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« Je préfère revenir plus tard » : Carlos Alcaraz n’exclut pas un forfait à Roland-Garros

Publié par Elsa Lepic le 22 Avr 2026 à 13:48

On avait l’habitude du scénario : Carlos Alcaraz se blesse avant Roland-Garros, tout le monde s’inquiète, et l’Espagnol finit par soulever le trophée Porte d’Auteuil. Sauf que cette fois, le double tenant du titre envoie un message très différent. Touché au poignet, il a déjà déclaré forfait pour Madrid et laisse planer un doute sérieux sur sa présence à Paris. Et ses mots ne ressemblent pas à ceux d’un champion qui temporise pour mieux revenir.

Carlos Alcaraz souriant en costume noir avec nœud papillon tenant son trophée Laureus Sport Awards

Un poignet qui inquiète depuis Barcelone

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Tout a basculé après son dernier match au tournoi de Barcelone. Carlos Alcaraz avait pourtant dominé Otto Virtanen 6-4, 6-2 — un score qui ne laissait rien présager. Mais dès la balle de match, l’Espagnol a appuyé sur pause. Plus un seul entraînement, plus une seule apparition sur le circuit.

Le forfait pour le Masters 1000 de Madrid est tombé rapidement. Un coup dur symbolique — c’est son pays, son public — même s’il n’avait pas de points à défendre sur ce tournoi. Le vrai problème se situe plus loin dans le calendrier. Chaque jour qui passe sans raquette en main rapproche la décision la plus difficile de sa saison.

Car derrière Madrid, il y a Rome. Et derrière Rome, il y a Roland-Garros. Deux rendez-vous où Alcaraz a des points à défendre, et surtout une couronne à protéger. Mais le corps, lui, ne négocie pas avec le palmarès.

Les mots d’Alcaraz que personne ne voulait entendre

Élu sportif mondial de l’année aux Laureus Awards, Carlos Alcaraz a profité de cette cérémonie pour s’exprimer sur sa situation. Et le ton était inhabituellement prudent pour un joueur qui, d’ordinaire, fonce tête baissée.

« Je tiens absolument à disputer Roland-Garros, mais cela pourrait me porter préjudice pour les tournois suivants », a-t-il déclaré. Puis cette phrase, lâchée comme un aveu : « Je préfère revenir peut-être un peu plus tard, mais en pleine forme, plutôt que de revenir trop vite et risquer d’aggraver cette blessure. »

Traduction : l’Espagnol envisage sérieusement de sacrifier Roland-Garros pour préserver la suite de sa saison. Lui qui a remporté les deux dernières éditions du tournoi parisien préfère raisonner à long terme. À seulement 23 ans, il sait que sa carrière ne se joue pas sur un seul Grand Chelem — même si celui-ci a une place à part dans son palmarès. Cette approche rappelle d’ailleurs celle de Yannick Noah face à ses blessures, quand le corps impose ses limites aux plus grands.

Feliciano Lopez tire la sonnette d’alarme

Le court Philippe Chatrier de Roland-Garros vide à l'heure dorée, avec la terre battue rouge immaculée

Le directeur du tournoi de Madrid n’a pas mâché ses mots. Feliciano Lopez, ancien joueur professionnel, connaît bien ce type de blessure. Au micro de Onda Cero, il a estimé qu’une participation d’Alcaraz au Masters 1000 de Rome était « presque impossible ».

Mais c’est la suite de ses propos qui fait froid dans le dos. « J’ai déjà eu cette lésion. Moi, je n’ai pas joué pendant deux mois environ. Je ne pouvais presque pas tenir la raquette avec ma main. » Deux mois d’absence, c’est exactement le délai qui sépare Barcelone de Roland-Garros. Le calendrier ne colle pas.

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Lopez a toutefois noté un détail qui laisse un mince espoir : Alcaraz a terminé son match contre Virtanen malgré la douleur. « Je crois qu’il a le tendon du poignet un peu inflammé. Je pense et j’espère qu’il n’est pas rompu. » La nuance est de taille : entre une inflammation et une rupture tendineuse, le temps de récupération varie du simple au triple.

Le prochain examen médical sera donc décisif. Si le tendon est intact, un repos de quelques semaines pourrait suffire. S’il est touché plus sérieusement, la saison sur terre battue d’Alcaraz pourrait s’arrêter avant même d’avoir vraiment commencé.

Ce que l’Espagnol risque vraiment au classement

Au-delà de la blessure, il y a la mathématique froide du classement ATP. Alcaraz a remporté Rome en 2025 : s’il ne défend pas ces points, il les perd. Même chose pour Roland-Garros, où deux titres consécutifs lui ont rapporté un capital considérable.

Un forfait à Rome ET à Paris, c’est potentiellement une dégringolade au ranking mondial. Dans un top 5 ultra-serré où chaque point compte, rater deux gros tournois sur terre battue revient à offrir un boulevard à la concurrence. Sinner, Djokovic et les autres n’attendront pas.

Mais Alcaraz semble avoir fait son calcul. Perdre des points en juin pour être compétitif sur le gazon de Wimbledon et le dur de l’US Open, c’est un pari qui se tient. Encore faut-il que le poignet suive. Dans le monde du sport de haut niveau, gérer la fin d’un chapitre pour en écrire un meilleur fait parfois toute la différence.

Roland-Garros sans Alcaraz : un scénario qui change tout

Imaginer la Porte d’Auteuil sans son double tenant du titre en juin prochain, c’est imaginer un tournoi complètement ouvert. Depuis deux ans, Alcaraz régnait sur la terre battue parisienne avec une aisance déconcertante. Son absence redistribuerait toutes les cartes.

Jannik Sinner deviendrait le favori logique. Novak Djokovic, toujours en embuscade malgré ses 39 ans, pourrait tenter un dernier coup d’éclat sur sa surface la moins naturelle. Et derrière, toute une génération de joueurs verrait soudain une fenêtre s’ouvrir — celle qu’Alcaraz a fermée à double tour ces deux dernières années.

Pour l’instant, rien n’est acté. L’Espagnol attend ses résultats médicaux comme un verdict. Son entourage temporise, les organisateurs de Roland-Garros retiennent leur souffle, et les bookmakers ajustent déjà leurs cotes. Une chose est certaine : quand un joueur de 23 ans, au sommet de son art, prononce les mots « je préfère revenir plus tard », c’est que la douleur est bien réelle. Et que même les champions les plus féroces savent parfois que la meilleure victoire est celle qu’on ne joue pas.

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