C’est officiel : ce projet fou de l’État va utiliser votre Livret A pour financer l’avenir énergétique de la France
Le Livret A, un placement anodin ? Pas si vite

Plus de 75 % des ménages français possèdent un Livret A. Un chiffre qui dit tout sur l’attachement des Français à ce placement simple, sécurisé et disponible à tout moment.
Pourtant, ce que l’État prévoit de faire avec cet argent en 2026 risque de faire beaucoup parler. Et non, ce n’est pas anodin.
447 milliards d’euros dormants… que l’État lorgnait depuis longtemps
Selon l’Observatoire de l’épargne réglementée, la somme moyenne placée sur un Livret A s’élevait à 7 482 euros en 2024. En cumulant l’ensemble des livrets, on atteint un stock colossal de 447,8 milliards d’euros, comme le rappelle Club Patrimoine.
Une manne que l’État n’a pas ignorée. Loin de là.
Comment fonctionne vraiment le fonds d’épargne ?

Beaucoup de Français l’ignorent : une partie de l’argent déposé sur les livrets réglementés ne reste pas dormir dans un coffre.
« C’est une administration publique qui gère cet argent dans ce qu’on appelle le fonds d’épargne », a expliqué la chroniqueuse Bérénice Deville Feluriot sur CNews.
Ce fonds d’épargne est géré par la Caisse des dépôts, qui centralise environ 60 % des sommes collectées.
Jusqu’à présent, cet argent servait à financer le logement social et les infrastructures locales. Deux priorités que le gouvernement assure vouloir maintenir.
Mais un tout autre projet est désormais dans les tuyaux.
Le projet que personne n’avait vu venir
L’État prévoit d’utiliser une partie du fonds d’épargne pour financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2.
C’est Emmanuel Macron lui-même qui a annoncé ce chantier colossal. Le coût total : 72,8 milliards d’euros.
Et sur cette somme, 60 %, soit environ 44 milliards d’euros, seraient financés via le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts.
« L’État veut construire six nouveaux réacteurs EPR2. Et sur cette somme, 60 %, soit environ 44 milliards d’euros, seront financés via ce fameux fonds d’épargne de la Caisse des dépôts », a confirmé Bérénice Deville Feluriot sur CNews.
Une décision qui s’inscrit dans une stratégie de souveraineté énergétique et industrielle à long terme.
Mais concrètement, votre argent va-t-il directement dans les poches d’EDF ?

La question que tout le monde se pose. Et la réponse est claire.
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« Cet argent prendra la forme d’un prêt de très long terme à EDF, avec un soutien de l’État. Ce n’est pas votre argent du Livret A qui va directement dans les poches d’EDF », a précisé la chroniqueuse.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un transfert de votre épargne vers EDF. Il s’agit d’un mécanisme de prêt, adossé au fonds d’épargne, qui continuera d’être remboursé.
Ce projet reste également soumis à l’approbation de la Commission européenne et devra passer par une loi de finances. Rien n’est encore gravé dans le marbre.
Votre Livret A reste disponible, voici pourquoi
C’est la première question que se posent les épargnants : vais-je encore pouvoir retirer mon argent librement ?
La réponse est oui, sans condition. « Le Livret A reste évidemment disponible », a affirmé Bérénice Deville Feluriot.
Autre point rassurant : la rémunération du Livret A ne dépend pas de la rentabilité d’un réacteur nucléaire.
« Sa rémunération est fixée selon une formule très réglementée, liée notamment à l’inflation et au taux de court terme, pas à la rentabilité d’un réacteur », a-t-elle précisé.
En clair : que le chantier des EPR2 se passe bien ou mal, votre taux d’intérêt ne sera pas impacté.
Un contexte d’épargne déjà sous pression

Cette annonce intervient dans un contexte tendu pour les épargnants français. Le taux du Livret A a déjà été abaissé, et plusieurs réformes touchant l’épargne sont dans les tuyaux.
Si vous suivez de près l’actualité de votre Livret A, vous savez que votre épargne risque de fondre dès le 1er août en raison de la baisse du taux.
Par ailleurs, Sébastien Lecornu s’en est également pris au Livret A et à l’assurance vie, laissant planer un risque fiscal supplémentaire sur l’épargne des Français.
Et la menace ne s’arrête pas là : une hausse du PFU à 30 % pourrait alourdir la facture pour les détenteurs de livrets et d’assurance-vie.
Pourquoi cette décision divise les spécialistes
D’un côté, les partisans de cette réforme voient dans l’utilisation du fonds d’épargne un levier puissant pour financer l’indépendance énergétique de la France, sans alourdir la dette publique directement.
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De l’autre, certains économistes s’interrogent sur les priorités. Faut-il mobiliser l’épargne populaire pour des investissements industriels colossaux, alors que le logement social manque déjà de financement ?
Quoi qu’il en soit, les spécialistes sont formels : le gouvernement cherche des leviers pour combler les déficits, et l’épargne des Français est clairement dans le viseur.
Ce que vous devez retenir

Voici les points essentiels à garder en tête face à cette annonce :
1. Votre Livret A reste disponible à tout moment. Aucune restriction sur les retraits n’est prévue.
2. Votre taux d’intérêt ne dépend pas du succès des EPR2. Il est calculé selon l’inflation et les taux courts, point final.
3. Ce n’est pas un transfert direct de votre épargne vers EDF, mais un mécanisme de prêt via le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts.
4. La décision n’est pas encore définitive. Elle doit encore passer devant la Commission européenne et être inscrite dans une loi de finances.
En attendant, des alternatives au Livret A existent si vous souhaitez diversifier votre épargne dans ce contexte incertain.
Et maintenant, que faire ?
Si vous êtes détenteur d’un Livret A, pas de panique immédiate. Mais restez attentif à l’évolution de la situation.
Les prochains mois seront décisifs : la Commission européenne devra se prononcer, et le Parlement devra voter. D’ici là, la décision officielle sur le financement nucléaire via le Livret A reste suspendue à plusieurs validations.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’État regarde votre épargne de très près. Et pas seulement pour les EPR2 : les comptes réglementés sont également dans le viseur pour financer le fonds de défense.
Pour ne rien manquer des évolutions qui touchent directement votre pouvoir d’achat et votre épargne, continuez à suivre l’actualité de près. Les règles du jeu changent vite.