Deux baigneurs meurent en Gironde : ce courant invisible que 31 personnes ont subi en 3 jours

Les plages de Gironde affichaient complet ce week-end, dopées par une chaleur inédite pour la saison. Mais sous les vagues paisibles en apparence, un piège mortel guettait les baigneurs. Deux personnes sont mortes dimanche, emportées par des courants de baïnes à Lacanau et Lège-Cap-Ferret. Et le bilan des secours depuis vendredi donne le vertige : 31 interventions en trois jours sur le littoral girondin.
Plus de 30 °C et des plages non surveillées : le cocktail fatal du week-end

Le Sud-Ouest a connu ce week-end une vague de chaleur exceptionnelle par sa précocité. Les thermomètres ont grimpé au-delà de 30 °C dimanche, poussant des milliers de familles vers le littoral atlantique. Problème : la saison de surveillance des plages n’avait pas encore débuté. La plupart des postes de secours restaient fermés, laissant les baigneurs livrés à eux-mêmes face à l’océan.
Dès mercredi, les préfectures de Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques avaient pourtant émis une alerte aux baïnes. Ces chenaux creusés dans le sable par les marées génèrent des courants puissants capables d’aspirer un nageur vers le large en quelques secondes. L’avertissement, visiblement, n’a pas suffi. Depuis vendredi, 31 personnes ont dû être secourues après avoir été emportées par ces courants sur la côte girondine. Et parmi elles, deux n’ont pas survécu.
Une touriste allemande de 56 ans et un homme d’une soixantaine d’années
Les deux drames se sont produits à quelques kilomètres l’un de l’autre. À Lège-Cap-Ferret, une femme de nationalité allemande âgée de 56 ans a perdu la vie, happée par le courant de baïne. À Lacanau, un homme d’une soixantaine d’années a subi le même sort. Son épouse, elle aussi piégée par le courant, a pu être sauvée par les secours, a confirmé le maire de Lacanau, Laurent Peyrondet.
La préfecture de la Gironde a immédiatement lancé un appel à « une vigilance maximale ». Elle a demandé aux mairies du littoral et aux services de secours de renforcer les actions de prévention et de sensibilisation. Car le danger ne faiblit pas avec la marée montante : tant que la houle reste forte et les bancs de sable instables, les courants côtiers restent un piège redoutable, même à faible profondeur. Et la chaleur annoncée pour les prochains jours ne va rien arranger.
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Comment repérer une baïne avant d’entrer dans l’eau
Sur les plages du littoral atlantique, les baïnes se signalent par un détail que la plupart des vacanciers ignorent. Depuis le bord, elles ressemblent à une zone d’eau calme, presque plate, entre deux zones de vagues. C’est justement cette apparence trompeuse qui attire les baigneurs — l’endroit semble plus sûr alors qu’il concentre le courant de sortie le plus violent.
En cas de prise au piège, les sauveteurs sont formels : ne jamais lutter frontalement contre le courant. La technique consiste à nager parallèlement à la plage pour sortir du chenal, puis à regagner le rivage en biais. Résister de face épuise même un bon nageur en quelques minutes. La préfecture insiste : baignez-vous exclusivement dans les zones surveillées par des drapeaux, et consultez les bulletins de baïnes avant toute sortie. Chaque été, la façade atlantique déplore des noyades liées à ce phénomène naturel aussi discret que redoutable.
Deux morts, 31 sauvetages en un week-end : les baïnes rappellent chaque année que l’océan Atlantique ne pardonne pas l’insouciance. Avec les fortes chaleurs qui s’installent et la surveillance des plages encore incomplète, les prochains jours s’annoncent à haut risque sur tout le littoral. Avant de plonger, un coup d’œil au bulletin de baïnes peut vous sauver la vie — et celle de vos proches.