Alex, 5 ans, survit 42 heures seul dans une forêt pleine d’ours bruns en Roumanie

Un enfant de 5 ans, seul pendant presque deux jours, dans une forêt roumaine où rôdent des centaines d’ours bruns. L’histoire d’Alex ressemble à un scénario de film catastrophe, sauf qu’elle est bien réelle. Ce que les sauveteurs découvrent en le localisant depuis un hélicoptère, mercredi 13 mai, leur arrache des larmes et défie toute logique.
Sebeșu de Jos : comment Alex, 5 ans, a disparu en quelques minutes
Lundi 11 mai, dans le village de Sebeșu de Jos, au cœur de la Transylvanie, le père d’Alex installe une clôture électrique en lisière de forêt. Le garçonnet l’accompagne. Quelques minutes d’inattention suffisent : l’enfant s’enfonce entre les arbres sans bruit. Son père le cherche seul d’abord, puis alerte la police à la tombée de la nuit.
Le problème, c’est le décor. Cette zone rurale abrite la plus grande population d’ours bruns d’Europe. Attaques sur le bétail, rencontres dangereuses avec l’homme : le massif boisé n’a rien d’un parc de loisirs. Les forces de l’ordre établissent un périmètre de 1 500 hectares et déploient des centaines de policiers, pompiers et secouristes de montagne. Chiens, véhicules tout-terrain, drones : tout y passe. Mais la première nuit s’achève sans trace d’Alex, sous la pluie et dans le froid. Et la suite s’annonce bien pire que prévu.
42 heures de battues et une angoisse qui monte heure après heure
Au fil des heures, le dispositif grossit encore. Des renforts convergent de plusieurs villes roumaines. Un hélicoptère de secours survole la canopée en boucle tandis que des drones thermiques scrutent les ravins. Au sol, les sauveteurs progressent lampe au poing, mètre par mètre, sur des pentes glissantes couvertes de végétation dense.
L’hypothermie devient la menace numéro un. Alex est parti pieds nus, sans vêtements chauds, exposé à des températures nocturnes glaciales pour un enfant de son âge. Mais la rencontre avec un ours reste dans toutes les têtes. Comme l’a rapporté La Dépêche, chaque secteur inspecté sans résultat fait reculer l’espoir de retrouver le petit garçon vivant. Personne n’ose prononcer le mot que tout le monde redoute. Les battues continuent pourtant, nuit et jour, sans interruption. Puis arrive le troisième jour — et un retournement inattendu.

Le « miracle » de la clairière : ce que les secours découvrent en retrouvant Alex
Certains signaux changent tout en une seconde. Mercredi 13 mai, vers 13 heures, l’hélicoptère survole une énième parcelle de forêt. Et là, à travers les branches, les opérateurs distinguent une minuscule silhouette sur une pente : Alex est assis, les mains jointes, le visage levé vers le ciel.
Un sauveteur hélitreuillé le rejoint immédiatement. L’enfant est trempé, frigorifié, mais conscient. « C’était un moment très émouvant. Je n’aurais jamais cru vivre une chose pareille », confie le secouriste. Il lui fait signe de ne pas bouger, le rassure, puis le ramène vers l’équipe au sol. Transporté à l’hôpital, Alex souffre d’hypothermie mais son état est rapidement stabilisé. Un secouriste lâche le mot qui résume tout : « un miracle ». Car survivre 42 heures à 5 ans, sans eau, sans abri, dans un territoire d’ours, dépasse l’entendement. Dans une vidéo adressée aux équipes, le père d’Alex, en larmes, murmure simplement : « Je tiens à remercier tout le monde du fond du cœur. »
Un gamin de 5 ans, deux nuits sous la pluie, des ours partout — et il est là, vivant, les mains jointes dans une clairière. Parfois, la réalité dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer. Reste une question qui hante : comment un enfant si jeune a-t-il trouvé la force de rester immobile, silencieux, pendant presque deux jours entiers dans l’obscurité ?