Documentaire Netflix : Domenech « meurtri », Rothen ne regrette qu’une chose

Le fiasco de Knysna en 2010, c’est la plaie ouverte du football français. Quinze ans après, un documentaire Netflix ravive toutes les tensions. Raymond Domenech se dit « meurtri » et « trahi ». Jérôme Rothen, lui, enfonce le clou avec des déclarations acides sur son ancien sélectionneur. Deux hommes, deux douleurs, et un vestiaire des Bleus qui n’a jamais vraiment refermé ses portes.
Mondial 2010 : pourquoi Knysna hante encore les Bleus en 2026
On pensait le chapitre clos. Sauf que l’Afrique du Sud 2010 refuse obstinément de rejoindre les oubliettes. Grève des joueurs dans le bus, entraînement boycotté, élimination humiliante au premier tour : le fiasco avait sidéré 67 millions de Français devant leur poste. Depuis, chaque acteur de ce psychodrame traîne sa version des faits comme un boulet.
C’est dans ce contexte que Netflix a mis en ligne un documentaire consacré à l’épisode, confrontant les témoignages des différents protagonistes. L’objectif affiché : raconter enfin la vérité sur cette débâcle historique. Mais dès sa diffusion, le film a rallumé un incendie que personne ne contrôle. Les réseaux sociaux se sont enflammés, les anciens joueurs ont repris la parole, et les vieilles rancœurs ont refait surface en quelques heures. Comme si le temps n’avait strictement rien apaisé. Et parmi ceux qui avaient anticipé ce règlement de comptes, les anciens internationaux français savent mieux que quiconque ce que pèse un vestiaire fracturé.
« Un viol de mon âme » : la lettre de Domenech qui secoue le football
Ce jeudi 14 mai 2026, Raymond Domenech a publié une lettre ouverte sur X. Le ton est sombre, les mots violents. L’ancien sélectionneur dénonce un film « totalement à charge » et qualifie le résultat de « réquisitoire extraordinairement violent » contre sa personne. Plus marquant encore : il affirme que la production a utilisé des extraits de son journal intime de l’époque pour accentuer le côté sensationnaliste du récit.
« Je suis meurtri et trahi : cela résonne comme un viol de mon âme », écrit-il. Des mots lourds qui ont immédiatement divisé le monde du sport. Certains y voient un homme brisé, d’autres un responsable qui refuse toujours d’assumer. Netflix, de son côté, maintient avoir simplement voulu donner la parole à toutes les parties. Sauf que Domenech estime que cette parole a été instrumentalisée pour fabriquer un coupable idéal. Et pendant que l’ancien coach encaisse, un autre homme en a profité pour ressortir ses propres comptes.
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Rothen règle ses comptes : le regret qui en dit long sur l’ère Domenech
Certaines figures publiques choisissent leurs mots avec soin. Pas Jérôme Rothen. L’ancien milieu offensif du PSG, aujourd’hui consultant vedette sur RMC avec son émission Rothen régale, n’a jamais caché son amertume envers Domenech. Dès 2020, dans un entretien accordé à GQ Magazine, il lâchait cette phrase terrible : « Mon regret, c’est d’avoir connu Raymond Domenech comme sélectionneur. »
Le joueur estime que sa carrière internationale aurait pris une tout autre trajectoire sous Didier Deschamps. « J’avais sa confiance, il m’aurait fait passer un cap », confiait-il. Rothen évoquait aussi des relations compliquées avec des figures comme Zinédine Zidane ou Fabien Barthez, et un manque criant de franchise dans le vestiaire tricolore. Quinze ans plus tard, sa position n’a pas bougé d’un millimètre. Et le documentaire Netflix ne fait que lui donner raison, selon lui.
Knysna reste le miroir brisé du football français : chacun y voit son propre reflet, et personne ne veut ramasser les morceaux. Entre un Domenech qui crie à la trahison et un Rothen qui assume son franc-parler, la réconciliation semble plus lointaine que jamais. Et vous, pensez-vous qu’un documentaire peut vraiment réécrire l’histoire d’un fiasco sportif ?