« J’ai encore du sang sur ma combinaison » : Romain Grosjean percute un oiseau à 320 km/h à Indianapolis
Du sang sur la combinaison, des débris sur le casque et une visibilité réduite à néant en plein virage à plus de 320 km/h. Romain Grosjean a vécu un moment très particulier lors de la première journée d’essais des 500 Miles d’Indianapolis, ce mardi 29 avril. Le pilote français a percuté un oiseau en pleine vitesse de pointe. Un épisode spectaculaire qui rappelle que même à ce niveau, la nature peut s’inviter de la manière la plus inattendue.

Un impact à plus de 320 km/h dans le virage 3
L’incident s’est produit dans le virage 3 de l’Indianapolis Motor Speedway, l’un des circuits les plus mythiques au monde. Romain Grosjean roulait à plus de 320 km/h au moment du choc. À cette vitesse, impossible d’esquiver quoi que ce soit. L’oiseau a été percuté de plein fouet par la monoplace du Français.
Et le résultat est assez parlant. Interrogé par la chaîne américaine ESPN, Grosjean n’a pas mâché ses mots : « J’ai encore du sang sur ma combinaison, il y avait des morceaux sur l’arceau. Le casque sent mauvais, le siège aussi… Je ne voyais plus où j’allais, il y en avait partout sur l’aeroscreen. » L’aeroscreen, c’est l’équivalent du Halo en Formule 1 : une protection transparente qui protège la tête du pilote. Sauf que cette fois, elle était recouverte de débris organiques.
Pour ceux qui suivent l’actualité de la F1, Max Verstappen s’en prend régulièrement aux nouvelles réglementations, mais ce genre de péripétie relève d’un tout autre registre. Ici, aucun règlement ne peut protéger d’un volatile en pleine trajectoire.
Ce n’est pas la première fois que Grosjean croise un animal sur un circuit
L’épisode peut sembler insolite, mais il n’est pas totalement inédit pour Romain Grosjean. En 2019, alors qu’il courait encore en Formule 1, le pilote franco-suisse avait percuté une marmotte lors du Grand Prix du Canada. L’animal avait endommagé sa monoplace et l’incident avait fait le tour des réseaux sociaux.
Mais entre une marmotte au sol et un oiseau percuté à 320 km/h en plein virage, l’échelle n’est pas du tout la même. La violence de l’impact, la projection de débris sur l’aeroscreen et la perte de visibilité quasi totale rendent cet épisode bien plus dangereux. Dans un sport où chaque seconde d’inattention peut avoir des conséquences dramatiques, rouler à l’aveugle pendant quelques instants à cette vitesse relève de l’exploit de sang-froid.
Rappelons que Grosjean sait mieux que quiconque ce que signifie flirter avec le pire. En 2020, son accident à Bahreïn avait marqué l’histoire de la F1 : sa Haas s’était encastrée dans un rail et avait pris feu. Le pilote avait été extrait des flammes après plusieurs secondes interminables. Un épisode qui avait bouleversé le monde du sport automobile et dont les images restent gravées dans les mémoires. Depuis, il a reconstruit sa carrière de l’autre côté de l’Atlantique, en IndyCar.
Malgré tout, des chronos très encourageants

Le plus surprenant dans tout ça ? L’oiseau n’a pas plombé la journée de Grosjean. Loin de là, même. Au volant de sa monoplace engagée par l’équipe Dale Coyne Racing, le Français a signé le 11e temps de la matinée, avec une moyenne de 353 km/h. L’après-midi, il a fait encore mieux : 6e chrono, à 361 km/h de moyenne.
Des performances solides qui placent Grosjean dans le bon wagon à quelques semaines de l’épreuve reine du calendrier IndyCar. Les 500 Miles d’Indianapolis, c’est l’équivalent d’un Super Bowl pour le sport automobile américain. Plus de 300 000 spectateurs dans les tribunes, une pression colossale et un format unique où tout se joue sur un ovale à des vitesses vertigineuses.
Pour rappel, l’affaire Michael Schumacher montre à quel point le sport automobile peut basculer en un instant. Grosjean, lui, semble avoir appris à composer avec l’imprévu. Mais chaque incident est un rappel.
« Certains jours, on se sent comme un héros, d’autres comme un zéro »

Romain Grosjean a résumé sa journée avec une lucidité désarmante : « C’est un long mois, chaque jour est différent. Certains, on se sent comme un héros, d’autres comme un zéro. L’objectif, c’est d’être du bon côté le jour de la course. » Une phrase qui résume assez bien la réalité du Mois de Mai à Indianapolis, cette période intense où les équipes enchaînent les séances d’essais, les qualifications et les réglages.
Le pilote français, aujourd’hui âgé de 39 ans, aborde cette préparation avec le mélange de sérénité et de détermination qui caractérise sa deuxième vie en sport auto. Après avoir survécu à l’un des accidents les plus terrifiants de l’histoire récente de la F1, un oiseau à 320 km/h ne va pas l’arrêter. Même si la combinaison en garde encore les traces.
La question maintenant, c’est de savoir s’il pourra transformer ces bons chronos en résultat le jour J. La concurrence en IndyCar est féroce, et l’ovale d’Indianapolis réserve toujours son lot de surprises. Mais si Grosjean garde ce rythme — et évite la faune locale — il pourrait bien créer la surprise lors de l’édition 2025 des 500 Miles. En attendant, on imagine que son équipe a prévu un bon stock de lingettes pour l’aeroscreen.