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« Avec 80 euros, j’étais comme un millionnaire » : ce pays d’Asie centrale où un repas coûte 3 euros

Publié par Ambre Détoit le 08 Mai 2026 à 15:46

Une bière à un euro. Un repas complet pour trois euros. Une chambre moderne à quinze euros la nuit. Non, ce n’est pas une erreur d’affichage sur Booking. C’est le quotidien des voyageurs qui posent le pied dans ce pays d’Asie centrale encore méconnu du grand public. Deux blogueurs européens ont partagé leur expérience, et leurs témoignages donnent sérieusement envie de boucler sa valise.

Voyageuse tenant des liasses de billets ouzbeks au bureau de change

Des liasses de billets pour 80 euros

C’est une scène que Milica, blogueuse serbe, n’est pas près d’oublier. En arrivant à destination, elle se rend dans un bureau de change et tend un billet de 80 euros. Ce qu’on lui remet en retour la laisse bouche bée : des liasses entières de billets en monnaie locale, des sums. « Avec 80 euros, j’étais comme un millionnaire », raconte-t-elle, amusée par l’épaisseur de son portefeuille soudainement gonflé.

Mais le plus surprenant n’est pas le volume de billets. C’est ce qu’on peut en faire. Milica détaille son budget quotidien dans la capitale : un euro pour une course en taxi, trois à quatre euros pour un déjeuner copieux au restaurant. Des tarifs qui feraient passer certaines destinations marocaines bon marché pour des adresses de luxe.

De l’autre côté du continent, un blogueur néerlandais nommé Lourens a vécu exactement le même choc. Spécialisé dans les destinations méconnues, il a commandé une bière dans un café local et reçu l’addition : un euro. Son repas au restaurant lui a coûté entre 3 et 4 euros. La nuit dans un appartement moderne ? Quinze euros. Pour ce voyageur habitué aux prix européens, le verdict est sans appel : il qualifie cette destination de « pays le moins cher du monde ».

Alors, vous avez deviné ? Direction l’Ouzbékistan.

Un mini-Dubaï à prix cassés

L’Ouzbékistan, c’est ce pays coincé entre le Kazakhstan, le Turkménistan et l’Afghanistan dont la plupart des Français seraient incapables de placer la capitale sur une carte. Cette capitale, c’est Tachkent. Et visiblement, elle réserve quelques surprises.

Gratte-ciels modernes et vieille ville historique de Tachkent en Ouzbékistan

Lourens, suivi par plus de 19 000 abonnés sur Instagram, décrit une ville aux deux visages. D’un côté, des gratte-ciels modernes qu’il compare sans hésiter à un « mini-Dubaï ». De l’autre, une vieille ville historique où le temps semble s’être arrêté. Le contraste est saisissant, et c’est précisément ce mélange qui rend l’expérience unique.

Pour ceux qui aiment voyager autrement, le blogueur néerlandais recommande aussi le train à grande vitesse ouzbek. Pour 15 euros — le prix d’un sandwich dans un TGV français — vous filez de Tachkent à Samarcande, la capitale culturelle et historique du pays. Un trajet qui, pour les amateurs de voyages en train, vaut le détour à lui seul.

Mais le vrai trésor de l’Ouzbékistan ne se mesure pas en billets de banque. Il se contemple.

Samarcande, le joyau que Marco Polo a traversé

Samarcande. Rien que le nom évoque les caravanes, les épices et la Route de la Soie. Et la réalité est à la hauteur de la légende. Le Régistan, ensemble monumental composé de trois médersas majestueuses, constitue l’un des sites les plus photographiés d’Asie centrale. Ses mosaïques bleues, qui datent des XVᵉ au XVIIᵉ siècles, brillent encore sous le soleil avec une intensité presque irréelle.

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L’allée funéraire de Shah-i-Zinda ajoute une dimension spirituelle au voyage. Ce lieu de pèlerinage majeur en Asie centrale aligne des mausolées décorés de céramiques turquoise sur plusieurs centaines de mètres. À quelques pas, le mausolée Gour Emir abrite sous un imposant dôme bleu et or la dépouille de Tamerlan, l’ancien émir et chef militaire qui a régné sur un empire s’étendant de la Turquie à l’Inde.

Et Samarcande n’est même pas la seule ville à couper le souffle. Si vous pensiez que les plus belles villes se trouvent toutes en Europe, l’étape suivante risque de vous faire changer d’avis.

Boukhara et Khiva : 250 monuments et un minaret visible à des kilomètres

Place du Régistan à Samarcande avec ses mosaïques bleues monumentales

Boukhara, c’est deux cent cinquante monuments classés concentrés dans une seule ville. Un chiffre qui donnerait le tournis à n’importe quel guide touristique. Parmi eux, le minaret Kalon culmine à quarante-sept mètres de hauteur. Pendant des siècles, il a servi de repère aux caravanes de marchands qui traversaient les déserts d’Asie centrale.

Khiva, elle, joue dans une catégorie à part. Dernière étape avant la traversée du désert du Karakoum, cette cité fortifiée préserve derrière ses remparts un labyrinthe de ruelles, de mosquées et de palais qui semble tout droit sorti d’un conte des Mille et une nuits. Le tout dans un état de conservation remarquable.

Pour les voyageurs qui hésitent encore à franchir le pas, un argument supplémentaire devrait peser dans la balance : la sécurité. L’Ouzbékistan offre un niveau de sûreté appréciable pour les visiteurs, particulièrement dans les grandes villes touristiques comme Samarcande et Boukhara. Seules les zones frontalières avec l’Afghanistan nécessitent davantage de prudence, ce qui est plutôt logique.

Pourquoi l’Ouzbékistan pourrait devenir la destination de 2026

On ne va pas se mentir : quand on cherche une destination pas chère, on pense d’abord au Maroc, à la Tunisie ou au Portugal. Rarement à l’Asie centrale. Et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Là où une semaine tout compris en Europe dépasse souvent les 500 euros, l’Ouzbékistan permet de vivre comme un roi avec un budget maîtrisé.

Récapitulons : une bière à 1 euro, un repas entre 3 et 4 euros, un taxi à 1 euro, une chambre à 15 euros, un billet de TGV à 15 euros. Sur une semaine, un voyageur raisonnable peut s’en sortir pour moins de 200 euros tout compris sur place, hors billet d’avion. Même les retraités qui s’installent au Maroc pour profiter du coût de la vie doux pourraient être tentés par la comparaison.

Le pays mise d’ailleurs de plus en plus sur le tourisme. Les infrastructures se modernisent, les liaisons aériennes se développent, et les formalités d’entrée ont été considérablement simplifiées ces dernières années pour les ressortissants européens. L’Ouzbékistan a compris que son patrimoine exceptionnel, hérité de la Route de la Soie, méritait d’être vu par le monde entier.

Alors, la prochaine fois que vous planifierez un voyage hors des sentiers battus, pensez-y. Pour le prix d’un week-end à Paris, vous pourriez passer une semaine entière à explorer des merveilles millénaires — avec des liasses de billets plein les poches et le sourire de Milica sur le visage.

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