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PFU à 30 % : ce que la hausse pourrait réellement coûter à votre assurance-vie et vos livrets

Publié par Killian Ravon le 18 Fév 2026 à 10:40

La rumeur d’un tour de vis fiscal visant l’assurance-vie et les livrets agite les épargnants depuis plusieurs semaines. Dans le même temps, un fait est déjà acté. Au 1er janvier 2026, le PFU (la “flat tax”) a évolué pour une grande partie des revenus du capital.

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Hausse du PFU : livret d’épargne et dossier d’assurance-vie sur une table, avec calculatrice et pièces en euros.
Entre livrets et assurance-vie, une hausse du PFU peut réduire le rendement net de l’épargne.

Entre annonces, approximations et vrais mécanismes, voilà ce qu’il faut comprendre. Et ce que cela peut (ou non) changer sur votre épargne.

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Sébastien Lecornu photographié lors d’une réunion de ministres de la Défense en avril 2025. Crédit : Polish presidency of the Council of the EU 2025.
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Une inquiétude qui monte… sur fond de fiscalité déjà mouvante

Depuis la mi-janvier, plusieurs publications en ligne relaient l’idée d’une réforme portée par le gouvernement de Sébastien Lecornu. Qui viserait les placements préférés des Français, avec l’assurance-vie en première ligne. Et, plus largement, les produits d’épargne. L’argument revient souvent : “augmenter les recettes” sans toucher à la TVA ni à l’impôt sur le revenu. Ce récit séduit parce qu’il est simple, mais il mélange des notions très différentes.

D’un côté, il y a des hypothèses politiques et budgétaires encore discutées. De l’autre, il y a une mécanique fiscale bien réelle. Le PFU encadre depuis 2018 l’imposition de nombreux revenus du capital. Et son taux global dépend aussi des prélèvements sociaux. Le ministère de l’Économie rappelle d’ailleurs que le PFU est un taux “tout compris”. Composé d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

C’est là que beaucoup se perdent. Des articles parlent d’une “hausse du PFU à 30 %” alors que, dans les textes et la communication officielle. 30 % correspond déjà au cadre historique (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).

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L’hémicycle du Palais Bourbon, où se discutent les lois budgétaires. Crédit : Coucouoeuf.

Hausse du PFU : 30 %, 31,4 %… pourquoi les chiffres ne racontent pas la même histoire

Le point clé, c’est le taux global effectivement prélevé sur une grande partie des intérêts, dividendes et plus-values. Plusieurs sources spécialisées indiquent qu’au 1er janvier 2026. Ce taux global a été relevé à 31,4 % pour de nombreux produits. Notamment via une hausse des prélèvements sociaux (dans ces explications, l’impôt sur le revenu reste à 12,8 % et la partie “sociale” augmente).

MoneyVox résume la situation ainsi, 2026 marque un basculement du taux “standard” appliqué sur beaucoup de revenus du capital. Avec un PFU qui n’est plus, dans les faits, le fameux 30 % dans de nombreux cas.

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Alors pourquoi lit-on encore “30 %” partout ? Parce que le terme “flat tax à 30 %” est devenu une expression reflexe. Et parce que certains produits (notamment une partie de l’assurance-vie) ont des règles particulières. Par ailleurs, la confusion s’amplifie dès qu’on met dans le même panier assurance-vie, livrets bancaires et livrets réglementés.

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Les “livrets” : lesquels sont concernés… et lesquels ne le sont pas

On entend souvent “les livrets” comme un bloc. En réalité, il y a au moins deux familles.

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D’abord, les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) : leurs intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Pour le Livret A, Service-public.fr est très clair : pas d’impôt, pas de prélèvements sociaux sur les intérêts.

Ensuite, les livrets fiscalisés (comptes sur livret “maison”, livrets bancaires promotionnels, comptes à terme, certains PEL selon leur ancienneté, etc.). Eux, entrent dans le champ du PFU, sauf option pour le barème. Service-public.fr rappelle par exemple que des revenus d’épargne. Et de placement peuvent être imposés au PFU à 30 % (dans sa présentation “classique”). Ou au barème.

Résultat : si l’on parle d’un PFU qui augmente “en pratique” pour beaucoup de revenus du capital. Cela touche surtout les produits fiscalisés. En revanche, affirmer que le Livret A serait directement “taxé” par une hausse du PFU est trompeur. Puisque le Livret A est exonéré.

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Assurance-vie : ce qui peut bouger, et ce qui est déjà verrouillé

L’assurance-vie reste le grand pilier de l’épargne en France, et sa fiscalité est plus nuancée qu’un simple “PFU = X%”.

Déjà, l’imposition n’intervient qu’au moment d’un rachat (partiel ou total) : tant que vous laissez votre contrat vivre, il n’y a pas d’impôt sur les gains “non retirés”. Service-public.fr le rappelle dans ses fiches pratiques, en expliquant que les gains sont imposés selon la durée de détention, avec des cas d’exonération.

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Ensuite, après 8 ans, un abattement annuel s’applique sur les gains retirés (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Cette règle, rappelée par le site de l’Économie, change la donne pour beaucoup d’épargnants “long terme”.

Enfin, il existe des taux spécifiques selon l’ancienneté du contrat et, dans certains cas, selon la date des versements. Impots.gouv.fr détaille aussi des prélèvements forfaitaires historiques (35 %, 15 %, 7,5 % selon les durées) dans certaines configurations, ce qui explique pourquoi l’assurance-vie n’est pas toujours traitée exactement comme un compte-titres.

