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Trump menace de détruire l’Iran : La Maison-Blanche sur le point d’user de l’arme nucléaire cette nuit ?

Publié par Elsa Fanjul le 07 Avr 2026 à 17:21

« Une civilisation entière va mourir ce soir. » Ces mots ne viennent pas d’un film catastrophe. Ils ont été publiés mardi par le président des États-Unis sur Truth Social, à quelques heures de l’expiration de son ultimatum adressé à l’Iran. Pendant ce temps, des ponts, des voies ferrées et des lignes électriques sont déjà en train de tomber sous les frappes israélo-américaines. La nuit s’annonce décisive.

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Un ultimatum fixé à minuit GMT

Donald Trump lors de son ultimatum à l'Iran

Donald Trump avait fixé une date limite à la République islamique : mardi 20 heures, heure de Washington, soit minuit GMT. L’exigence est claire — rouvrir le détroit d’Ormuz, cette voie maritime par laquelle transite environ 20 % du brut mondial. Faute d’accord, le président américain a promis de frapper « tous les ponts » et « toutes les centrales électriques » d’Iran.

« Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit », avait-il lancé dès lundi. Mardi, il a enfoncé le clou sur Truth Social en ajoutant : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas. » Il a qualifié ce moment de « l’un des plus importants dans la longue et complexe histoire du monde ». Rien que ça.

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Puis, dans un virage rhétorique dont il a le secret, Trump a conclu son message par un « Que Dieu bénisse le grand peuple d’Iran ». Un mélange de menace existentielle et de bénédiction qui résume à lui seul la communication de cette crise.

Des frappes déjà en cours avant l’heure limite

Le problème, c’est que l’ultimatum n’a pas attendu son expiration pour produire des effets concrets. Bien avant minuit, plusieurs infrastructures iraniennes étaient déjà touchées. Un pont près de la ville sainte de Qom, à 150 kilomètres au sud de Téhéran, a été frappé par ce que les autorités locales qualifient de « projectiles ennemis américains et sionistes ».

Un second pont supportant une voie ferrée a été détruit dans la ville de Kashan, au centre du pays. Deux personnes y ont été tuées et trois autres blessées, selon le vice-gouverneur de la province d’Ispahan. Une autoroute stratégique reliant Tabriz à Téhéran a été coupée après une frappe sur un pont autoroutier, à 90 kilomètres de Tabriz.

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Des voies ferrées ont aussi été touchées à Karaj, en banlieue de Téhéran. Et les coupures de courant se multiplient : des lignes de transport d’électricité et un poste de transformation ont été mis hors service, plongeant des quartiers de Karaj et Fardis dans le noir. L’île stratégique de Kharg, vitale pour les exportations pétrolières iraniennes, a elle aussi été visée, selon l’agence iranienne Mehr.

L’armée israélienne a confirmé avoir « achevé une vaste série de frappes visant des dizaines de sites d’infrastructure appartenant au régime terroriste iranien ». Sans préciser lesquels. Mais le tableau est déjà éloquent.

Israël demande aux Iraniens de ne pas prendre le train

Pont détruit par des frappes en Iran
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Détail glaçant : l’armée israélienne a publié un message en farsi sur X, exhortant les citoyens iraniens à ne pas prendre le train jusqu’à 21 heures, heure locale. « Votre présence dans les trains et à proximité des voies ferrées met votre vie en danger », prévient le communiqué. Le message a été suivi d’effets immédiats.

Tous les trains à destination et en provenance de Mashhad, la deuxième ville d’Iran, ont été annulés par précaution. Même chose dans la province de Khouzestan, au sud-ouest du pays. Quand une armée étrangère prévient vos civils avant de frapper vos chemins de fer, on mesure l’ampleur de ce qui se joue.

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La Maison-Blanche dément toute option nucléaire

Face à l’escalade verbale de Trump, une rumeur a enflé sur les réseaux sociaux : les États-Unis envisageraient-ils l’arme nucléaire ? La question a été soulevée après un discours de JD Vance, le vice-président, jugé ambigu par certains observateurs. Un compte associé à l’ancienne candidate démocrate Kamala Harris a relayé l’interprétation.

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La Maison-Blanche a répondu avec une diplomatie toute relative. Via son compte officiel @RapidResponse47 sur X, l’exécutif américain a lâché : « Rien de ce que dit le vice-président ici ne ‘laisse entendre’ cela, bande d’énormes bouffons. » Du démenti présidentiel au langage fleuri, on est loin des communiqués de presse classiques.

