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« La gestion a été très décevante » : Wembanyama attaque la NBA en pleine conférence de presse, le son est coupé

Publié par Elsa Lepic le 27 Avr 2026 à 7:38

Dimanche soir, après une victoire écrasante des Spurs à Portland, Victor Wembanyama avait des choses à dire. Pas sur le match. Pas sur ses stats. Sur la NBA elle-même, qui l’a empêché de jouer vendredi malgré un feu vert médical. Et au moment précis où il détaillait sa colère en conférence de presse, la retransmission s’est mystérieusement interrompue. Quelques secondes de noir, puis retour à l’image — sur une tout autre question.

Wembanyama victime d'une commotion en play-offs NBA : « Il suit le protocole, il progresse »

Le timing a fait bondir les réseaux sociaux. Et ce que Wemby a dit pendant cette coupure, les journalistes présents dans la salle l’ont bien entendu.

Un retour interdit sans explication claire

Pour comprendre la frustration du Français, il faut rembobiner. Mardi dernier, lors du match 2 contre Portland, Wembanyama chute violemment et heurte le parquet de la tête. Le protocole commotion est activé immédiatement. Normal. Classique en NBA.

Sauf que dès le lendemain, selon ses propres mots, il se sentait « en parfaite santé ». Le staff médical des Spurs l’a suivi, accompagné, et visiblement validé sa récupération. Pourtant, vendredi, pour le match 3, impossible de jouer. La NBA, au-dessus du staff de la franchise, a estimé qu’il n’était pas prêt.

Le match 3, Wemby l’a regardé depuis le banc. Les Spurs l’ont gagné sans lui (108-120), mais la pilule n’est pas passée. Et c’est dimanche, après avoir livré une prestation majuscule lors du match 4, qu’il a décidé de vider son sac.

« Il n’y avait pas de raison » : les mots cinglants de Wemby

Victor Wembanyama KO après une chute face contre le parquet : « protocole commotion » activé

Première salve : juste après le coup de sifflet final, au micro d’ESPN, sur le parquet encore chaud. Personne ne s’attendait à ça. « Les Spurs ont fait un travail incroyable, mais je suis très mécontent de la manière dont le protocole a été géré par les autres parties. »

Conférence de presse NBA avec plusieurs microphones

Les « autres parties », tout le monde a compris : c’est la NBA. Wembanyama a pris soin de distinguer son club, qu’il couvre d’éloges, de la Ligue qui a bloqué son retour. « Mon staff a été fantastique. J’étais en parfaite santé dès le premier jour suivant ma blessure. »

Plus tard, en conférence de presse, un journaliste lui demande de préciser. Il prend une longue respiration. Regarde dans le vide. Puis lâche, mot après mot : « Je ne veux pas rentrer dans les détails, je ne veux pas devenir un sujet de distraction, reposez-moi la question à la fin de la saison. » Pause. « Les médecins ont été super et ont pris bien soin de moi, mais la façon dont la situation a été gérée… »

Et là, le son coupe. L’image aussi. Quelques secondes de néant. Quand la retransmission reprend, Wemby répond déjà à une autre question. Sur les réseaux sociaux, la théorie se répand comme une traînée de poudre : la NBA aurait volontairement coupé le flux.

Ce que les journalistes dans la salle ont entendu

Les reporters présents physiquement n’ont rien raté, eux. La phrase complète de Wembanyama disait : « La façon dont la situation a été gérée a été très décevante, et pas de la part des Spurs, je me répète. Mais je ne dis pas que la décision de ne pas jouer était une bonne ou mauvaise décision. C’était une décision. Mais la gestion de la situation a été très décevante. »

Le choix des mots est chirurgical. Wemby ne conteste pas frontalement la décision médicale — il attaque la manière dont tout a été conduit, le processus, la communication, le flou. Un peu plus tard, nos confrères de L’Équipe lui posent la question en français : « Quelle a été la raison de votre forfait au match de vendredi ? »

Réponse tranchante : « Il n’y avait pas de raison. Ce n’étaient pas les Spurs qui ont fait ça. Je n’en parlerai pas plus. » En creux, le message est limpide : la NBA a outrepassé l’avis du staff médical de San Antonio.

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Un neurologue indépendant, et un refus quand même

Le média américain The Athletic a révélé un détail qui donne une idée de la détermination de Wembanyama. Face au veto de la Ligue, il a lui-même demandé à être examiné par un neurologue indépendant. L’examen a eu lieu. Les symptômes ont été évalués. Résultat : ça n’a rien changé. La NBA a maintenu son refus.

On peut imaginer la frustration d’un compétiteur de 22 ans, en plein cœur de ses premiers playoffs, qui s’entend dire « non » par une institution alors que tous les médecins autour de lui disent « oui ». La question de la gestion des risques physiques dans le sport de haut niveau n’est pas nouvelle, mais elle prend ici une tournure très politique.

Car la NBA a probablement eu en tête les images terrifiantes de la chute — la tête qui frappe le sol, la difficulté à se relever, l’émoi sur les réseaux. Dans une Ligue qui investit des millions dans la communication autour du « player safety », laisser un joueur revenir 48 heures après une telle séquence aurait pu créer un scandale inverse. Mais en bloquant Wemby sans explication satisfaisante, elle en a créé un autre.

Un joueur de 22 ans face à une industrie à 10 milliards

Ce qui frappe le plus dans cette séquence, c’est le cran. Victor Wembanyama n’est pas LeBron James ou Stephen Curry. Il n’a pas 15 ans de carrière, quatre titres et un empire commercial derrière lui pour se permettre de taper du poing. Il en est à sa troisième saison. Il a 22 ans.

Et pourtant, face aux micros, il assume publiquement sa colère contre une machine qui génère plus de 10 milliards de dollars de revenus annuels. Dans le monde très feutré de la NBA, où la plupart des joueurs répondent en langue de bois calibrée, ses mots ont résonné comme un coup de tonnerre. À l’image de d’autres stars françaises du sport qui font régulièrement l’actualité pour leurs prises de position, Wemby montre qu’il n’est pas du genre à se taire.

Un confrère français, Nicolas Batum, vétéran de la NBA depuis plus d’une décennie, sait mieux que personne à quel point ce genre de sortie est rare — et risquée — dans cette ligue.

Les Spurs à une victoire de la qualification

Sur le terrain, l’essentiel est ailleurs. Avec leur victoire de dimanche, les Spurs mènent désormais 3-1 dans la série face à Portland. Il ne leur manque qu’un seul succès pour se qualifier au tour suivant, la série se jouant au meilleur des sept matchs.

Et Wembanyama, lui, a fait ce qu’il fait de mieux : répondre sur le parquet. Sa prestation dimanche a été qualifiée de « majuscule » par les observateurs. Comme pour prouver que oui, il était prêt vendredi. Que le match manqué était un match de trop sur le banc.

Pendant ce temps, le jeune Dylan Harper explosait un record NBA vieux de 38 ans dans cette même série, confirmant que ces playoffs des Spurs sont décidément hors normes.

Reste une question en suspens, celle que Wemby a lui-même posée comme un rendez-vous : « Reposez-moi la question à la fin de la saison. » On peut compter sur les journalistes pour ne pas oublier. Et sur la NBA pour avoir préparé sa réponse — cette fois, sans couper le micro.

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