Élections municipales : combien de candidats admis au second tour sont inquiétés par la justice ?
Philippe Janicot, Bruno Bourjac ou encore Jean-Michel Baylet ont un point commun : un inquiétant casier judiciaire.
Des électeurs peu regardants ? Un système perverti ? Comme dans le cas de l’œuf et de la poule, l’explication n’est pas si simple. Seule certitude, les candidats aux municipales condamnés ou faisant l’objet d’une mise en examen sont nombreux. Trop nombreux. Une réalité pour le moins inquiétante, notamment lorsque l’on se penche sur la teneur des plaintes…
Municipales 2026 : plus de 60 candidats aux prises avec la justice
Si beaucoup ferment les yeux, les médias veillent au grain. C’est le cas de l’émission Quotidien, ou encore de 20 Minutes, qui ne se sont pas gênés pour révéler l’effrayante réalité. Face à l’auditoire ahuri, la journaliste Juliette Pelerin dévoile l’existence d’une soixantaine de candidats condamnés ou inquiétés par la justice avant de se pencher sur le cas de Philippe Janicot, actuel maire de Boisseuil (Haute-Vienne).
Réélu dès le premier tour, l’homme savoure sa victoire. De son côté, l’électorat se montre satisfait. « Il a fait de bonnes choses pour la ville, je suis contente », confie une habitante de Boisseuil au micro de Quotidien. Quand on la questionne sur les plaintes qui visent l’élu, elle se contente de répondre : « C’est personnel. »
Voir cette publication sur Instagram
À lire aussi
Pourtant, le maire est visé par quatre plaintes pour viol. Des faits qu’il conteste. Puisqu’il n’a pas encore été jugé, Philippe Janicot reste présumé innocent. Toutefois, il fait l’objet de mesures d’éloignement et n’a donc pas le droit de se présenter à Boisseuil… dont il est le maire. En attendant, il réside à Bordeaux et effectue de ponctuels déplacements dans sa ville à l’occasion des conseils municipaux. Sa présence sur place nécessite qu’il soit escorté par les gendarmes.
Des faits de violence sur un enfant de 11 ans
Si l’affaire de Philippe Janicot est largement relayée, elle n’est pas la seule du genre. Comme lui, d’autres mis en cause savourent leur passage au second tour. C’est le cas de Jean-Michel Baylet, 79 ans, réélu dimanche dernier à la mairie de Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne). Condamné en appel par le tribunal de Paris à 30 000 euros d’amende pour abus de biens sociaux, celui qui occupe le poste de maire depuis 30 ans est également au cœur d’une enquête pour « vi*ls » et « agressions se*uelles » sur mineurs de moins de 15 ans.

Révélée en 2021, l’affaire est classée sans suite en 2022 pour cause de prescription. Contrairement à ce que beaucoup semblent penser, cela ne signifie pas que les faits sont inexistants, mais que le délai pour poursuivre l’auteur est dépassé.
À lire aussi
Également réélu, faute d’adversaires, Bruno Bourjac réintègre son siège de maire à Sainte-Croix-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence). Or, le 2 octobre 2025, l’homme a été reconnu coupable de faits de violences perpétrés à l’encontre de son fils de 11 ans. À l’issue du procès, il écope de quatre mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans et d’une obligation de soins.
Dans un article de La Provence, on apprend que l’homme a réveillé l’enfant en pleine nuit (aux alentours de 2 h 30) en le pinçant et en le mordant. Lors de son audition, celui-ci a confié avoir « peur » de lui.