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Marathon de Londres : un champion de moto court 42 km en combinaison de cuir pour honorer son fils de 6 ans

Publié par Elsa Lepic le 25 Avr 2026 à 9:44

Un champion du monde de Superbike qui s’aligne au départ du marathon de Londres, ce dimanche, vêtu de sa combinaison de compétition en cuir. L’image a de quoi surprendre. Mais derrière ce défi hors norme, Sylvain Guintoli porte un deuil qui a bouleversé sa vie : celui de son fils Luca, six ans, emporté par un cancer en juillet 2025. Chaque kilomètre parcouru dans cette tenue de pilote sera un hommage et un cri du cœur pour aider d’autres familles frappées par la maladie.

42 km dans un cuir de compétition : le pari fou d’un père en deuil

Sylvain Guintoli n’est pas un coureur à pied. Le natif de Montélimar, 42 ans, a passé l’essentiel de sa carrière sur deux roues motorisées, cumulant un titre de champion du monde Superbike en 2014, deux victoires aux 24 Heures Moto et pas moins de 48 départs en MotoGP. Dimanche, il troquera la vitesse pure pour l’endurance, avec un objectif aussi simple que vertigineux : boucler les 42,195 km du marathon de Londres dans sa combinaison de motard.

marathon londres

Le cuir de compétition pèse plusieurs kilos, limite les mouvements et empêche toute ventilation correcte du corps. Sur un circuit, il protège des chutes à 200 km/h. Sur le bitume londonien, il transforme chaque foulée en épreuve supplémentaire. Guintoli le sait, et c’est précisément le but : rendre le défi aussi visible qu’inconfortable, pour que personne ne détourne le regard.

Depuis plusieurs mois, le pilote français s’entraîne méthodiquement. Il a participé à plusieurs courses de 10 km pour tester ses jambes et jauger l’effort que représente la course à pied dans un équipement conçu pour la moto. Mais c’est la première fois qu’il s’attaquera à la distance mythique du marathon.

« Un petit garçon de six ans extraordinaire »

Le moteur de ce défi, c’est Luca. En quelques mots, Sylvain Guintoli résume un an de cauchemar : « Mon fils Luca est décédé en juillet des suites d’un cancer, un an après son diagnostic. C’était un petit garçon de six ans extraordinaire. Luca a dû subir les traitements les plus agressifs, une épreuve déchirante. »

marathon de londres mr gorilla

Un an seulement entre le diagnostic et la fin. Douze mois pendant lesquels la famille Guintoli, installée en Angleterre, a vu son quotidien aspiré par les protocoles médicaux, les hospitalisations et l’angoisse permanente. Le cancer pédiatrique, souvent méconnu du grand public, touche environ 2 500 enfants par an en France et représente la première cause de décès par maladie chez les moins de 15 ans.

Sur la page de la cagnotte qu’il a créée en ligne, le champion ajoute : « Luca a fait preuve d’un courage et d’une force incroyables face à cette terrible maladie. » Des mots sobres, qui contrastent avec la brutalité de ce qu’a traversé la famille. Certaines épreuves dépassent largement le cadre d’un circuit, et celle-ci en fait partie. On a vu d’autres personnalités publiques traverser des moments difficiles, mais le choix de Guintoli d’en faire un combat collectif change la donne.

PASIC : l’association qui accompagne les familles dans la tempête

L’argent récolté grâce à ce marathon pas comme les autres ira à PASIC, une association caritative britannique spécialisée dans l’accompagnement des familles dont un enfant est atteint de cancer. Son rôle ne se limite pas au soutien médical : PASIC intervient sur le quotidien pratique et émotionnel, un aspect souvent négligé dans la prise en charge du cancer pédiatrique.

Quand un enfant est hospitalisé pendant des mois, c’est toute la cellule familiale qui vacille. Fratrie déstabilisée, parents qui doivent jongler entre présence à l’hôpital et obligations du quotidien, isolement social progressif. C’est exactement ce terrain que l’association couvre, en offrant un filet de sécurité aux familles en plein traumatisme.

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Guintoli ne court d’ailleurs pas seul. Ses deux filles, Alicia et Layla, participent également à l’événement à ses côtés. Un marathon en famille, pour une cause familiale. Le symbole est puissant et dépasse largement le cadre sportif.

Du MotoGP au bitume londonien : un athlète qui change de terrain

Passer de la moto à la course à pied n’est pas aussi incongru qu’il y paraît. Les pilotes de haut niveau soumettent leur corps à des contraintes physiques extrêmes : accélérations, freinages, chaleur dans la combinaison, concentration sur des durées pouvant atteindre plusieurs heures. Le cardio, la résistance à la fatigue et la gestion mentale font partie de leur quotidien d’entraînement.

Bottes de moto en cuir usées sur le bitume d'un marathon

Mais un marathon reste un marathon. À allure modérée, un coureur met entre quatre et cinq heures pour boucler la distance. Dans un cuir de compétition, l’effort thermique sera considérablement amplifié. La température corporelle monte plus vite, la sueur ne s’évapore pas, les articulations sont contraintes par un matériau conçu pour la rigidité, pas la souplesse. Guintoli devra gérer cette surchauffe en plus de la fatigue musculaire classique.

Le marathon de Londres attire chaque année plus de 50 000 coureurs et des centaines de milliers de spectateurs le long du parcours. C’est l’un des six « World Marathon Majors », les courses les plus prestigieuses au monde. Un cadre idéal pour donner une visibilité maximale à la cause de Luca.

Un père, un cuir, une promesse

Ce qui frappe dans la démarche de Sylvain Guintoli, c’est l’absence totale de calcul médiatique. Pas de sponsors affichés, pas de communication millimétrique. Juste un père qui a trouvé un moyen de transformer sa douleur en quelque chose d’utile. D’autres personnalités ont choisi de parler de leur transformation après une épreuve. Guintoli, lui, a décidé de courir.

Le pilote sait que la ligne d’arrivée, dimanche, ne ramènera pas Luca. Mais chaque livre sterling récoltée via la cagnotte PASIC viendra soutenir une famille qui traverse aujourd’hui ce que les Guintoli ont vécu hier. Et quand un champion du monde de Superbike transpire dans un cuir de compétition sur 42 km, le message est difficile à ignorer.

La cagnotte est toujours ouverte. Le marathon de Londres 2026 aura lieu ce dimanche, et quelque part dans le peloton, un homme en combinaison de motard courra pour un petit garçon de six ans qui, selon son père, « a fait preuve d’un courage et d’une force incroyables ». Un courage que Sylvain Guintoli tente désormais de prolonger, foulée après foulée.

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