Il n’empêche : le simple fait que la question du nucléaire se pose publiquement donne la mesure de la tension. Et le ton de la réponse officielle ne rassure pas franchement sur le climat interne à Washington.

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L’Iran refuse de plier

Côté iranien, pas question de capituler. Le Haut commandement militaire a qualifié les menaces de Trump de « délirantes ». Le porte-parole de Khatam Al-Anbiya, qui chapeaute les forces armées iraniennes, a déclaré que « la rhétorique grossière et arrogante du président américain dérangé » n’aurait « pas d’effet sur la poursuite de l’offensive ».

L’ambassadeur iranien au Koweït, Mohammad Toutounji, a de son côté exhorté les pays du Golfe à « mettre en œuvre tous leurs moyens diplomatiques et politiques pour éviter qu’une tragédie ne s’abatte sur la région ». L’ambassadeur iranien au Pakistan a lui aussi mentionné une « étape critique et délicate » dans les négociations — sans donner plus de détails.

Une lueur d’espoir ? Peut-être. Le Pakistan joue un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington. Mais entre des frappes qui tombent déjà et un président américain qui parle de civilisation « qui va mourir ce soir », la fenêtre diplomatique semble terriblement étroite.

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Au Liban, l’armée israélienne avance en profondeur

Réponse de la Maison-Blanche sur les réseaux sociaux

La crise iranienne ne doit pas faire oublier le front libanais. L’armée israélienne a annoncé mardi avoir achevé le déploiement de ses troupes au sol dans le sud du Liban, jusqu’à une « ligne de défense avancée » contre le Hezbollah. Concrètement, les forces israéliennes ont progressé entre cinq et neuf kilomètres en territoire libanais sur trois axes, selon une source militaire libanaise.

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Plusieurs journaux israéliens précisent que l’état-major ne prévoit pas, à ce stade, de pousser au-delà d’une vingtaine de kilomètres au nord de la frontière. L’objectif affiché : « éloigner la menace qui pèse sur les habitants du nord » d’Israël. Un Casque bleu français de la Finul a par ailleurs été légèrement blessé alors qu’il escortait un convoi humanitaire. Touché au visage par un éclat d’obus, son état n’inspire pas d’inquiétude majeure.

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Au même moment, à Gaza, dix personnes ont été tuées lundi dans des violences mêlant frappes israéliennes et affrontements interpalestiniens près du camp d’Al-Maghazi. Le chaos se nourrit de lui-même.

Le Japon récupère un otage… à moitié

Dans ce contexte de tensions maximales, l’Iran a libéré un ressortissant japonais détenu depuis janvier. Il s’agirait du chef du bureau de Téhéran de la chaîne publique NHK. Bonne nouvelle ? Pas tout à fait. L’homme a été libéré sous caution, mis en examen pour des « infractions liées à la sécurité » et n’est pas autorisé à quitter le pays.

Il devra comparaître devant un tribunal iranien. Le gouvernement japonais confirme que l’ambassadeur en Iran l’a rencontré et qu’il est « en bonne santé ». Un geste calculé de Téhéran, qui cherche visiblement à maintenir des canaux ouverts avec certaines puissances — tout en gardant des leviers de pression.

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Ce que les prochaines heures vont changer

Au moment où vous lisez ces lignes, l’ultimatum de Trump est peut-être déjà expiré. Deux scénarios se dessinent. Soit les négociations de dernière minute, portées notamment par le Pakistan, aboutissent à un accord minimum sur Ormuz — et la pression redescend d’un cran. Soit l’engrenage continue, avec des frappes massives sur les infrastructures vitales iraniennes et des conséquences en cascade sur le prix du pétrole mondial.

Trump lui-même semble naviguer entre ces deux options. Son message évoque un « changement de régime complet et total » en Iran tout en espérant « quelque chose de révolutionnairement génial ». On est dans l’ambiguïté stratégique la plus totale.

Une chose est sûre : la flambée des prix du carburant risque de s’aggraver si le détroit d’Ormuz reste bloqué. Et les prédictions les plus sombres sur l’avenir du Moyen-Orient n’ont jamais semblé aussi proches de la réalité. La nuit qui vient pourrait redessiner les équilibres de toute la région.

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