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Loana : ses tragiques derniers jours racontés par son meilleur ami

Publié par Elsa Fanjul le 26 Mar 2026 à 8:26

Il était encore garé en bas de l’immeuble quand son téléphone a sonné. Les policiers et les pompiers étaient partis depuis longtemps déjà. Mais lui n’arrivait pas à partir. Laurent Amar, l’un des amis les plus proches de Loana, retrouvée sans vie à son domicile de Nice, a accepté de se confier à Paris Match dans les heures qui ont suivi le drame. Ce qu’il raconte glace le sang.

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« On culpabilise toujours dans ces moments-là. Je me demande ce que j’aurais pu faire de plus pour l’aider, la sauver. » Ces mots, prononcés depuis sa voiture, résument à eux seuls le poids écrasant qu’il portait ce soir-là. Un ami fidèle, impuissant face à une chute annoncée depuis trop longtemps.

Un dernier appel passé depuis un kebab

La dernière fois que Laurent Amar avait eu des nouvelles directes de Loana, c’était début mars. Elle l’avait appelé en catastrophe, depuis le kebab situé en bas de chez elle. Elle n’avait plus de téléphone. Elle n’avait plus d’argent non plus.

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« Elle paraissait ne pas aller bien du tout. » Quelques jours plus tard, le 13 mars exactement, Laurent s’était rendu à Nice avec Violette, la maman de Loana. Ils avaient sonné. Personne n’avait répondu. Seul Titi, son chien, aboyait derrière la porte.

Violette n’avait plus de double des clés. Loana le lui avait repris lors d’une dispute. Les voisins, interrogés ce jour-là, avaient assuré l’avoir vue promener son chien. Tout semblait aller bien. Les deux proches étaient repartis. C’était la dernière chance ratée.

Une relation qui l’a coupée du monde

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Depuis plusieurs mois, une jeune femme vivait chez Loana. Au départ une amie, elle était devenue sa compagne. Mais cette relation avait progressivement isolé la star de la télé-réalité du monde extérieur.

Laurent Amar n’avait jamais rencontré cette femme. Il savait seulement qu’il s’agissait d’une fille que Loana avait croisée à Nice. La dernière fois que Loana avait publié quelque chose sur les réseaux sociaux, c’était une photo de sa main dans la main de cette inconnue. Après ça, plus rien, ou presque.

« C’est depuis que Loana était avec elle qu’elle ne donnait plus de nouvelles. Je crois savoir que leur relation était assez violente. » Une phrase lâchée avec prudence, mais qui en dit long sur ce que vivait Loana dans l’ombre, loin des caméras.

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Ce que Laurent ne comprend toujours pas : pourquoi cette femme n’a pas donné l’alerte quand l’état de Loana s’est aggravé. « C’est bizarre ! » dit-il simplement, sans pouvoir aller plus loin.

Sans Alexia, elle aurait été à la rue

La situation financière de Loana était catastrophique depuis des années. Elle ne possédait pratiquement plus rien. Son appartement niçois était loué par Alexia Laroche-Joubert, la productrice historique du Loft, qui continuait de payer le loyer.

« Sans Alexia, Loana aurait été littéralement à la rue. » Quand Loana perdait ses clés — ce qui arrivait régulièrement — c’est encore Alexia qui appelait un serrurier et réglait la facture.

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Une solidarité discrète, invisible du grand public, mais absolument vitale pour une femme que la vie avait progressivement dépouillée de tout. Pas de revenus stables. Pas d’économies. Juste cet appartement comme dernier refuge.

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Un quotidien de plus en plus sombre

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Laurent Amar ne mâche pas ses mots quand il décrit l’état de Loana ces dernières années. « Elle devenait de plus en plus fragile, psychiquement et physiquement. Elle n’a jamais réussi à se débarrasser de ses addictions. »

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Le tableau qu’il brosse est celui d’un quotidien ravagé. Des alcools forts — souvent du Pastis ou du Ricard — mélangés à des médicaments. Des cigarettes enchaînées, quand elle avait de quoi en acheter. Des insomnies chroniques qui la faisaient dormir le matin, voire l’après-midi.

Elle se scarifiait les bras. Régulièrement. Un détail que peu de gens connaissaient, et qui dit tout de la souffrance intérieure que Loana portait depuis des années.

Une fois, Laurent et Violette l’avaient retrouvée à terre dans son appartement. Dans un état affreux. Ils l’avaient relevée, couchée dans son lit. « Cette fois-là, j’avais pensé que si nous n’étions pas intervenus, elle y serait peut-être restée… » C’était peu après la diffusion de la série Culte, qui revenait sur la genèse du Loft.

