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« Un navire français a été touché » : Trump lâche une bombe sur LCI et ironise sur Macron

Publié par Elsa Fanjul le 19 Avr 2026 à 18:55
« Un navire français a été touché » : Trump lâche une bombe sur LCI et ironise sur Macron

Ce dimanche, Donald Trump a déclaré en direct sur LCI qu’un navire français avait été visé par des tirs iraniens dans le détroit d’Ormuz. Le président américain, joint par téléphone par la journaliste Margot Haddad, a lâché cette information explosive avant d’ironiser sur Emmanuel Macron — qu’il appelle « le merveilleux président français ». Dans le même temps, un militaire français vient d’être tué au Liban dans une embuscade attribuée au Hezbollah. La tension monte de tous les côtés.

Ce que Trump a dit exactement sur LCI

L’échange a eu lieu par téléphone, en exclusivité. « Un navire français a été touché », a affirmé Donald Trump à la journaliste Margot Haddad. Puis, quand on lui a demandé si la France devrait réagir, sa réponse a été cinglante : « C’est au merveilleux président français de le faire. » L’ironie n’était pas déguisée.

Le président américain a aussi dit se sentir « déçu » par les alliés, sans préciser s’il visait spécifiquement Paris ou l’ensemble des partenaires occidentaux. Une chose est sûre : les piques de Trump envers Macron sont devenues un rituel diplomatique à part entière.

Quelques heures plus tôt, Trump avait déjà écrit sur Truth Social que des navires français et britanniques avaient essuyé des coups de feu iraniens en tentant de traverser le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution avaient prévenu : tout navire qui s’approcherait de la zone serait « pris pour cible ».

Mais ce n’est pas la seule nouvelle qui a marqué ce dimanche noir pour la France au Moyen-Orient.

Le sergent-chef Montorio, tué dans une embuscade au Liban

Interview téléphonique de Donald Trump sur la chaîne LCI

Un militaire français de 40 ans, le sergent-chef Florian Montorio, a été tué samedi dans le sud du Liban. Trois autres soldats français ont été blessés. Le militaire, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, appartenait aux Casques bleus de la Finul. Il a été abattu « par un tir direct à l’arme légère » dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre des Armées Catherine Vautrin.

Père de deux filles, engagé depuis 2007, il avait servi sur de nombreux théâtres d’opération. Son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, l’a décrit comme « un militaire d’exception, profondément généreux et courageux ». Il devait quitter l’armée dans quelques mois pour revenir à la vie civile. C’est le deuxième soldat français tué depuis l’embrasement de la région fin février.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé que la dépouille du sergent-chef serait rapatriée dimanche en France. Concernant l’embuscade, elle a été formelle : « C’est de toute évidence liée à un groupe armé. Il y a des suspicions évidentes sur l’implication du Hezbollah. » Emmanuel Macron a exigé que les autorités libanaises « arrêtent immédiatement les coupables ». Le Koweït a aussi condamné l’attaque, tandis que le président libanais Joseph Aoun a promis de poursuivre les responsables.

Côté israélien, la situation n’est pas plus calme — loin de là.

Israël promet « toute sa force » au Liban malgré le cessez-le-feu

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré dimanche que Tsahal avait reçu l’ordre d’utiliser « toute sa force » si ses troupes faisaient l’objet de la moindre menace au Liban — cessez-le-feu ou pas. Lors d’un événement en Cisjordanie occupée, il a aussi révélé que l’armée avait pour mission « de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient de postes avancés terroristes du Hezbollah ».

Deux soldats israéliens ont par ailleurs été tués ces derniers jours dans le sud du Liban. Douze autres ont été blessés depuis la pause des combats. Le cessez-le-feu, entré en vigueur quelques jours plus tôt, semble plus fragile que jamais. Certains généraux alertent depuis des semaines sur cette instabilité grandissante.

L’armée libanaise, elle, tente de recoller les morceaux. Elle a rouvert la route entre Khardali et Nabatieh, et partiellement restauré le pont Bourj Rahal-Tyr, tous deux rendus impraticables par les frappes israéliennes qui avaient quasiment isolé le sud du pays. Beaucoup d’habitants hésitent pourtant à revenir chez eux, tant la situation reste volatile.

Et pendant que le Liban vacille, c’est sur un autre front que toute l’attention de Washington est concentrée.

Le détroit d’Ormuz fermé : la manœuvre iranienne qui fait trembler le pétrole mondial

Cérémonie militaire pour le rapatriement du soldat français tué au Liban

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, reste fermé ce dimanche. L’Iran l’a verrouillé en représailles au blocus américain sur ses ports. Samedi matin, Téhéran avait annoncé reprendre « le strict contrôle » du passage, revenant sur une ouverture partielle concédée la veille.

Au moins trois navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit ont essuyé des tirs. Deux d’entre eux battaient pavillon indien — New Delhi a immédiatement convoqué l’ambassadeur iranien. Cette fermeture fait planer le spectre d’une pénurie de carburant et d’une nouvelle flambée des prix à la pompe en Europe.

La situation est d’autant plus tendue que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran expire dans trois jours. Le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé les droits nucléaires de son pays, lançant à Trump : « Il affirme que l’Iran ne peut pas exercer ses droits nucléaires, mais il ne précise pas pour quel crime. Qui est-il pour priver une nation de ses droits ? »

Face à cette escalade verbale, Trump a répondu par des menaces directes : si Téhéran refuse l’accord qualifié de « très équitable et raisonnable », les États-Unis détruiront « toutes les centrales électriques du pays et chacun de ses ponts ». Ambiance.

JD Vance au Pakistan lundi, malgré les hésitations de Trump

La Maison-Blanche a confirmé que le vice-président JD Vance se rendrait lundi à Islamabad pour poursuivre les négociations avec l’Iran. Il sera accompagné des émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. Détail notable : une heure avant l’annonce officielle, Trump avait déclaré sur ABC que son vice-président n’irait pas, évoquant « des questions de sécurité ». La volte-face a été rapide.

Ce genre de retournements en 48 heures est devenu la marque de fabrique de la diplomatie trumpienne. La Turquie, elle, observe la situation avec inquiétude. Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a accusé Israël de vouloir créer un « fait accompli » au Liban, profitant de la distraction causée par les négociations irano-américaines.

« Israël veut que les pays islamiques de la région entrent dans un différend à long terme les uns avec les autres. Notre conseil à la fois à l’Iran et aux autres pays est de ne pas tomber dans ce piège », a-t-il averti sur la chaîne turque A Haber.

Macron reçoit le Premier ministre libanais mardi

Dans ce contexte explosif, l’Élysée a annoncé qu’Emmanuel Macron recevrait mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam. L’objectif affiché : rappeler l’attachement de la France « au respect plein et entier du cessez-le-feu » et au soutien de l’intégrité territoriale du Liban.

La visite intervient après la mort du sergent-chef Montorio et dans un moment délicat pour Macron. Le président français est pris entre les provocations de Trump, les menaces iraniennes sur les navires français, et la mort d’un soldat dans une zone censée être sous cessez-le-feu.

La France se retrouve donc visée sur deux théâtres en même temps : le Liban avec une embuscade meurtrière, et le détroit d’Ormuz avec des tirs sur ses navires. Reste une question : quelle sera la réponse ? Trump a déjà donné la sienne — il la refile au « merveilleux président français ». À Macron de jouer, si tant est que les moyens suivent les mots.

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