On a passé un week-end à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, ce monastère du XIIᵉ devenu hôtel 5 étoiles

À 45 minutes de Paris, en plein cœur de la forêt de Rambouillet, une abbaye cistercienne de 900 ans a été transformée en l’un des hôtels les plus spectaculaires d’Île-de-France. On y a posé nos valises un week-end. Verdict.
Il y a des endroits qui se méritent. L’Abbaye des Vaux-de-Cernay, c’est d’abord une route forestière qui s’enfonce dans les bois de Rambouillet, puis une grille en fer forgé qui s’ouvre sur un domaine de 80 hectares. Le genre d’arrivée qui donne immédiatement le ton.
Fondée en 1118 par une poignée de moines cisterciens, l’abbaye a traversé les siècles, les guerres et les épidémies avant d’être complètement vidée à la Révolution française. Devenue carrière de pierre au XIXᵉ siècle, elle doit son sauvetage à une femme : la baronne Charlotte de Rothschild, qui rachète le site en 1873 et entreprend de relever les ruines.
Aujourd’hui, le domaine appartient au groupe Paris Society, qui a entièrement rénové l’ensemble en 2023. Et on parle bien d’une rénovation totale : 144 chambres et suites réparties sur quatre bâtisses (l’Abbaye, les Haras, les Pavillons et la Ferme), quatre restaurants, deux bars, un spa avec piscine chauffée, et même un Kids Club signé Tartine & Chocolat. La direction artistique a été confiée à Cordélia de Castellane, par ailleurs directrice artistique de Dior Maison.
Une chambre dans les anciennes écuries
On a choisi les Haras, les anciennes écuries du domaine reconverties en chambres mansardées. Bon compromis entre prix et confort selon les habitués, et on confirme. Tapisseries florales, toile de Jouy, mobilier chiné, salle de bain en marbre : on dort dans une maison de campagne de luxe, version manoir anglais. Vue sur les paddocks depuis le balcon, calme absolu.
À noter que les chambres de la Ferme sont sensiblement plus éloignées du bâtiment principal de l’abbaye. Si vous venez pour l’atmosphère médiévale, mieux vaut viser l’Abbaye, les Haras ou les Pavillons.
Le Réfectoire des Moines, claque architecturale

C’est LE moment du séjour. Le Réfectoire des Moines, ancienne salle où mangeait la communauté monastique au XIIIᵉ siècle, a été transformé en salle de petit-déjeuner et de brunch. Voûtes en ogive, colonnes de pierre, hauteur sous plafond vertigineuse. Le matin, la lumière qui tombe par les vitraux sur les tables dressées, c’est un moment qui justifie à lui seul le voyage.
Quatre restaurants se partagent le domaine. Les Chasses, restaurant gastronomique avec ses boiseries et son ambiance feutrée, pour le dîner. L’Auberge, plus rustique et chaleureuse, avec parfois un pianiste en soirée. Une trattoria italienne. Et le Jame’s Bar, qui sert un tea-time les vendredis, samedis et dimanches de 14h à 17h (à viser dès 14h pile pour profiter du buffet avant qu’il ne soit pillé).
Le bémol qu’on a noté
Soyons honnêtes : le rapport qualité-prix de la restauration fait débat dans les avis clients, et on comprend pourquoi. Le brunch peut grimper à 145 € par personne, et certains plats sont parfois jugés inégaux compte tenu du positionnement de l’établissement. Le service, lui, est unanimement salué — y compris par nous.
Autre point à savoir : le domaine est désormais entièrement privatisé. Le parc et l’abbaye ne sont plus en accès libre comme c’était le cas il y a quelques années. Pour entrer, il faut obligatoirement une réservation à l’hôtel ou dans l’un des restaurants. Fin d’une époque pour les promeneurs du dimanche.
Les activités incluses, le vrai bon point
Pendant le séjour, l’accès aux activités est inclus : pédalos et barques sur l’étang, vélos, tennis, jeux pour enfants, piscine extérieure chauffée. C’est ce qui fait basculer le séjour de « nuit d’hôtel chic » à vraie expérience week-end. On a fait deux heures de barque sur le lac un samedi après-midi, avec les hérons cendrés qui décollaient à dix mètres. Difficile de croire qu’on est à 45 minutes de la Porte d’Auteuil.
À retenir avant de réserver
Les tarifs démarrent autour de 290 € la nuit hors période de pointe et grimpent vite pour les suites signature. Réservez les restaurants longtemps à l’avance, surtout pour un créneau tôt en soirée (19h, c’est l’idéal pour les meilleures tables). Et si vous y allez en automne ou par temps de brouillard, l’atmosphère devient carrément mystique — c’est probablement la meilleure période pour découvrir le lieu.
Bref, l’Abbaye des Vaux-de-Cernay tient sa promesse : 900 ans d’histoire, un cadre absolument unique en Île-de-France, et une expérience qui se vit bien plus qu’elle ne se raconte. On y retourne sans hésiter — en visant cette fois les Singulières de l’Abbaye, dont on nous a beaucoup parlé.