation vague — un signal statistique solide. Des travaux ultérieurs ont confirmé que des niveaux durablement bas d’utilité perçue restaient associés à un risque de décès plus élevé.

Le psychologue Erik Erikson avait théorisé ce besoin sous le nom de générativité : le désir profond de transmettre, guider, contribuer à la génération suivante. On associe souvent cette pulsion à la quarantaine, mais la recherche récente prouve qu’elle reste puissante bien au-delà. L’envie de donner quelque chose de soi ne s’éteint pas avec l’âge — elle cherche simplement un nouveau destinataire. Sauf que ce destinataire, quand les enfants volent de leurs propres ailes, n’est plus évident.

Lunettes de lecture posées sur un carnet ouvert

Le paradoxe des parents : quand leur réussite éducative crée le vide

Les spécialistes du bien-être insistent sur un point essentiel. L’autonomie des enfants était précisément le but de l’éducation. Des décennies de soins, de sacrifices, de nuits blanches — pour qu’un jour, ils n’aient plus besoin de vous. Le problème, c’est que ce succès peut se vivre comme un vaciement de rôle.

La solution n’est pas de culpabiliser ses enfants ni de s’accrocher. Les études sur le vieillissement en bonne santé pointent toutes dans la même direction : diversifier ses sources de sens. Bénévolat, enseignement, engagement communautaire, nouveaux projets, amitiés actives — autant d’espaces où l’expérience accumulée retrouve un public. Il ne s’agit pas de remplacer ses enfants, mais d’éviter que tout le sentiment d’utilité repose sur un seul pilier. Sentir qu’on compte quelque part reste un besoin fondamental, peut-être encore plus après 70 ans.

Le plus beau cadeau qu’on puisse se faire à cet âge, c’est d’accepter que ses enfants n’ont plus besoin de soi — et de trouver qui d’autre en a besoin. Si un parent autour de vous traverse cette phase silencieuse, un simple coup de fil pour demander son avis pourrait changer bien plus que sa journée.

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