Real Madrid : Mbappé règle ses comptes avec Arbeloa, la guerre est ouverte
Le Real Madrid traverse la pire crise de vestiaire de sa saison. Jeudi soir, après la victoire contre Oviedo (2-0), Kylian Mbappé a pris tout le monde de court en se présentant en zone mixte. Copieusement sifflé par le Santiago Bernabéu, le Français n’est pas venu pour arrondir les angles. Ce qu’il a lâché sur son entraîneur Alvaro Arbeloa a fait l’effet d’une bombe dans le football espagnol.

Mbappé relégué 4e attaquant : la phrase qui a tout déclenché
Tout part d’une décision de composition d’équipe. Remplaçant face à Oviedo, Mbappé affirme qu’Arbeloa lui a dit texto qu’il était le quatrième attaquant de l’effectif, derrière Gonzalo Garcia, Vinicius et Franco Mastantuono. Trois noms devant le capitaine des Bleus, 27 ans, 56 buts en sélection. L’humiliation est publique, calculée.
Le Bondynois a même ajouté, avec une ironie glaciale : « Je ne suis pas en colère. C’est sa décision. Il faut que je travaille dur pour être meilleur que Vini, Mastantuono et Gonzalo. » Un ton faussement docile qui ne trompe personne. La frustration couvait depuis le Clasico précédent, où Mbappé avait découvert lors de l’entraînement de veille qu’il serait remplaçant — avant de quitter la séance prématurément en invoquant une gêne aux ischio-jambiers.
Mais la réponse d’Arbeloa n’a pas tardé. Et elle a été sèche.
Arbeloa réplique froidement : « Qu’ils attendent le prochain entraîneur »
En conférence de presse d’après-match, l’entraîneur du Real Madrid a démenti catégoriquement les propos de son joueur. « Il m’a mal compris. À aucun moment je ne lui ai dit ça », a assuré Arbeloa, rappelant que quatre jours plus tôt, Mbappé n’était même pas en état de figurer sur le banc. Puis la sentence : « Je décide qui joue. Si ça ne leur convient pas, qu’ils attendent le prochain entraîneur. »
Derrière cette passe d’armes, le vrai sujet est ailleurs. Mbappé n’a jamais digéré la destitution de Xabi Alonso le 12 janvier. L’ex-coach avait clairement choisi le camp du Français, marginalisant Vinicius et construisant un système où Mbappé brillait. « On avait une structure et une idée de jeu en première partie de saison », a lâché le joueur jeudi — une pique transparente contre les méthodes d’Arbeloa, que la présidence de Florentino Pérez a installé pour remettre Vinicius au centre du projet.
Le vestiaire est désormais fracturé en deux camps. Et Mbappé ne s’est pas arrêté là.

Zone mixte, Coupe du monde, vestiaire : Mbappé joue son va-tout
À trois heures de l’annonce de la liste de Didier Deschamps pour la Coupe du monde, le timing de cette prise de parole interroge. Interrogé sur sa présence inhabituelle en zone mixte, Mbappé a été cinglant : « Je préfère parler ici. Il y a beaucoup de gens qui ne parlent pas et je suis obligé de lire la presse pour savoir ce qu’ils pensent. » Un missile adressé à certains coéquipiers qui alimentent les fuites dans les médias madrilènes.
Le tableau est sombre. Saison sans titre majeur. Blessure au genou gauche mal gérée pendant des mois par le staff médical. Escapade en Sardaigne qui a scandalisé l’opinion. Bagarre entre Valverde et Tchouaméni à l’entraînement. La conférence de presse lunaire de Florentino Pérez. Chaque semaine apporte son lot de chaos au sein de la Maison Blanche.
Mbappé, lui, semble avoir choisi la stratégie du tout ou rien. Quitte à ce que ses détracteurs y voient, une fois de plus, un joueur qui place son ego au-dessus du collectif.
Le Real Madrid a connu des crises de vestiaire. Rarement aussi publiques, rarement aussi personnelles. Mbappé contre Arbeloa, c’est désormais une guerre ouverte avec micro et caméras. La vraie question, maintenant : qui des deux survivra à l’été ? Et surtout, que fera Florentino Pérez quand il faudra choisir un camp ?