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C’est là que la “piste Lecornu” devient sensible : toucher à l’assurance-vie, c’est toucher à un produit qui sert à la fois d’épargne de précaution “améliorée”, de préparation retraite, et d’outil de transmission. Une modification du cadre fiscal, même limitée, peut changer les arbitrages… surtout quand les rendements se resserrent ailleurs.

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Gros plan sur une pièce d’un euro, pour illustrer l’impact des prélèvements sur le rendement net. Crédit : Markus Filp.

Le vrai effet pour vous : un rendement net qui se contracte (mais pas partout)

Pour mesurer l’impact, il faut raisonner en net, pas en brut. Si votre placement est fiscalisé et que le taux global prélevé passe de 30 % à 31,4 %, votre gain net baisse mécaniquement, même si la différence semble “petite” sur le papier.

Un exemple simple aide à visualiser. Sur 1 000 € d’intérêts bruts, un prélèvement à 30 % laisse 700 € nets. À 31,4 %, il reste 686 € nets. L’écart est de 14 € pour 1 000 € d’intérêts — et il grossit avec les montants, la durée et la capitalisation. La Finance pour Tous confirme ce nouveau taux global et son découpage tel qu’il est présenté pour 2026.

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Là où cela devient concret, c’est si vous utilisez des produits fiscalisés comme “parking” de trésorerie (livrets bancaires, comptes à terme) ou si vous réalisez régulièrement des plus-values. Dans ces cas, la hausse rogne le rendement net, sans que vous puissiez l’éviter autrement qu’en changeant de support, en espaçant les retraits, ou en optant pour le barème si cela vous avantage (ce qui dépend du foyer fiscal).

À l’inverse, si votre épargne est majoritairement sur Livret A/LDDS/LEP, la fiscalité ne mord pas sur les intérêts. En revanche, une autre variable compte énormément : le taux servi.

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Livret A : pas une taxe, mais un rendement en baisse… et ça change déjà la psychologie des épargnants

Le débat fiscal arrive au moment où le Livret A subit une nouvelle révision. Le ministère de l’Économie indique qu’à partir du 1er février 2026, le taux du Livret A est abaissé à 1,5 % (après 1,7 % depuis août 2025).

De son côté, Service-public.fr a également publié une actualité sur la baisse des taux du Livret A et du LEP à compter du 1er février 2026.

Ce mouvement n’est pas une fiscalité, mais il produit un effet très proche dans la tête des gens : l’épargnant a l’impression de “perdre” une partie de son gain. Quand le rendement baisse, la tentation de chercher mieux augmente, et c’est souvent l’assurance-vie (fonds euros) qui récupère une partie de l’attention, comme l’observaient déjà certains articles économiques ces derniers mois.

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Des lingots d’or, une image fréquente quand la discussion se tourne vers la diversification. Crédit : Stevebidmead.

Métaux précieux, exil fiscal, diversification : ce que les discours disent… et ce que l’on peut en tirer

Dans les papiers qui ont alimenté l’inquiétude, on voit revenir deux réflexes : “partir au Luxembourg/Belgique” et “acheter de l’or”.

Sur l’exil, la réalité est plus complexe qu’un transfert en un clic. Il faut tenir compte de la résidence fiscale, des obligations déclaratives, et du fait que l’objectif de l’épargne (liquidité, sécurité, transmission) pèse autant que la fiscalité. Cela dit, la peur d’un durcissement répété crée un climat d’instabilité, et c’est souvent ce climat — plus que le point de taxe — qui pousse à bouger.

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Sur l’or, l’idée est la même : chercher un actif “hors règles” et perçu comme une réserve de valeur. L’intérêt peut remonter quand les règles bougent, mais l’or apporte aussi sa propre volatilité et n’a pas le même rôle qu’un livret ou qu’un fonds euros. Autrement dit, l’or n’est pas un “remplaçant” de l’épargne de précaution, c’est un outil de diversification — et pas une réponse universelle.

Ce qu’il faut retenir, sans paniquer

Au milieu des titres alarmants, trois repères permettent de garder la tête froide. D’abord, le Livret A n’est pas fiscalisé : le PFU n’y mord pas. Ensuite, l’assurance-vie a une fiscalité à étages, avec des abattements et des règles qui dépendent de l’âge du contrat, donc il faut éviter les conclusions “one shot”. Enfin, une hausse du PFU (ou de son taux global effectif) touche surtout les placements fiscalisés et les gains réalisés, avec un impact net qui dépend de votre situation.

La piste d’une réforme plus large, attribuée au gouvernement Lecornu dans plusieurs contenus viraux, mérite d’être suivie avec des sources solides et des textes. En attendant, la seule certitude utile, c’est de savoir quel produit vous détenez, quel régime fiscal s’applique, et si vous avez intérêt à rester au PFU ou à opter pour le barème quand c’est possible.

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Que retenir ?

La hausse du PFU, telle qu’elle est déjà décrite pour 2026 par des sources spécialisées, réduit le rendement net des placements fiscalisés. Pour l’assurance-vie, l’effet dépendra surtout de vos retraits, de l’ancienneté du contrat et des abattements, bien plus que d’un slogan sur “les livrets”. Et si un tour de vis supplémentaire était réellement discuté, il se lirait d’abord dans les textes, pas dans les rumeurs.

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