Les Maldives du Jura : pourquoi les vacanciers lâchent l’île de Ré pour ces lacs méconnus ?

On les surnomme déjà « les Maldives du Jura ». Deux lacs aux eaux turquoise, nichés entre falaises blanches et forêts denses, à moins de deux heures de route de grandes villes françaises et suisses. Pas besoin de passeport ni de billet d’avion : le dépaysement le plus spectaculaire de l’été se cache peut-être au pied des montagnes jurassiennes. Encore faut-il savoir où chercher — et surtout, quand y aller.
Un lagon oublié au milieu des montagnes françaises
On connaît la Bretagne pour ses côtes sauvages, les Calanques pour leurs criques secrètes. Mais le Jura ? Pas franchement le premier nom qui vient en tête quand on pense « eaux cristallines ». Et pourtant. Le lac de Chalain, formé il y a plus de 20 000 ans par l’érosion glaciaire, est le plus grand lac naturel du département. Sa couleur, un turquoise presque irréel, n’a rien de filtré ni de retouché.
L’explication est géologique : l’eau, d’une pureté exceptionnelle, reflète les fonds calcaires du bassin. Résultat, une teinte qui évoque davantage les lagons de l’océan Indien que les lacs de moyenne montagne. Bordé de falaises blanches et de petites plages de galets, l’endroit ressemble à une carte postale qu’on aurait oublié d’envoyer.
À quelques kilomètres à peine, les lacs de Clairvaux-les-Lacs complètent le tableau. Plus petits, plus intimes, ils figurent parmi les spots les plus photogéniques de Franche-Comté — surtout à l’heure du coucher de soleil, quand la surface de l’eau passe du turquoise au doré. C’est le genre d’endroit où l’on pose sa serviette pour un pique-nique et où l’on finit par rester trois heures sans s’en rendre compte.
Mais ce qui rend ces lacs vraiment uniques, ce n’est pas seulement leur couleur. C’est tout ce qu’il y a à faire autour — et ce que la plupart des visiteurs ne découvrent qu’une fois sur place.
Paddle, plongée et cascades féeriques : l’autre visage du Jura

Sur les berges de Chalain, l’ambiance n’a rien d’un musée à ciel ouvert. On y fait du paddle, du canoë, de la plongée en eau douce. Les plus contemplatifs se contentent d’une baignade dans une eau fraîche mais limpide, entourés par un panorama de falaises et de verdure dense. Pour ceux qui cherchent une destination préservée du tourisme de masse, c’est exactement le genre d’adresse qui coche toutes les cases.
Les sentiers de randonnée autour des lacs mènent à des belvédères spectaculaires, avec vue plongeante sur les eaux turquoise. Mais le vrai bonus, celui que les habitués gardent pour eux, se trouve à quelques minutes de route seulement : les Cascades du Hérisson. Une succession de chutes d’eau nichées dans la forêt, sur plus de 3 kilomètres de sentier balisé. Trente et une cascades au total, dont certaines dépassent les 60 mètres de hauteur.
L’été, les plages aménagées de Chalain attirent familles et randonneurs. Mais les connaisseurs préfèrent le printemps ou l’automne. Moins de monde, des reflets changeants sur le lac, et une lumière rasante qui transforme chaque photo en fond d’écran. Le calme y est presque mystique — un mot qu’on utilise rarement pour décrire un lac français, mais qui colle parfaitement ici.
Reste une question pratique : comment y accéder sans que le trajet gâche l’escapade ?
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À 30 km de Lons-le-Saunier : l’accès le plus simple de France pour un tel décor

C’est peut-être l’argument le plus bluffant. Les lacs de Chalain et Clairvaux se situent à environ 30 kilomètres de Lons-le-Saunier, préfecture du Jura. Depuis Besançon ou Genève, comptez environ 1h30 de route. Depuis Lyon, à peine deux heures. On est loin des 10 heures de vol nécessaires pour rejoindre les vraies Maldives.
Le site de Chalain dispose d’un grand camping directement en bordure du lac, ainsi que de plusieurs hébergements pour tous les budgets. Chalets, mobile-homes, emplacements pour tentes : l’offre est suffisamment variée pour un week-end improvisé comme pour une semaine complète. Si vous prévoyez vos vacances de printemps, c’est une alternative sérieuse aux destinations classiques.
Les villages voisins méritent aussi le détour. Doucier, à deux pas de Chalain, offre un point de départ idéal pour les randonnées vers les cascades. Clairvaux-les-Lacs, avec ses ruelles et ses petits restaurants, propose une ambiance de village de vacances sans l’agitation des stations balnéaires. C’est le genre d’endroit où le serveur vous tutoie au deuxième café.
Et puisqu’on parle de table, il serait criminel de quitter le Jura sans goûter à ses spécialités. Ce qui nous amène au dernier argument — celui qui fait pencher la balance pour de bon.
Comté affiné et truite du Jura : le bonus gastronomique que les tropiques n’ont pas

Soyons honnêtes : les Maldives, c’est sublime. Mais on n’y mange pas de comté affiné 18 mois. Ni de truite fraîchement pêchée dans un torrent de montagne. Les restaurants des villages autour des lacs proposent une cuisine locale qui justifie à elle seule le déplacement. Morbiflette, cancoillotte chaude, saucisse de Morteau : on est dans le terroir franc-comtois pur jus.
La région regorge aussi de fromageries ouvertes au public, où l’on peut voir le comté se fabriquer sous ses yeux avant de repartir avec un morceau sous le bras. Pour les amateurs de fromages riches en protéines, le comté coche d’ailleurs pas mal de cases nutritionnelles — environ 26 grammes de protéines pour 100 grammes.
Le Parc naturel régional du Haut-Jura, qui englobe le lac de Chalain, offre aussi des marchés de producteurs tout l’été. Miel du Jura, vins d’Arbois, charcuteries fumées : chaque village a sa spécialité, et les prix restent doux comparés aux zones touristiques classiques. Un repas complet dans une auberge locale dépasse rarement les 20 euros par personne.
Alors oui, l’île de Ré a son charme. Les Maldives ont leurs bungalows sur pilotis. Mais pour un dépaysement total à deux heures de Lyon, avec des eaux turquoise, des cascades dans la forêt et du comté au dîner, le Jura joue dans une catégorie à part. Le genre de destination qu’on découvre par hasard — et où l’on revient chaque année.