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Elle aimait la télé-réalité, pas l’inverse

On a souvent dit que la télé-réalité avait détruit Loana. Laurent Amar nuance fortement. « Ce qui l’a détruit, ce sont les problèmes de santé, la drogue, sa fragilité psychologique. Et aussi certaines personnes qui ne lui ont pas fait que du bien. »

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Il insiste : Loana adorait le show-business. Elle adorait les soirées mondaines, les célébrités, les paillettes. Quand il l’emmenait à Saint-Tropez ou aux fêtes de Massimo Gargia, elle était dans son élément. « Elle adorait être avec les célébrités. »

Leur amitié remontait à 2017. Ils s’étaient croisés dans des soirées et ne s’étaient plus quittés. En 2018, ils avaient monté ensemble les marches du Festival de Cannes. « Elle était extraordinaire. Elle était au top. » Ce souvenir-là, Laurent Amar le garde précieusement.

Récemment, Loana avait participé avec enthousiasme au tournage d’un documentaire prévu pour les 25 ans du Loft. Elle lui avait montré des photos du tournage avec les enfants de Christophe et Julie. « Ça lui avait vraiment fait plaisir. Car Loana adorait la médiatisation. »

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La clinique : l’unique solution qui aurait pu la sauver

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Pour Laurent, la réponse est claire. La seule chose qui aurait pu sauver Loana, c’était un suivi médical continu, en structure fermée. « Il aurait fallu qu’elle reste dans une clinique, pour être suivie non-stop. Dès qu’elle se retrouvait seule chez elle, elle rechutait. »

Il se souvient d’une visite dans une maison de repos. Loana allait bien. Elle prenait correctement son traitement. Elle était souriante, apaisée. Mais dès qu’elle rentrait chez elle, sans surveillance, sans cadre, tout s’effondrait à nouveau.

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Avec Eryl Prayer, son ex-compagnon et ami de longue date, Laurent lui avait dit et redit qu’elle devrait rester hospitalisée plus longtemps. Elle refusait d’entendre parler. Comme beaucoup de personnes qui souffrent, elle résistait à l’aide qu’on lui tendait.

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Une mère informée par un ami, pas par la police

La façon dont la mort de Loana a été annoncée à sa mère est elle aussi difficile à entendre. C’est une amie de Laurent qui l’a appelé après avoir vu l’information sur Internet. Lui a aussitôt téléphoné à Violette pour lui apprendre la nouvelle.

La police ne l’avait pas encore fait. Violette a appris la mort de sa fille par un ami de celle-ci. Elle en est restée « tétanisée ». Même si leur relation était explosive — « dès qu’elles s’adressaient la parole, elles s’insultaient » — le choc n’en a pas été moins dévastateur.

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« Loana était devenue très dure à gérer. Elle piquait parfois des colères. » Des mots qui font mal, mais que Laurent prononce sans jugement. Juste avec la lucidité d’un homme qui a vu la réalité en face pendant des années.

Le chien Titi, retrouvé mort lui aussi

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Les circonstances exactes de la mort de Loana restent encore à établir. Une autopsie a été ordonnée. Laurent sait seulement qu’elle serait décédée depuis plusieurs jours avant qu’on la retrouve.

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Et il sait autre chose, tout aussi bouleversant : Titi, son petit chien, le seul compagnon qui lui était resté fidèle jusqu’au bout, est mort lui aussi. Les deux avaient été découverts ensemble.

Quant à Mindy, la fille de Loana, Laurent admet ne pas la connaître. Loana en parlait rarement. Elle rêvait de renouer avec elle, avait tenté plusieurs fois de reprendre contact. En vain. Mindy avait tiré un trait sur sa mère. Une blessure que Loana portait en silence, une de plus, parmi toutes celles qui l’avaient peu à peu consumée.

Une fin que personne ne voulait voir arriver

« On savait que cette issue allait arriver un jour. » Laurent Amar le dit sans détour. Pas par cruauté, mais parce que la réalité était là, visible, depuis des années, pour ceux qui en étaient proches.

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La question qu’il se pose ce soir, assis dans sa voiture en bas de chez elle, c’est celle que se posent tous ceux qui ont aimé quelqu’un de fragile sans pouvoir le retenir : est-ce qu’on a tout essayé ? Est-ce qu’on aurait pu faire autrement ?

Loana avait 48 ans. Elle avait fait rêver la France entière il y a vingt-cinq ans. Elle est partie seule, dans un appartement niçois, plusieurs jours avant que quelqu’un ne s’en aperçoive. C’est peut-être ça, la vraie tragédie.

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