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Dans les comptes de Lucie, auxiliaire de puériculture à Nîmes à 1 680 € nets par mois

Publié par Mathieu le 07 Juin 2026 à 19:01

Lucie a 29 ans, elle est auxiliaire de puériculture dans une crèche municipale de Nîmes. Chaque mois, 1 680 € nets tombent sur son compte. Elle vit seule dans un T2 du quartier Gambetta et n’a ni voiture ni crédit à la consommation. Voici comment elle répartit chaque euro.

Ce qui entre sur son compte chaque mois

Son salaire net s’élève à 1 680 € par mois, primes incluses. Lucie est en catégorie C de la fonction publique territoriale, échelon 4. Sa fiche de paie affiche un traitement brut d’environ 1 930 €, auquel s’ajoutent le complément de traitement indiciaire (CTI) de 49 € nets et le supplément familial de traitement de base.

Jeune femme consultant sa fiche de paie dans sa cuisine

En décembre, elle touche une prime de fin d’année versée par la mairie, qui représente environ 650 €. Lissée sur douze mois, cette prime équivaut à 54 € mensuels supplémentaires. Lucie ne perçoit ni APL — son loyer dépasse le plafond éligible pour une personne seule sans enfant dans cette zone — ni aucun autre revenu complémentaire.

« Je ne fais pas d’heures sup, c’est rare en crèche municipale. Mon salaire, c’est mon salaire, point. » Au total, en moyenne annuelle lissée, Lucie dispose de 1 734 € par mois. Mais au quotidien, elle raisonne sur ses 1 680 € nets hors prime.

Le mur des dépenses fixes

Son loyer absorbe 560 € charges comprises pour un T2 de 42 m² dans le centre de Nîmes. C’est 33 % de son salaire net, un ratio que les experts considèrent comme la limite haute pour un budget sain. Lucie a choisi cet appartement pour sa proximité avec la crèche : douze minutes à pied, zéro frais de transport.

Mains répartissant des euros dans des bocaux de budget

L’assurance habitation lui coûte 18 € par mois. Sa mutuelle santé, obligatoire mais partiellement prise en charge par l’employeur public, revient à 32 € de reste à charge. Son forfait téléphone est à 12 € chez un opérateur low-cost, et sa box internet à 20 €.

Côté abonnements, elle cumule un seul service de streaming à 6 € par mois et une salle de sport à 25 €. L’impôt sur le revenu, prélevé à la source, représente 42 € mensuels. « Quand j’ai vu la première retenue sur ma fiche de paie, j’ai failli pleurer. C’est pas énorme, mais sur 1 680 €, ça compte. »

Total des charges fixes : 715 € par mois. Il lui reste donc 965 € pour tout le reste. Sur le papier, ça semble gérable. Dans la réalité, c’est une autre histoire.

Là où l’argent file sans prévenir

Les courses alimentaires représentent son deuxième poste le plus lourd : 280 € par mois. Lucie fait ses achats principalement chez Lidl et au marché des Halles le dimanche matin. Elle cuisine beaucoup, prépare ses repas pour la crèche et évite le gaspillage. Malgré ça, le budget ne descend jamais en dessous de 260 €.

Les sorties et restaurants pèsent 80 € mensuels. « Un resto avec les copines, c’est 25 € minimum à Nîmes. Je m’autorise deux ou trois sorties, pas plus. » Elle ajoute 30 € de cafés et verres en terrasse, un poste qu’elle surveille de près depuis janvier.

Le shopping vêtements et produits de beauté tourne autour de 60 € en moyenne. Certains mois c’est zéro, d’autres c’est 120 € quand il faut renouveler des basiques. L’hygiène et les produits ménagers comptent pour 35 € supplémentaires.

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Lucie n’a pas de voiture, mais elle utilise un vélo électrique acheté d’occasion à 450 €. L’entretien et les petites réparations reviennent à environ 15 € par mois. Pour les trajets plus longs — voir sa famille à Montpellier —, elle prend le TER : 40 € mensuels en moyenne lissée, grâce à la carte Avantage SNCF à 49 € l’année.

Les loisirs hors sorties — livres, expos, cinéma — représentent 25 € par mois. Quant aux vacances, Lucie provisionne 70 € mensuels sur un sous-compte dédié. « L’été dernier, je suis partie une semaine en Ardèche en camping. Budget total : 380 €. C’était parfait. »

Total des dépenses variables : 635 € par mois. Quand on additionne les fixes, on arrive à 1 350 €. Il reste 330 € en théorie. Mais la théorie, dans un budget serré, c’est un luxe.

Ce qu’il reste quand tout est payé

En fin de mois, Lucie met entre 150 et 200 € de côté. Elle vire automatiquement 150 € le 5 de chaque mois sur un Livret A qui affiche aujourd’hui 4 200 €. Le reste sert de matelas de sécurité sur son compte courant.

Elle n’a aucun crédit en cours. Son vélo a été payé comptant, et elle refuse par principe de s’endetter pour de la consommation. « Ma mère a galéré avec des crédits revolving pendant des années. Ça m’a vaccinée. »

Son projet à moyen terme : passer le concours d’éducatrice de jeunes enfants pour grimper en catégorie B. Le gain salarial espéré serait d’environ 250 à 350 € nets supplémentaires par mois. Elle économise aussi pour financer une formation complémentaire si le concours interne ne suffit pas.

Les mois compliqués, ce sont janvier — après les fêtes — et septembre, quand les dépenses imprévues s’accumulent. En mars dernier, une panne de chauffe-eau lui a coûté 180 € de participation, même dans un logement locatif. « Ce mois-là, j’ai mis 0 € de côté. Zéro. Et j’ai pioché 30 € dans le Livret A. »

Si on compare à la médiane nationale, Lucie se situe nettement en dessous. Le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets mensuels. Avec 1 680 €, elle fait partie des 30 % de salariés les moins bien payés du pays, malgré un métier essentiel qui demande un diplôme d’État et trois ans de formation post-bac.

Son rapport à l’argent tient en une phrase : « Je ne me plains pas, je vis correctement. Mais quand je vois le prix d’une coupe chez le coiffeur ou d’un resto correct, je me dis que ce pays n’est plus calibré pour les gens qui gagnent moins de 2 000 €. »

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