Affaire Epstein : cette femme affirme avoir été envoyée au Royaume-Uni pour une nuit avec le prince Andrew à Windsor

L’affaire Epstein n’en finit plus de livrer ses secrets. Trois mois après l’arrestation du prince Andrew pour soupçons de fuites d’informations classifiées, la police de Thames Valley vient de révéler un volet bien plus sombre. Une femme, non britannique, affirme avoir été envoyée par Jeffrey Epstein au Royaume-Uni pour passer une nuit avec l’ancien duc… directement dans sa résidence royale de Windsor. Et ce n’est que le début.
Andrew dans le viseur : pourquoi l’enquête prend une ampleur inédite en 2026
Tout a basculé en février dernier. Le jour de ses 66 ans, Andrew Mountbatten-Windsor a été arrêté à son domicile de Wood Farm, sur le domaine de Sandringham. Motif initial : soupçons de faute dans l’exercice de fonctions publiques, liés à des informations confidentielles partagées avec le financier pédocriminel Jeffrey Epstein. Il a été relâché après onze heures de garde à vue, placé sous le statut d’enquête en cours.
Mais depuis, le périmètre de l’investigation a explosé. Les enquêteurs ont saisi des éléments lors de perquisitions à Royal Lodge et à Sandringham. Ils épluchent désormais des millions de documents issus des dossiers Epstein transmis par le ministère américain de la Justice. L’assistant du chef de la police, Oliver Wright, a confirmé qu’une équipe de spécialistes des agressions sexuelles graves et d’experts financiers a été mobilisée. Du jamais-vu pour un membre de la famille royale.
Une victime présumée de trafic sexuel désigne Royal Lodge comme lieu des faits
C’est la pièce maîtresse du nouveau volet. Une femme, dont l’identité reste protégée, affirme avoir été transportée par avion jusqu’au Royaume-Uni à la demande d’Epstein. Elle avait la vingtaine à l’époque. Sa destination : Royal Lodge, Windsor, la résidence personnelle d’Andrew. Elle dit y avoir passé la nuit avec le prince, avant d’être emmenée à Buckingham Palace le lendemain pour un thé et une visite privée. Les faits remonteraient à 2010.
Son avocat, Brad Edwards — le même qui représentait Virginia Giuffre et plus de 200 victimes présumées d’Epstein — a prévenu que la famille royale devrait bientôt coopérer, sous peine de poursuites judiciaires. Ces accusations font écho au règlement de l’affaire Giuffre, soldée par un accord à l’amiable estimé à 12 millions de livres, sans reconnaissance de responsabilité. Andrew a toujours nié toute relation sexuelle illicite et toute connaissance des crimes d’Epstein.
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Trafic, exploitation, « maison close royale » : ce que la justice britannique pourrait retenir
L’ampleur des charges potentielles donne le vertige. Selon l’avocat pénaliste Marcus Johnstone, spécialiste des infractions sexuelles, Andrew pourrait être poursuivi pour trafic d’êtres humains, exploitation sexuelle, voire proxénétisme. En clair, les enquêteurs cherchent à prouver qu’il aurait « sciemment facilité l’exploitation » de victimes au sein même de ses résidences royales — les transformant, selon les termes du juriste, en « maisons closes ».
La police consulte déjà le Crown Prosecution Service pour des conseils pré-inculpation. Mais l’enquête prendra des mois. Un point juridique crucial reste à trancher : Andrew peut-il être considéré comme un « agent public » au sens de la loi ? Sa fonction d’envoyé spécial pour le commerce, exercée de 2001 à 2011, est au cœur du débat. La peine maximale pour faute dans l’exercice de fonctions publiques au Royaume-Uni : la prison à vie.
D’un côté, une enquête titanesque qui brasse des millions de pages. De l’autre, un appel public aux victimes lancé par la police de Thames Valley. L’étau se resserre autour d’Andrew Mountbatten-Windsor comme jamais auparavant. Reste une question que tout le monde se pose : le roi Charles III laissera-t-il la justice aller jusqu’au bout, même si elle mène à la cellule d’un prince ?